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Le luxembourgeois dans l'arsenal de la police arlonaise
Grande Région 2 min. 30.09.2020

Le luxembourgeois dans l'arsenal de la police arlonaise

Les cours sont orientés vers l'aspect technique, comme le code de la route. Ce qui permettra aux policiers belges de pouvoir dialoguer avec des conducteurs luxembourgeois.

Le luxembourgeois dans l'arsenal de la police arlonaise

Les cours sont orientés vers l'aspect technique, comme le code de la route. Ce qui permettra aux policiers belges de pouvoir dialoguer avec des conducteurs luxembourgeois.
Photo: AFP
Grande Région 2 min. 30.09.2020

Le luxembourgeois dans l'arsenal de la police arlonaise

Jean-François COLIN
Jean-François COLIN
A raison d'une heure et demie par semaine, une quinzaine de policiers belges de la zone Sud-Luxembourg se livrent à l'apprentissage de la langue de Michel Rodange. Une initiative locale qui répond à un besoin de terrain.

Lancée fin 2019, l'idée que certains policiers belges apprennent le luxembourgeois se concrétise. Depuis début septembre, une quinzaine de volontaires de la zone frontalière Arlon-Attert-Martelange-Habay se familiarisent en effet à raison d'une heure et demie par semaine avec l'une des trois langues nationales du Grand-Duché. Des cours que Michael Collini, le chef de corps de la zone à l'initiative du projet, qualifie «d'ouverture vers le transfrontalier» sont «orientés vers l'aspect technique, comme le code de la route par exemple».

Concrètement, cette initiative se veut une réponse locale à une réalité observée sur le terrain: celle de la hausse du nombre de luxembourgophones enregistré à Arlon et ses environs. Conséquence notamment de la flambée des prix de l'immobilier au Grand-Duché, cette tendance fait état d'une hausse de 15% de la population luxembourgeoise dans le chef-lieu en quatre ans, passant de 359 unités en 2015 à 414 en 2019, selon des données fournies par la Ville d'Arlon.

Ce qui n'empêche pas les policiers arlonais de se lancer dans cette formation, notamment pour répondre aux demandes des nombreux Luxembourgeois «présents chaque jeudi sur le marché à Arlon», mais aussi de mieux prendre en compte «la population âgée de plusieurs villages frontaliers chez qui la langue luxembourgeoise reste encore très vivace», estime Michael Collini lui-même bilingue et d'origine luxembourgeoise.  

Pour Michael Collini, c'est toute la zone de police du Sud-Luxembourg qui «est concernée de manière transversale par l'apprentissage du luxembourgeois»
Pour Michael Collini, c'est toute la zone de police du Sud-Luxembourg qui «est concernée de manière transversale par l'apprentissage du luxembourgeois»
Photo: La Meuse Luxembourg

Plus globalement, l'initiative s'adresse «à l'ensemble des policiers de la zone susceptibles d'entrer en contact avec le voisin grand-ducal». Qu'il s'agisse du projet de patrouilles communes mixtes, d'enquêteurs amenés à pousser leurs investigations par-delà la frontière ou même des agents de quartier, «c'est toute la zone qui est concernée de manière transversale», affirme le chef de corps.

De son côté, la police luxembourgeoise déclarait au début de cette année être «au courant de cette initiative totalement indépendante» d'elle, et «s'en réjouir vivement». «C'est un plus» pour les agents grand-ducaux en poste le long de la frontière, «même si tous parlent aussi le français, bien sûr», expliquait alors une porte-parole.


Une vingtaine de policiers de la zone Arlon-Attert-Habay-Martelange se sont portés volontaires pour apprendre le luxembourgeois
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Limité à la zone de police Sud-Luxembourg, le projet n'est a priori pas voué à s'exporter dans d'autres zones. Il pourrait pas contre faire florès à Arlon, Habay, Attert et Martelange. En juin 2021, au bout d'une année scolaire «normale» sera remis aux participants un brevet sanctionnant cet apprentissage du luxembourgeois basique. «Nous ferons alors une évaluation de cette première expérience», raconte Michael Collini, «avant d'envisager de reconduire une première année avec de nouveaux policiers, voire de prévoir une seconde année de perfectionnement «à l'attention des participants de cette année.»

Car à terme, une fois la maîtrise de la langue acquise, l'objectif poursuivi est double pour les policiers de terrain, aussi bien ceux qui «sont en intervention» que ceux qui «travaillent plus dans la proximité»: viser une «meilleure collaboration avec la police grand-ducale», et permettre «un contact plus aisé avec les citoyens luxembourgeois.»

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