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Le traintrain des dysfonctionnements en gare de Mons
Grande Région 3 min. 26.09.2022
Mobilité belge

Le traintrain des dysfonctionnements en gare de Mons

Le ministre-président wallon Elio Di Rupo a été pendant dix-huit ans (2000-2018) bourgmestre de Mons.
Mobilité belge

Le traintrain des dysfonctionnements en gare de Mons

Le ministre-président wallon Elio Di Rupo a été pendant dix-huit ans (2000-2018) bourgmestre de Mons.
Photo: Reuters
Grande Région 3 min. 26.09.2022
Mobilité belge

Le traintrain des dysfonctionnements en gare de Mons

Max HELLEFF
Max HELLEFF
L'architecte espagnol Santiago Calatrava qui a dessiné les nouvelles infrastructures n'aurait jamais dû être sélectionné, estime la Cour des comptes belge.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Dans les années 80, la chaîne publique francophone RTBF s'était offert un moment de gloire avec une série de reportages intitulée «Les Travaux inutiles». L'audimat avait répondu présent en masse pour écouter ces histoires de ponts inachevés et de routes qui ne mènent nulle part. Le tout construit par l'État, avec l'argent des contribuables. 


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La ponctualité ne cesse également de se dégrader depuis le début de l'année sur le réseau ferroviaire belge.

La construction de la nouvelle gare de Mons (Hainaut) instille dans les têtes le même sentiment de gabegie et d'amateurisme. Ce chantier «pharaonique» a régulièrement été montré du doigt comme l'exemple parfait d'une gestion publique douteuse. La gare s'érige au cœur des terres socialistes, l'actuel ministre-président wallon Elio Di Rupo (PS) ayant été pendant dix-huit ans (2000-2018) bourgmestre de Mons.

La gare est aujourd'hui en cours d'achèvement, mais elle n'est pas débarrassée de ses turpitudes. Dernier rebondissement en date: la Cour des comptes estime que le principe d'égalité entre les candidats n'a pas été assuré lors du concours qui a permis de désigner l'architecte. Son lauréat, le célèbre Santiago Calatrava, aurait bénéficié d'un avantage qui aurait dû le mettre logiquement hors course. Or, c'est bien lui qui a remporté le concours.

De 37 à plus de 330 millions d'euros

En 2004, Calatrava avait effectué une série de travaux préparatoires dans le cadre de l'étude de faisabilité de la nouvelle gare. Il avait réalisé des dessins et une maquette. Et il les avait repris au moment de concourir, déposant des propositions forcément identifiables par ses commanditaires alors que l'anonymat des candidatures doit être garanti.


online.fr , l'axe Bruxelles-Luxembourg , Strecke , Zugstrecke , Bahn , Foto: Anouk Antony/Luxemburger Wort
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Ce n'est pas tout. Lorsque Santiago Calatrava a été désigné en 2006, il était question de construire une passerelle qui devait coûter 37 millions d'euros. Deux ans plus tard, le projet s'est mué en une «gare multimodale» aux infrastructures tentaculaires, gonflant la facture du chantier initial à 331,71 millions d'euros, soit «près de dix fois plus que prévu» note la Cour des comptes. Laquelle estime que cette augmentation «aurait dû faire l'objet d'une documentation exhaustive permettant de justifier les décisions qui ont eu un impact important sur le coût final du projet».

Les candidats-architectes lésés entendent faire valoir leurs droits. L'un d'eux s'est exprimé sur les ondes de la RTBF. Il juge «ahurissant» le déroulement des événements. «Cela veut dire qu'ils savaient depuis le départ que ce concours était bidon. Il y aurait eu maquette, préparation… Tout ça était totalement inéquitable», explique-t-il.

Huit ans de «retard»

L'affaire atterrit dans le jardin politique. Pour les écologistes, partenaires des socialistes au sein des gouvernements fédéral et wallon, il s'agit d'une «gabegie indécente, voire obscène». Les Verts veulent entendre le patron de la SNCB au parlement, lequel affirme que la société des chemins de fer n'y est pour rien. Selon Le Soir, le rapport est pourtant «critique, principalement à l'égard de la SNCB et de sa filiale Eurogare chargée des infrastructures, et témoigne finalement d'une forme de laisser-aller dans la gestion d'un projet de cette envergure».

Le ministre fédéral de la Mobilité, l'écologiste Georges Gilkinet, renvoie la responsabilité des dysfonctionnements constatés à ses prédécesseurs. Il annonce plus de contrôles à l'avenir.

L'inauguration officielle de la nouvelle gare de Mons doit avoir lieu en 2023. La mise en service de la nouvelle «gare-passerelle» était à l'origine prévue pour début 2015.

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