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Le coronavirus met la Wallonie en selle
Grande Région 3 min. 04.06.2020

Le coronavirus met la Wallonie en selle

Le réseau Ravel propose 11.440 km de chemins réservés aux piétons, cyclistes, cavaliers ou personnes à mobilité réduite.

Le coronavirus met la Wallonie en selle

Le réseau Ravel propose 11.440 km de chemins réservés aux piétons, cyclistes, cavaliers ou personnes à mobilité réduite.
Photo : Pierre Matgé
Grande Région 3 min. 04.06.2020

Le coronavirus met la Wallonie en selle

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Dans cette région souvent rétive au vélo, la crise sanitaire permet à la mobilité douce de marquer des points.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Si la Flandre accorde traditionnellement une grande place au vélo, la «petite reine» est restée longtemps absente de Wallonie. Il a fallu le (lent) développement du réseau Ravel pour que la bicyclette y vienne au secours du tourisme. L’apparition d’une conscience environnementale servie par la présence parfois mouvementée des écologistes au pouvoir a contribué à «verdir» quelque peu les routes wallonnes.

Le coronavirus pourrait toutefois injecter un peu d’huile dans cette mécanique poussive. Entre mars et mai, le vélo et le jogging ont été à peu près les seules activités sportives auxquelles les Belges ont pu se livrer. Le confinement a conduit des dizaines de milliers de personnes à se remettre en selle en raison de l’interdiction des déplacements non essentiels. Ces nouvelles habitudes devraient laisser des traces après la crise sanitaire.


entre Mamer et Kopstal : Alles op de velo. Photo Charles Caratini
Le succès du vélo ne se dégonfle pas
De mémoire de cyclistes, jamais Luxembourg n'a connu autant de pédaleurs. La tendance avait débuté alors que le confinement n'était pas encore aussi allégé et fait son chemin depuis.

C’est ainsi que Charleroi, par exemple, entend convertir son centre historique en zone 30. «On a vu pendant le confinement que beaucoup plus de personnes ont utilisé leur vélo et ont redécouvert leur quartier grâce à la marche à pied. C’est étonnant pour Charleroi dont la proportion de cyclistes n’a jamais été grande», explique au Soir l’échevin de la Mobilité, l’Ecolo Xavier Desgain. «Il y a une possibilité que ces personnes retournent à leurs habitudes après le confinement mais je préfère y voir un signe que pas mal d'entre elles ont envie d’utiliser le vélo dans les villes. On prend donc une série de mesures pour que ces habitudes puissent perdurer une fois le déconfinement acté.»

Charleroi s’apprête également à revoir le marquage d’un certain nombre de nationales et de ronds-points pour y encourager la pratique du vélo, notamment aux abords de l’intra-ring. L’expression employée ici est «circulation apaisée». Elle s’oppose à la loi de la jungle qui prévaut la plupart du temps dans les grandes villes du sud du pays où les accidents impliquant voitures et vélos restent nombreux. S’y ajoute l’idée de continuer à promouvoir le télétravail dans certains secteurs d’activités pour étaler les heures de pointe et fluidifier ainsi l’usage des transports en commun.

Des aménagements sont aussi en cours au centre de Liège. Il est question ici de «rues cyclables» (où le vélo s’imposera à la voiture) et de zones 30. La Cité ardente compte sur l’arrivée prochaine du tram pour diluer davantage la circulation.

Namur, Bruxelles et les autres

A Namur, capitale de la Wallonie, la vitesse dégringole sur certains axes de 30 à 20 km/h, rendant souvent sans intérêt l’usage de la voiture. La construction de l’Enjambée, la passerelle sur laquelle s’engagent désormais piétons et cyclistes pour passer d’une berge de la Meuse à l‘autre, doit permettre de désenclaver le centre-ville en le reliant à la commune proche de Jambes.

Tout doucement ainsi, le vélo marque des points dans les villes wallonnes. Mais il est encore loin d’avoir conquis les esprits, a fortiori en dehors des zones urbaines. Des aides publiques sont pourtant mises à disposition des amateurs de mobilité douce.

Mais c’est surtout à Bruxelles que le vélo a remporté une victoire emblématique ces dernières semaines. L’autoroute intra-urbaine qu’est la rue de la Loi rétrécit en effet à nouveau, passant de quatre à trois bandes. «Habituellement, en heures de pointe, environ 3000 personnes empruntent la rue de la Loi en voiture. Pour 2000 personnes à pied et à vélo. Ce rééquilibrage était nécessaire», s’est félicitée la ministre bruxelloise de la Mobilité, l’écologiste Elke Van den Brandt.

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