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La Wallonie à vendre pour un euro
Grande Région 3 min. 28.08.2019

La Wallonie à vendre pour un euro

Pour les jeunes N-VA, la Wallonie ne vaudrait pas plus qu'une pièce d'un euro...

La Wallonie à vendre pour un euro

Pour les jeunes N-VA, la Wallonie ne vaudrait pas plus qu'une pièce d'un euro...
Photo: AFP
Grande Région 3 min. 28.08.2019

La Wallonie à vendre pour un euro

Cette «blague» lancée en Belgique par de jeunes N-VA sur les réseaux sociaux en dit long sur l’évolution des mentalités entre Flamands et Wallons.

Max Helleff (Bruxelles) - «On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui»… Les jeunes nationalistes flamands sauront peut-être se souvenir du mot de l’humoriste français Pierre Desproges qui voulait ainsi moucher Jean-Marie Le Pen, le fondateur du Front national. 

De quoi parle-t-on ? D’un tweet tonitruant que les jeunes N-VA ont publié sur les réseaux sociaux la semaine dernière à l’adresse du président américain Donald Trump. On peut y lire : «Dear President @realDonaldTrump, one euro and Wallonia is yours. Call us. #GreenlandIsNotForSale» («Cher Donald Trump, un euro et la Wallonie est à vous»).

Cette «joke» a bien sûr été inspirée par la dernière lubie de Donald Trump. A la mi-août, le président américain a annoncé son intention de racheter le Groenland au Danemark. S’en est suivie une passe d’armes entre Washington et Copenhague, laquelle s’inscrit plus largement dans une bataille stratégique pour le contrôle de l’Arctique. 

En Wallonie, pas de bataille stratégique mais un front de résistance particulièrement démonté. L’humaniste Catherine Fonck a dénoncé ainsi la suffisance des jeunes nationalistes flamands: «Sont fiers de leur petit tweet. Flatter les anti-francophones, surfer sur le repli sur soi et le rejet des autres... Leur vision de l’avenir et de la société est tellement triste et égoïste. Je les plains...».

Déjà en 2005

Côté libéral francophone, l’ex-présidente du Sénat Christine Defraigne y est allée d’une riposte au second degré : «Tout est dit. Mais bien sûr ce sont des jeunes qui font de l’humour et le top du parti (la N-VA) ne pense absolument pas cela…»


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La N-VA se défend de toute insulte en appelant au droit à l’humour. C’est d’ailleurs une blague d’un tout autre calibre qui lui avait permis d’attirer l’attention des médias en un temps où elle ne pesait que très peu sur l’échiquier politique belge. En 2005, des camionnettes emmenées par Bart De Wever et transportant de faux billets de banque s’étaient rendues sur le site de l'ascenseur à bateaux funiculaire de Strepy-Thieu - dont la construction passait alors pour un gouffre financier – afin de dénoncer les transferts financiers entre la Flandre et la Wallonie .

L'argent flamand

Ces transferts constituent l’une des principales pierres d’achoppement de la politique belge. Au nom de la solidarité, la riche Flandre participe davantage à la sécurité sociale que la Wallonie.

Durant la campagne électorale, le président du PS Elio Di Rupo a estimé ce flux nord-sud à 5 milliards d’euros par an. Ces transferts sont l’objet de polémiques depuis des décennies et offrent un argument de poids à la N-VA dans son ambition d’imposer le confédéralisme au pays. 

Une nouvelle réforme de l’Etat permettrait de mieux articuler une séparation accrue entre les deux communautés, plaide-t-elle en substance. Et d'épargner beaucoup d'argent flamand...

Deux démocraties

«Sire, il n’y a pas de Belges» : la lettre adressée à Albert Ier en 1912 par Jules Destrée reste prémonitoire pour beaucoup d’observateurs. Le député wallon écrivait alors au roi qu’il régnait sur «deux peuples», des Flamands et des Wallons, mais qu’il «n’y avait pas de Belges».

Aujourd’hui, Bart De Wever ne dit pas autre chose lorsqu’il affirme qu’il y a «deux démocraties en Belgique».


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