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La relation belgo-luxembourgeoise doit être repensée
Grande Région 3 min. 04.02.2020

La relation belgo-luxembourgeoise doit être repensée

Plus de 47.000 travailleurs frontaliers traversent chaque jour la frontière entre la Belgique et le Grand-Duché.

La relation belgo-luxembourgeoise doit être repensée

Plus de 47.000 travailleurs frontaliers traversent chaque jour la frontière entre la Belgique et le Grand-Duché.
Photo: Guy Jallay
Grande Région 3 min. 04.02.2020

La relation belgo-luxembourgeoise doit être repensée

Eddy RENAULD
Eddy RENAULD
La mobilité, les échanges économiques ou encore le recrutement seront au programme de la table ronde qui a lieu ce mercredi sur les liens qui unissent le Grand-Duché au royaume. Une connexion qui doit tenir compte de l'évolution de la société et qui dépasse largement le cadre d'une relation bilatérale selon la fondation Idea.

Si l'Union économique belgo-luxembourgeoise, qui est à la base de la parité entre les francs luxembourgeois et belges, s'apprête à fêter son centenaire en juillet 2021, les relations entre le Grand-Duché et le royaume sont bien plus anciennes. C'est dans ce contexte que le Liser organise ce mercredi dans les locaux de la Chambre de commerce un colloque sur le thème «Les Belges au Grand-Duché: histoire, actualité, perspectives». 

Une relation étroite qui s'est considérablement renforcée au fil des années. Selon les derniers chiffres, le Luxembourg a importé l'équivalent de plus de 7 milliards d'euros durant l'année 2018. Ce qui fait aujourd'hui de la Belgique le plus gros partenaire économique du Grand-Duché devant ses voisins français et allemands. Des échanges économiques qui seront évoqués durant le colloque tout comme les relations politiques, les collaborations dans les domaines militaire, de l'environnement et de la nature mais aussi l'évolution du marché de l'emploi.


Où résident exactement les frontaliers du Luxembourg ?
Nécessaires au fonctionnement de l'économie, les salariés qui franchissent quotidiennement la frontière pour se rendre sur leur lieu de travail habitent majoritairement dans un rayon de 30 km autour du pays. Des zones densément peuplées et amenées à l'être encore plus.

Durant le siècle dernier, le rapport entre les deux pays a évolué au point qu'à l'heure actuelle, le Luxembourg s'est clairement positionné comme le principal centre de gravité économique et démographique de la région. Selon les dernières données, près de 20.000 Belges résident au Grand-Duché et un peu plus de 47.000 travailleurs traversent chaque jour la frontière.   

Revers de la médaille, les effets pervers de «l'eldorado luxembourgeois» sont de plus en plus visibles des deux côtés de la frontière. «Le contexte a changé d'où l'importance de la collaboration transfrontalière», estime Vincent Hein. Et l'économiste de la fondation Idea de pointer du doigt les problèmes de mobilité ou encore de recrutement. 


CHEM, Centre Hospitalier Emile Mayrisch, Foto Lex Kleren
Le Luxembourg, véritable aimant pour les infirmiers
Si les besoins en matière de soins ne cessent de croître dans le pays, cette demande touche directement les pays voisins, puisque plus de la moitié du personnel soignant n'est pas luxembourgeois. Ce qui n'est pas sans conséquence pour les hôpitaux de l'autre côté des frontières.

Par exemple dans le secteur hospitalier, de nombreux infirmiers quittent leur poste après quelques années de travail pour ensuite se rendre au Luxembourg. «Il y a une vision commune à construire. Il faut anticiper le mieux possible. Que serait le Luxembourg belge sans le Grand-Duché? Les positions des uns et des autres sont légitimes mais il faut les concilier», précise encore Vincent Hein. 


Pour Philippe Ledent, il est impératif de «tenir compte du développement accéléré du Luxembourg et de son impact sur les régions voisines»
«Ne pas rester dans l'ombre du Luxembourg»
Philippe Ledent est favorable à la création d'une «zone de développement frontalier» entre la Belgique et le Luxembourg. Dans cette optique, le président de l'Union des classes moyennes de la province de Luxembourg (UCM-Lux) souligne «l'urgence» d'une «concertation bilatérale».

Parmi les pistes évoquées pour mettre en avant le caractère «gagnant-gagnant» de la relation, le renforcement de l'attractivité du territoire ou encore la mise sur pied de «pôles secondaires». Une approche partagée entre autres par le président de l'Union des classes moyennes de la province de Luxembourg. La semaine dernière, Philippe Ledent a notamment relancé l'idée de créer une zone de développement frontalier. La question de l'investissement dans les territoires et la consolidation de la cohésion sont d'autres leviers que les acteurs devront mettre en oeuvre pour réussir l'intégration transfrontalière. 


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