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Le long et difficile verdissement de la Wallonie
Grande Région 3 min. 28.04.2021

Le long et difficile verdissement de la Wallonie

Parmi les défis à relever par le gouvernement wallon, la défiance des citoyens notamment envers le photovoltaïque, la région venant d'être jugée responsable de la formation de la «bulle des certificats verts».

Le long et difficile verdissement de la Wallonie

Parmi les défis à relever par le gouvernement wallon, la défiance des citoyens notamment envers le photovoltaïque, la région venant d'être jugée responsable de la formation de la «bulle des certificats verts».
Photo: Reuters
Grande Région 3 min. 28.04.2021

Le long et difficile verdissement de la Wallonie

Photovoltaïque, ligne à haute tension, défiance citoyenne : l’objectif de la région belge francophone de voir fleurir les zones vertes ressemble plus à un parcours du combattant qu'à un long fleuve tranquille.

De notre correspondant Max Helleff (Bruxelles) - La Wallonie vient de mettre en place un panel citoyen de 75 personnes chargées d’imaginer comment la région peut, «de manière juste», réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 55 % en 2030 (comparé à 1990). Les moyens d’action qu’il reste à formuler devront concerner la vie de tous les jours et de tous les secteurs de la société.


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Concrètement, l’administration fournira une base d’information au panel et les citoyens auront en main les positions des quatre secteurs  – aide aux plus vulnérables, associations environnementales, syndicats, patronat – qui, d’une manière ou d’une autre, interfèrent dans ce dossier. Bel objectif, mais qu’adviendra-t-il du travail du panel ? s’interroge Le Soir qui évoque le risque que le politique n’en tienne pas compte. «Les avis et propositions serviront à alimenter l’action politique», réplique le ministre wallon du Climat Philippe Henry. 

«Ils seront adressés aux parlementaires, à l’ensemble des administrations concernées, aux instances de consultation et aux autres niveaux de pouvoir concernés. Les propositions seront intégrées dans le nouveau projet de plan « air-climat-énergie » qui doit être actualisé. «Si ce n’est pas le cas ou si elles sont fortement adaptées, ce sera dûment justifié (…) Il y a des contraintes budgétaires, juridiques et légales. Cela doit être clair dès le début», assure-t-il.

Philippe Henry, ministre wallon du Climat.
Philippe Henry, ministre wallon du Climat.
Photo: gouvernement wallon

La Wallonie entend verdir son futur. C’est devenu un mantra ces dernières années dans cette région qui fut l’une des plus industrieuses d’Europe. Le plan de relance post-covid liste ainsi la rénovation des bâtiments (surtout les logements sociaux), le développement de l’économie circulaire, les projets en matière de climat et d’environnement… qui tous auront un impact positif sur la qualité de vie des Wallons si l’affaire est menée rondement.

Mais encore faudra-t-il rétablir la confiance du citoyen dans la capacité publique à mener à bien ces chantiers. On note ainsi qu’il a été très difficile de trouver les 75 personnes composant le panel chargé de plancher sur la manière de réduire les gaz à effet de serre, bien que la participation citoyenne soit applaudie ici comme ailleurs en Belgique.


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Autre imprévu : le photovoltaïque qui passe pour emblématique des errements de la politique environnementale wallonne vient de connaître un rebond synonyme de défiance. Un tribunal vient en effet de trancher dans cette affaire qui oppose depuis des années plus de 19.000 propriétaires de petites installations photovoltaïques à la région wallonne. Il a jugé que la région était effectivement responsable de la formation de la «bulle des certificats verts» qui avait rendu le système infinançable, mais il a aussi estimé que cela ne suffit pas à déterminer que la perte d’argent subie par les propriétaires de panneaux soit due à cette faute. Ces derniers sont furieux et s’apprêtent à un nouveau parcours judiciaire.

Un autre dossier... électrique oppose en ce moment le citoyen aux autorités : la «Boucle du Hainaut». Il s’agit d’une ligne à très haute tension qui devrait parcourir cette province de l’ouest du pays sur près de 90 km et traverser 14 communes au rythme d’un pylône tous les 300 ou 400 mètres. Les riverains n’en veulent évidemment pas et la résistance qui s’est organisée peine à se faire entendre. Le dossier passe déjà pour explosif, notamment parce que les bourgmestres des villages concernés sont de la même couleur politique que les ministres qui devront trancher.

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