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Le covid, un autre boulet pour la Wallonie
Grande Région 4 min. 14.09.2020

Le covid, un autre boulet pour la Wallonie

Le gouvernement wallon d'Elio Di Rupo s'était fixé il y a un an de mener une politique durable, faite de développement économique, de progrès social et d'environnement, où la patte des écologistes serait bien présente.

Le covid, un autre boulet pour la Wallonie

Le gouvernement wallon d'Elio Di Rupo s'était fixé il y a un an de mener une politique durable, faite de développement économique, de progrès social et d'environnement, où la patte des écologistes serait bien présente.
Photo: AFP
Grande Région 4 min. 14.09.2020

Le covid, un autre boulet pour la Wallonie

Max HELLEFF
Max HELLEFF
En dépit de la crise du coronavirus, le gouvernement régional d'Elio Di Rupo promet de tout faire pour réaliser ses objectifs.

De notre correspondant Max Helleff (Bruxelles) - Le gouvernement régional wallon a un an. Né de l'alliance des socialistes, des écologistes et des libéraux, il a fonctionné sans véritable anicroche politique jusqu'ici. En Wallonie comme en Flandre et en région bruxelloise, on n'a pas assisté à l'imbroglio qui rend si compliquée la formation d'une coalition au niveau fédéral.

Dans sa Déclaration de politique régionale, le gouvernement du socialiste Elio Di Rupo s'était fixé pour objectif de «réduire drastiquement la pauvreté et d'offrir à chaque citoyen(ne) wallon(ne) une vie décente», «de faire de la Wallonie une région exemplaire en matière de lutte contre le réchauffement climatique» et de lui permettre «de se hisser parmi les régions en reconversion industrielle les plus performantes d'Europe». Bref, une politique durable, faite de développement économique, de progrès social et d'environnement, où la patte des écologistes serait bien présente.


Medical workers put on their protective gears before working on March 27, 2020, at the unit for coronavirus COVID-19 infected patients at the Erasme Hospital in Brussels. (Photo by Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
L'environnement wallon plombé par le virus
La Région wallonne a dû détourner une partie des fonds destinés à la transition écologique et climatique vers l'urgence sanitaire. De nombreux projets sont gelés.

Il était aussi question de «bonne gouvernance», la société civile étant promise à être «associée aux décisions politiques régionales». Ce dernier point marquait l'intention de se distancier des usages dénoncés à travers le scandale Publifin, du nom de l'intercommunale liégeoise qui a payé à ne rien faire les fidèles de certains partis.

Un an plus tard, plusieurs dossiers ont connu des avancées: le logement public, l'aide à l'emploi, la mobilité douce. Le droit des pétitionnaires de se faire entendre au parlement régional a été voté. Mais globalement, un temps précieux a été perdu pour la Wallonie. Le coronavirus est passé par là qui a imposé à la Région de consacrer son énergie et une partie de ses fonds à lui résister.


Employees work at a welding workshop in a car factory in Weifang in China's eastern Shandong province on June 30, 2020. - China's factory activity picked up pace in June, official data showed June 30, although analysts warned weak global demand and a potential coronavirus resurgence are weighing on its longer-term recovery. (Photo by STR / AFP) / China OUT
La Wallonie élabore son plan de relance
L'initiative «Get up Wallonia» serait une nouvelle «usine à gaz» à écouter l’opposition au gouvernement du socialiste Elio Di Rupo.

Ce dossier-là est loin d’être clos. Une commission parlementaire revisite en ce moment la crise sanitaire, en se promettant d’en tirer des leçons pour l'avenir. Personne ne souhaite assister de nouveau à l'hécatombe qui a vu disparaître 1.600 pensionnaires des maisons de retraite wallonnes.

La vie continue. Le covid-19 ne peut tout occulter. C'est ce que dit à sa manière le libéral Willy Borsus, en charge de l'Economie wallonne: «Au-delà de la crise, nos orientations initiales sont confirmées: emploi, relance, transition. Notre travail d'aujourd’hui inclut les objectifs de notre programme de gouvernement de 2019, comme l'économie circulaire, la relocalisation industrielle ou les circuits courts.»


Elio Di Rupo représentera bien la Région Wallonne lors du prochain Sommet de la Grande Région prévu en fin d'année pour la clôture de la présidence de la Sarre
Elio Di Rupo a repris la compétence de la Grande Région
Le poste était resté vacant depuis la mise en place du gouvernement wallon en septembre 2019. C'est le ministre-président de la Région wallonne lui-même qui a décidé de reprendre en charge ce portefeuille. Il succède au Marchois René Collin (cdH).

Le propos ne satisfait toutefois pas l’opposition. «Le gouvernement wallon est comme ce joueur de foot qui court après une balle qui va trop vite pour lui», dixit l'humaniste François Desquesnes (CDH). Quant au communiste Germain Mugemangango (PTB), il déplore l’absence de «véritable projet» et réclame des solutions publiques là où l'exécutif régional se tournerait un peu trop rapidement à son goût vers le privé.

Le ministre-président Elio Di Rupo ne s'en laisse pas conter. Le socialiste assure que son gouvernement va «transformer la crise en opportunité pour accélérer le redéploiement de la Wallonie». Il promet la réalisation du plan «Get up Wallonia» qui, au-delà de la gestion de la crise sanitaire, entend relancer le socio-économique et préparer la Région aux défis de l'avenir.

Des mots souvent entendus depuis les années 1970 et la déglingue de ce qui fut une région industrielle très prospère. Les syndicats et les patrons sont vent debout. Comme l'opposition, ils mettent en demeure le gouvernement Di Rupo de dépasser la crise du coronavirus pour aller de l'avant. Facile à dire, difficile à faire.  

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