Changer d'édition

Le «non» wallon à l'enfouissement de déchets radioactifs
Grande Région 2 min. 15.06.2020

Le «non» wallon à l'enfouissement de déchets radioactifs

La ministre wallonne de l'Environnement propose un enfouissement dit «de subsurface», un entreposage à une faible profondeur et de manière temporaire qui permettrait de pouvoir accéder ultérieurement aux déchets.

Le «non» wallon à l'enfouissement de déchets radioactifs

La ministre wallonne de l'Environnement propose un enfouissement dit «de subsurface», un entreposage à une faible profondeur et de manière temporaire qui permettrait de pouvoir accéder ultérieurement aux déchets.
Photo: Shutterstock
Grande Région 2 min. 15.06.2020

Le «non» wallon à l'enfouissement de déchets radioactifs

Jean-François COLIN
Jean-François COLIN
Céline Tellier, la ministre régionale de l'Environnement, refuse que les communes deviennent des «poubelles nucléaires». Cet avis négatif rendu samedi intervient alors que le Luxembourg a fait état la semaine dernière de risques de pollution concernant ses réserves en eau potable.

Alors que le ministère luxembourgeois de l'Environnement avait soumis la semaine dernière un rapport à charge au gouvernement belge, Céline Tellier (Ecolo), ministre wallonne de l'Environnement a rendu samedi un avis négatif au projet d'enfouissement de déchets radioactifs et de matières fissiles le long de la frontière grand-ducale. Cette solution avait été proposée par l'Organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies (Ondraf) le mois dernier. Et, bien entendu, elle avait fait vivement réagir Carole Dieschbourg (Déi Gréng), provoquant même un début d'incident diplomatique entre la Belgique et le Luxembourg. 

«L'avis de la Région wallonne pointe des carences importantes dans le dossier remis par l'Ondraf et rejette dès lors la solution d'enfouissement géologique proposée», affirme ainsi le cabinet de la ministre Tellier. Des propos rapportés ce lundi par La Meuse, qui évoque comme alternative proposée par la Région une solution réversible et contrôlable, à savoir un enfouissement dit «de subsurface». Cet entreposage à une faible profondeur et de manière temporaire permettrait de pouvoir accéder ultérieurement aux déchets.


De l'huile sur le feu des déchets radioactifs belges
Si, en Belgique, le ministère de l'Energie, a tendance à calmer le jeu, côté luxembourgeois c'est un front commun qui se met en place contre l'enfouissement de matières fissibles près de la frontière. Le ministère de l'Environnement s'est même fendu d'un nouveau rapport à charge.

Céline Tellier ajoute que «le choix des sites d'enfouissement n'est pas actuellement à l'ordre du jour» et qu'«un dialogue sur ces éléments est prématuré». Cependant, dans son avis, la Région wallonne explique que plusieurs sites, a priori retenus, devraient être exclus du champ d'analyse, parmi lesquels les sous-sols marneux et argileux de Gaume ainsi que les formations schisteuses d'Ardenne, soit les zones qui s'étendent jusqu'à la frontière luxembourgeoise.

Cet avis négatif, que le parti Ecolo qualifie de «signal fort envoyé à Marie-Christine Marghem», la ministre fédérale (MR) en charge du dossier, devrait rassurer le ministère luxembourgeois de l'Environnement. Celui-ci craint en effet particulièrement des risques de pollution des réserves d'eau potable du Grand-Duché. «Les risques sont énormes mais complètement ignorés. Nous voulons que les risques potentiels soient répertoriés et évalués au-delà des frontières», avait ainsi indiqué Carole Dieschbourg la semaine dernière au Luxemburger Wort.

Pour rappel, l'Ondraf avait lancé en pleine crise du coronavirus une procédure de consultation publique à propos du principe de l'enfouissement, proposant le stockage géologique ou souterrain sur le territoire belge comme «destination finale» de déchets hautement radioactifs. Arrivée à échéance samedi, cette enquête a recueilli plus de 16.000 avis, dont la moitié proviennent de l'étranger d'Allemagne, de France et bien entendu du Grand-Duché. L'ensemble des commentaires et remarques seront analysés en vue de la proposition finale qui sera faite au gouvernement fédéral belge, lequel aura le dernier mot. 

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

De l'huile sur le feu des déchets radioactifs belges
Si, en Belgique, le ministère de l'Energie, a tendance à calmer le jeu, côté luxembourgeois c'est un front commun qui se met en place contre l'enfouissement de matières fissibles près de la frontière. Le ministère de l'Environnement s'est même fendu d'un nouveau rapport à charge.
Les antinucléaires se mobilisent à Luxembourg
Des activistes de Greenpeace ont manifesté ce mercredi devant l'ambassade de Belgique. Ils protestent contre le projet d'enfouissement de déchets nucléaires à la frontière luxembourgeoise et exigent l'abandon de cette production d'énergie.
Les déchets nucléaires sortent de l'ombre du covid-19
Si la communication et la cartographie de l'implantation de possibles sites d'enfouissement des déchets radioactifs en Belgique ont fait naître quelques tensions entre le Luxembourg et le royaume, elles ont eu le mérite de mettre en lumière un débat resté en retrait de la crise sanitaire.
La grogne s'intensifie au sujet des déchets nucléaires
Alors que la consultation transfrontalière prend fin le 13 juin, c’est au tour du Comité national d’action contre le nucléaire de monter au créneau. Le collectif luxembourgeois s’inquiète des conséquences que pourrait avoir une implantation notamment dans la région de Neufchâteau.
La Belgique accuse le Grand-Duché de «désinformation»
L'appel à la mobilisation de Carole Dieschbourg (Déi Gréng) mardi contre le projet de l'État belge d'enfouir des éléments radioactifs non loin de la frontière n'est pas passé inaperçu dans le royaume. Marie-Christine Marghem (MR), la ministre fédérale de l'Énergie est sortie de ses gonds.
10.11.2015 Luxembourg, intégtation des marchés gaziers, CREOS,  Marie Christine Marghem  photo Anouk Antony
Des déchets nucléaires aux portes du Luxembourg
La ministre de l'Environnement, Carole Dieschbourg, entend mobiliser la population pour s'opposer à un projet de l'Etat belge d'enfouir des éléments radioactifs non loin de la frontière. L'impact environnemental pourrait concerner l'approvisionnement en eau potable.