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Le mouvement social repart de plus belle en France
Grande Région 4 min. 17.12.2019 Cet article est archivé

Le mouvement social repart de plus belle en France

Si le trafic des TER lorrains est aussi perturbé que lundi, les automobilistes de l'A31 «semblent avoir pris leurs dispositions».

Le mouvement social repart de plus belle en France

Si le trafic des TER lorrains est aussi perturbé que lundi, les automobilistes de l'A31 «semblent avoir pris leurs dispositions».
Photo : AFP
Grande Région 4 min. 17.12.2019 Cet article est archivé

Le mouvement social repart de plus belle en France

Au treizième jour d'une grève illimitée à la SNCF comme à la RATP, les salariés du public et du privé sont attendus en nombre dans les cortèges français. Forte perturbation dans les trains transfrontaliers mais «pas de problèmes particuliers» sur l'A31.

(AA avec AFP) - La mobilisation contre la réforme des retraites pourrait atteindre un sommet mardi dans la rue. A l'appel, cette fois, de tous les syndicats, pour une nouvelle journée interprofessionnelle de protestation contre le système universel de retraites par points. Des partenaires sociaux qui seront invités dès le lendemain à Matignon pour des discussions afin de trouver le chemin d'une sortie de crise avant Noël. 

La démonstration de force du 5 décembre (806.000 manifestants selon le ministère de l'Intérieur), au premier jour du conflit, servira de référence. Davantage que la mobilisation en net repli d'il y a une semaine (339.000 pour la place Beauvau). Une donnée pourrait affoler les compteurs : la présence de tous les syndicats dans les manifestations, à Paris comme en régions. Les cortèges verront défiler cheminots, enseignants, fonctionnaires, avocats, magistrats en grève... Mais aussi des internes, médecins et soignants mobilisés dans toute la France pour réclamer davantage de moyens pour l'hôpital. 

Les perturbations étaient nombreuses, lundi, dans les transports en commun du pays, comme ici dans le métro parisien.
Les perturbations étaient nombreuses, lundi, dans les transports en commun du pays, comme ici dans le métro parisien.
Photo : AFP

La CGT, Force ouvrière, la CFE-CFC, Solidaires et la FSU marcheront pour réclamer le retrait pur et simple du projet, en essayant de profiter des difficultés de l'exécutif. Le gouvernement est en effet fragilisé par la démission lundi de son haut-commissaire aux Retraites, Jean-Paul Delevoye, après une semaine de révélations sur ses activités et mandats non déclarés. 

«J'espère qu'on sera enfin entendus, que le gouvernement va finir par comprendre qu'il faut appuyer sur le bouton stop», a souligné lundi Yves Veyrier, le numéro un de FO, organisation qui participera mardi soir à une intersyndicale pour décider de la suite du mouvement. La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a déjà répondu : la réforme demeure, «nous ne la retirerons pas». 

Dans les mêmes cortèges mais derrière leurs propres banderoles, les organisations du camp réformiste, la CFDT, la CFTC et l'Unsa, défileront non pas contre le principe d'une fusion des 42 régimes existants en un système universel, mais pour améliorer le contenu du projet. Et surtout pour refuser l'introduction dès 2022 d'un «âge d'équilibre» qui doit atteindre 64 ans en 2027. Afin d'encourager, grâce à un dispositif de bonus-malus, l'allongement des cotisations et ainsi garantir l'équilibre des comptes. 

Les syndicats veulent montrer qu'ils peuvent mobiliser davantage que le 12 décembre.
Les syndicats veulent montrer qu'ils peuvent mobiliser davantage que le 12 décembre.
Photo : AFP

«Changer toutes les règles est suffisamment anxiogène pour ne pas ajouter des mesures financières dès 2022», plaide dans les colonnes de La Croix le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, vent debout contre un âge d'équilibre «totalement injuste». Même privé de son «Monsieur retraites» - son remplacement doit intervenir «dans les meilleurs délais», selon l'Elysée -, l'exécutif semble vouloir aller de l'avant pour éviter que la contestation ne s'installe durablement dans les rangs réformistes. 

La majorité courtise le premier syndicat français. Ainsi, lundi soir, une dizaine de députés LREM ont rencontré Laurent Berger pour «renouer le dialogue» de façon «informelle». Dans la foulée de la journée de mobilisation, Edouard Philippe compte recevoir les organisations syndicales et patronales représentatives pour des réunions bilatérales mercredi à partir de 14H30, suivies d'une «multilatérale» jeudi à 16H00. 

Le temps presse à une semaine de Noël, et alors que la SNCF présente mardi matin son plan de transport - forcément réduit - pour le premier week-end des vacances. Bouchons sur les routes, cohue sur les quais... En région parisienne, les jours se suivent et se ressemblent. Aucune trêve pour les fêtes ne s'annonce du côté des syndicats du ferroviaire ou de la RATP. 

Les perturbations attendues mardi sur les rails sont comparables à ce qu'elles étaient lundi.
Les perturbations attendues mardi sur les rails sont comparables à ce qu'elles étaient lundi.
Photo : AFP

La SNCF a annoncé un trafic «très perturbé» avec un TGV sur quatre et un train de banlieue sur cinq «en moyenne». Il y aura trois liaisons TER sur dix, «essentiellement» assurées par autocars. Seulement 5% des trains Intercités circuleront. Côté RATP, huit lignes de métro seront fermées. Les RER A et B circuleront «uniquement» aux heures de pointe. 

Sur l'axe Nancy-Luxembourg, la situation reste aussi perturbée que lundi, avec seulement 73 trains sur 189 en circulation. Pour ne pas ajouter une difficulté supplémentaire aux voyageurs, les 26 changements de train prévus quotidiennement en gare de Thionville, qui devaient débuter lundi, ne prendront effet qu'en janvier. 

Sur l'A31, les perturbations en ce mardi matin n'inquiètent pas particulièrement la Direction interdépartementale des routes Est (DirEst). «Ce n'est pas pire que d'habitude», assure la cellule communication. Alors que des ralentissements conséquents étaient craints en raison des grèves illimitées touchant les trains français, «les automobilistes semblent avoir pris leurs dispositions en partant plus tôt», explique la DirEst.  


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