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Le télétravail bloqué à 24 jours/an en Belgique
Grande Région 2 min. 21.11.2019

Le télétravail bloqué à 24 jours/an en Belgique

L'accord permettant de faire passer de 24 à 48 le nombre de jours de télétravail en Belgique n'a jamais été traduit en loi

Le télétravail bloqué à 24 jours/an en Belgique

L'accord permettant de faire passer de 24 à 48 le nombre de jours de télétravail en Belgique n'a jamais été traduit en loi
Photo: Shutterstock
Grande Région 2 min. 21.11.2019

Le télétravail bloqué à 24 jours/an en Belgique

Jean-François COLIN
Jean-François COLIN
Il y a six mois un accord de principe passé entre les gouvernements belge et luxembourgeois prévoyait de doubler le nombre de jours de télétravail autorisés. Aujourd'hui, les travailleurs frontaliers belges n'ont toujours rien vu venir. Les élus locaux s'en inquiètent.

Les frontaliers belges l'avaient accueilli comme une excellente nouvelle. L'accord de principe, passé le 18 mai dernier, entre des représentants des gouvernements belge et luxembourgeois promettait de doubler le seuil de jours de télétravail autorisés. Passé de 24 à 48, ce seuil équivaudrait alors à un jour de télétravail par semaine en Belgique. Sauf que six mois plus tard, cette mesure ne s'est toujours pas concrétisée sur le plan légal.

Concrètement, les 47.170 travailleurs frontaliers belges doivent se contenter du plafond des 24 jours établi précédemment. Josy Arens (cdH), bourgmestre d'Attert, commune où résident 1.580 travailleurs frontaliers selon les derniers chiffres du Centre commun de la Sécurité sociale, juge cette situation «surréaliste» dans les colonnes de nos confrères de La Meuse.


Le télétravail en plein boom au Luxembourg
Un salarié sur cinq employé au Luxembourg a pu travailler chez lui en 2018. Mais pour l'instant, le phénomène est «limité à des durées assez courtes de travail», relève Jérôme Hury, responsable de la division des statistiques sociales au Statec.

Le député fédéral à la pointe de ce combat regrette qu'«aucun avenant à la convention fiscale qui lie le Luxembourg à la Belgique n’a été approuvé par le Parlement fédéral à ce jour».

 

En réponse au député-bourgmestre attertois, Alexander De Croo (Open VLD), le ministre fédéral des Finances a indiqué, mercredi en séance publique de la Chambre, que la concrétisation de cet accord de principe «passe par la conclusion d’un nouvel avenant à la convention fiscale belgo-luxembourgeoise».

Dans son intervention, le ministre libéral a précisé que «des négociations entre des délégations techniques des deux pays doivent être menées. Après quoi l’avenant devra encore être approuvé par le Parlement fédéral.» Pour conclure, Alexander De Croo espère que «cela pourra se faire l’an prochain».

Il va de soi que la situation belge actuelle, avec un gouvernement fédéral en situation d’affaires courantes, ne facilite pas les choses. Rappelons qu'à titre de comparaison, un frontalier français se voit octroyer 29 jours de télétravail, tandis qu’un salarié allemand bénéficie quant à lui de seulement 19 jours. 



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