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Le «casse du siècle» secoue le monde politique wallon
Grande Région 3 min. 19.11.2019

Le «casse du siècle» secoue le monde politique wallon

Stéphane Moreau est au centre de ce scandale.

Le «casse du siècle» secoue le monde politique wallon

Stéphane Moreau est au centre de ce scandale.
Photo: Belga
Grande Région 3 min. 19.11.2019

Le «casse du siècle» secoue le monde politique wallon

Quatre anciens managers de Nethys se sont partagé 18,6 millions d'euros avant de quitter l'entreprise liégeoise, dont 11 millions pour le seul homme d'affaires et ex-membre du PS Stéphane Moreau. Une affaire qui fait la une des journaux belges depuis plusieurs semaines et qui menace d'exploser à la face du gouvernement wallon.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - «Malade… Comment penser que l'on mérite 11 millions d’euros alors que tous les jours Stéphane Moreau a croisé des autres humains tout aussi méritants que lui?…». Bertrand Henne, le chroniqueur politique de la RTBF, s'est montré sans pitié en commentant le scandale du moment.

Ce parachute doré n'aurait guère attiré l'attention si Nethys, une société qui gère plusieurs médias et fournisseurs d'accès, n'avait été le bras opérationnel d'Enodia. Or Enodia est le nouveau nom de Publifin, l'intercommunale publique liégeoise qui fut au cœur d'une saga politico-judiciaire tout au long de l'année 2017. Un scandale où il a été beaucoup question de mandataires politiques wallons payés grassement à ne rien faire et qui valut au Parti socialiste de perdre le pouvoir en Wallonie.  

Transparence

Entre-temps, des règles de bonne gouvernance ont été édictées. Efficaces? Ce qui arrive aujourd'hui chez Nethys montre au contraire qu'elles auraient été rapidement bafouées. Non seulement, les managers de Nethys ont tenté de vendre des actifs de la société sans en référer à la tutelle publique, soit le conseil d'administration d'Enodia. Mais lorsqu'ils ont vu ces opérations cassées par le gouvernement wallon, ils se sont partagé à quatre la bagatelle de 18,6 millions d'euros. La veille de leur licenciement…


Belgiums's Socialist Party chairman Elio Di Rupo (C) takes the oath during a ceremony at the installation of the Chamber after last month's federal elections, in Brussels on June 20, 2019. 150 citizens take the oath to become members of the Chamber for the 2019-2024 legislature. - The Belgian Liberal leader who presided today the installation of the Chamber of Deputies renewed in late May, has decided not to step on the perch refusing to be attended by a very controversial right-wing MP, during this solemn meeting. (Photo by VIRGINIE LEFOUR / BELGA / AFP) / Belgium OUT
La grande lessive des socialistes wallons
Pour éviter un nouveau scandale «Publifin», le gouvernement Di Rupo met au pas les milieux d’affaires liégeois.

Pour être complet, il faut préciser que les nouvelles règles de gouvernance ont précisément pour but de réduire le salaire des top managers. En particulier chez Nethys, où ils étaient encore 23 en 2018 à dépasser le nouveau plafond salarial fixé dans le public à 245.000 euros par an.

Révélé par Le Soir, ce qui est devenu le «casse du siècle» colle aux basques du nouveau gouvernement wallon, où les socialistes ont repris le premier rôle avec l'accession d'Elio Di Rupo à la ministre-présidence en septembre dernier. 

Cette fois, la transparence est cependant de mise. Plus question de faire de cadeau aux «amis». Le ministre wallon des Pouvoirs locaux, Pierre-Yves Dermagne (PS), a transmis à la justice les informations relatives aux indemnités que se sont octroyées les anciens managers de Nethys. Son administration a été chargée d'examiner l'opportunité de procéder à leur annulation.

C'est du vol, c'est dégoûtant. Qui a couvert Stéphane Moreau?  

Tous les regards se portent sur un homme:  Jean-Claude Marcourt, l'homme fort du PS liégeois, ancien ministre francophone de l'Enseignement supérieur, relégué en septembre à la présidence du Parlement wallon. Le socialiste a plus d'une fois été désigné par ses pairs comme étant parfaitement au courant des décisions stratégiques prises chez Nethys. Des accusations semblables ont été portées contre d'autres politiques liégeois.

Dans les colonnes de Sudpresse, Jean-Claude Marcourt jure pourtant qu'il n'est au courant de rien. «Il y a une dérive totale», estime-t-il au contraire face aux montants pharaoniques évoqués par la presse.

Quoi qu'il en soit, l'affaire Nethys nourrit la grogne et le populisme ambiant. «C'est du vol, c'est dégoûtant», s’emporte le communiste Raoul Hedebouw.  «Qui a couvert Stéphane Moreau?», interroge-t-il. «Toute la clarté doit être faite. Le sommet des partis, les "mains invisibles" doivent être dévoilées», a-t-il déclaré en pointant notamment le doigt vers le PS. Son parti, le PTB, a introduit une plainte à la police, se portant ainsi partie civile.  


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