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Le Grand Est ne signe toujours pas de chèque pour la SNCF
Grande Région 5 min. 24.06.2022
Mobilité transfrontalière

Le Grand Est ne signe toujours pas de chèque pour la SNCF

Sur un billet ou un abonnement de train, le passager s'acquitte de seulement 25% du prix total du service, les 75% restants étant à la charge de la région Grand Est.
Mobilité transfrontalière

Le Grand Est ne signe toujours pas de chèque pour la SNCF

Sur un billet ou un abonnement de train, le passager s'acquitte de seulement 25% du prix total du service, les 75% restants étant à la charge de la région Grand Est.
Photo: Lex Kleren
Grande Région 5 min. 24.06.2022
Mobilité transfrontalière

Le Grand Est ne signe toujours pas de chèque pour la SNCF

Laura BANNIER
Laura BANNIER
Alors que les frontaliers s'apprêtent à reprendre massivement le chemin du bureau, la ligne Nancy-Metz-Luxembourg est toujours en proie à des dysfonctionnements, qui ont valu une suspension des paiements à la SNCF de la part de la région Grand Est.

Trains bondés, climatisation en panne, retards dus à des pannes de signalisation ou encore à des personnes présentes sur les voies... Les problèmes s'enchaînent et se ressemblent au quotidien, ou presque, pour les voyageurs de la ligne Nancy-Metz-Luxembourg. L'axe ferroviaire, particulièrement emprunté par les frontaliers, fait toujours l'objet d'un plan de transports adapté. Cette offre réduite a été mise en place depuis le début de l'année.


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Après avoir évolué à plusieurs reprises, le cadencement des trains actuellement en vigueur sur la ligne correspond, depuis le 29 mai dernier, à 96% de l'offre initiale. Concrètement, il ne reste désormais plus que quatre trains suspendus, deux par sens de circulation. Mais tous ne roulent pas en unité multiple, ce qui réduit le nombre de places pour les passagers, une situation particulièrement problématique en heures de pointe.

«En raison d'indisponibilité de rames Z2, qui sont en maintenance, la SNCF a été obligée de reconsidérer l'ensemble du planning régional des trains. Présentement sur le sillon lorrain, il manque 2.000 places dans les trains, le matin et le soir», fait savoir Brigitte Torloting, vice-présidente de la région en charge du transfrontalier. C'est le cas par exemple du train de 18h09 au départ de Luxembourg et à destination de Metz, comportant 468 places contre les 936 places que peut offrir une composition double.

Vers un retour à la normale

Ces indisponibilités de matériel roulant, la SNCF les a soulignées à maintes reprises, afin de justifier le maintien de ce plan de transports adapté. La tempête Aurore, des heurts avec le gibier trois fois plus importants qu'à l'accoutumée l'automne dernier, mais également un manque de personnel dans les ateliers ont généré une augmentation des besoins en maintenance du parc matériel. 


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«D'après ce que la SNCF nous annonce, on devrait faire un retour à la normale prochainement. Mais il faut prendre en compte qu'on bascule sur l'offre estivale jusqu'au 21 août, à laquelle vont se rajouter les travaux du côté CFL planifiés jusqu'au 11 septembre», poursuit l'élue française. De quoi donner du fil à retordre aux usagers de la ligne.

Mais l'axe Nancy-Metz-Luxembourg est loin d'être le seul de la région Grand Est à rencontrer des problèmes à répétition. Un constat qui a poussé le président du territoire, Jean Rottner (LR), à suspendre les paiements de la collectivité à la SNCF le 8 avril dernier. «L'accumulation des perturbations SNCF est inacceptable», estimait alors l'élu. Depuis, aucune amélioration n'a été constatée sur les différentes lignes.

«On est absolument mécontents du nombre de dysfonctionnements liés à SNCF Voyageurs pour l'exploitation des TER. On a eu quelques réponses de la part de la compagnie ferroviaire, mais aucune décision concrète et efficace n'a pu être prise pour le moment», appuie Brigitte Torloting. Elle ajoute que de nombreux rendez-vous se sont tenus entre les deux parties, sans qu'aucune date d'un entretien final ne soit encore fixée. 

A noter que sur un billet ou un abonnement de train, le passager s'acquitte de seulement 25% du prix total du service, les 75% restants étant à la charge de la région Grand Est. Une enveloppe qui se chiffre à 500 millions d'euros par an pour la collectivité.

D'après la vice-présidente de la région, les élus gardent un œil attentif sur le baromètre qualité mis en place sur les données de ponctualité des trains, mais suivent également de près les problèmes de climatisation et du retard de maintenance. 

De son côté, la SNCF souligne être mobilisée et engagée «au service des voyageurs pour leur permettre de se déplacer dans les meilleures conditions». Contactée, la compagnie ferroviaire affirme être alertée par le manque de climatisation sur certaines rames, une problématique «prise en compte dans nos ateliers de maintenance».

On aimerait bien que tous les problèmes soient réglés d'un claquement de doigt, mais il faut aussi que les travaux se fassent.

Brigitte Torloting, vice-présidente de la région en charge du transfrontalier

À l'échelle de la région Grand Est, l'offre atteint, depuis le 29 mai, 97% du plan de transport nominal. «Cette offre de transport supérieure à celle proposée précédemment permet de tenir les engagements annoncés au mois de février», souligne la porte-parole de la SNCF. 


Thionville, Diedenhofen, Gare, Bahnhof, SNCF, TER, Zug, Train,  Foto: Lex Kleren/Luxemburger Wort
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Mais quand les usagers de la ligne pourront-ils s'attendre à une véritable amélioration de leurs conditions de voyage? Pas tout de suite, à en croire Brigitte Torloting. «On aimerait bien que tous les problèmes soient réglés d'un claquement de doigt, mais il faut aussi que les travaux se fassent», souffle l'élue.

Un véritable bond en avant est toutefois prévu en 2024. Le nombre de trains sera augmenté, et les quais seront rallongés pour accueillir de nouvelles rames à deux étages, qui seront mises en service. Dans un second temps, d'ici 2028, l'objectif de la collectivité est de passer à un train toutes les 10 minutes entre Metz et le Luxembourg, et toutes les 7min30 entre Thionville et la capitale. Impossible, cependant, d'aller plus vite que les délais nécessaires à la commande de ces rames et à la réalisation des travaux sur les infrastructures existantes. «En attendant, on ne peut que déplorer la situation.»

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