Changer d'édition

Les crèches belges ne peuvent pas rivaliser
Grande Région 29.01.2020

Les crèches belges ne peuvent pas rivaliser

La crèche «La colline aux enfants» à Rodange a vu arriver un afflux de bambins en provenance de Belgique.

Les crèches belges ne peuvent pas rivaliser

La crèche «La colline aux enfants» à Rodange a vu arriver un afflux de bambins en provenance de Belgique.
Photo: Contacto
Grande Région 29.01.2020

Les crèches belges ne peuvent pas rivaliser

Bénéficiant du système de chèque-service accueil, les frontaliers belges font le choix de placer leurs enfants dans des structures côté luxembourgeois à des tarifs très avantageux. Au grand dam des pouponnières privées belges proches de la frontière.

(JFC) - En plaçant leur progéniture dans une crèche au Luxembourg, les frontaliers belges bénéficient d'un tarif de cinq à dix fois plus avantageux que dans une structure située de l'autre côté de la frontière. En effet, «ils ne payent que 60 à 150 euros par mois selon leurs revenus côté luxembourgeois, alors qu'ils doivent débourser un peu plus de 700 euros mensuels chez nous», se plaint Frédéric Pierson, le gérant de la crèche «Les P'tits Moussaillons» à Arlon. Dans l'édition de ce mercredi de La Meuse, il exprime sa colère de devoir fermer son établissement au 31 mars prochain.   

A l'origine de cette distorsion, le système des chèques-services accueil prévoyant depuis octobre 2017 une tarification plus avantageuse pour les parents non résidents plaçant leurs enfants au Grand-Duché. Cette révision entre dans le cadre de la réforme de l'encadrement de la petite enfance.


Stichwörter: Kind, Kinder, Betreuung, Kinderbetreuung, Crèche, Maison relais, Kindertagesstätte Chèques-Service, Sprachförderung / Foto: © Getty Images
Les crèches en plein baby-boom
Une vingtaine de nouvelles structures d'accueil pour tout-petits se voient, chaque année, délivrer le précieux agrément du ministère de l'Enfance et de la Jeunesse. Et si le chiffre ne fait qu'augmenter, le mérite en revient plus à des initiatives privées qu'aux communes ou asbl.

Interrogée par nos confrères de La Meuse, Carine Lecomte, l'échevine en charge de la petite enfance à Arlon, déplore ce qu'elle considère comme une «double peine» pour les crèches belges. Car, si les parents pourraient aussi bénéficier du chèque-service éducation en plaçant leurs enfants dans une crèche belge, le Luxembourg a «bien cadenassé cette réforme». 

Le Grand-Duché impose notamment la condition «d'avoir des travailleuses parlant le luxembourgeois» dans les établissements qui accueilleraient les bambins des frontaliers aidés par le dispositif. Or, «trouver quelqu’un qui parle la langue luxembourgeoise et qui accepterait de travailler avec un salaire belge, c'est impossible», conclut l'échevine. 

Si plusieurs structures privées doivent carrément stopper leurs activités sur le territoire belge, leurs alter ego situés côté Grand-Duché ont vu arriver un afflux de bambins belges ces deux dernières années. Comme le confirment les responsables des crèches «Les Scoubidoux» et «La colline aux enfants» à Rodange, mais sans toutefois pouvoir fournir de chiffres précis.


Sur le même sujet

La crèche de la BEI a fini de butiner
La crèche "L'Abeille" va fermer ses portes. Les syndicats LCGB et OBGL craignent pour l'avenir des 44 employés de la structure et réservée aux enfants des agents de la Banque européenne d'investissement.
22.2.Kirchberg / BEI / Europa / Europaeische Instanzen / Banque Europeenne Investissement Foto: Guy Jallay
Les crèches en plein baby-boom
Une vingtaine de nouvelles structures d'accueil pour tout-petits se voient, chaque année, délivrer le précieux agrément du ministère de l'Enfance et de la Jeunesse. Et si le chiffre ne fait qu'augmenter, le mérite en revient plus à des initiatives privées qu'aux communes ou asbl.
Stichwörter: Kind, Kinder, Betreuung, Kinderbetreuung, Crèche, Maison relais, Kindertagesstätte Chèques-Service, Sprachförderung / Foto: © Getty Images
Le Luxembourg, véritable aimant pour les infirmiers
Si les besoins en matière de soins ne cessent de croître dans le pays, cette demande touche directement les pays voisins, puisque plus de la moitié du personnel soignant n'est pas luxembourgeois. Ce qui n'est pas sans conséquence pour les hôpitaux de l'autre côté des frontières.
CHEM, Centre Hospitalier Emile Mayrisch, Foto Lex Kleren