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La Région bruxelloise croule sous l’emprunt
Grande Région 3 min. 28.11.2019

La Région bruxelloise croule sous l’emprunt

La Région de la capitale belge n'arrive pas à redresser la barre budgétaire, accuse l'opposition.

La Région bruxelloise croule sous l’emprunt

La Région de la capitale belge n'arrive pas à redresser la barre budgétaire, accuse l'opposition.
Photo : Shutterstock
Grande Région 3 min. 28.11.2019

La Région bruxelloise croule sous l’emprunt

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Selon l’opposition libérale, les politiques lancées par la nouvelle majorité reposent sur un financement bancal et menacent de ce fait l'équilibre financier de la capitale et de sa Région.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - La Région de Bruxelles-Capitale serait virtuellement en état de faillite. A terme, elle pourrait se retrouver avec une charge d’emprunt de près d’un milliard d’euros.

Cette donnée comptable n’a rien d’anodin pour la nouvelle majorité du socialiste Rudy Vervoort qui a pris les rênes de la Région durant l’été dernier. Au cœur de ce gouvernement, on trouve les écologistes francophones (Ecolo) et flamands (Groen) qui ne manquent pas de projets pour verdir la capitale et sa Région trop longtemps livrées à la voiture et à ses nuisances.


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Mais pour cela, il faut de l’argent. Beaucoup d’argent. Or les caisses sont vides, selon le Mouvement réformateur (libéral francophone) qui tire la sonnette d’alarme depuis les rangs de l’opposition, en brandissant un rapport de la Cour des comptes.

Les libéraux ont passé au crible les milliers de pages qui traduisent en chiffres les ambitions de la majorité pour l’année à venir. Selon leur chef de groupe Alexia Bertrand, «si une famille gérait son argent de la même manière, elle serait à la rue». Contrairement à ce qu’affirme la majorité, argumente le MR, ni le budget 2019 ni l’épure 2020 ne sont à l’équilibre. «Pour gommer le déficit, le gouvernement a recours à des manipulations de chiffres, des techniques comptables, des hypothèses qui ne sont pas applicables !», dénonce Alexia Bertrand dans les colonnes du Soir.

La libérale évoque de ce fait le risque d’arriver rapidement à une charge d’emprunt flirtant avec le milliard d’euros. «Lorsqu’il a été voté, voici un an, le budget prévoyait 5,9 milliards de recettes, par ailleurs surestimées, et 6,7 milliards de dépenses. Soit un solde négatif de 754 millions. Le gouvernement actuel ramène ce montant à 272 millions, en doublant le recours à l’emprunt : 950 millions au lieu de 467. Autrement dit, ce gouvernement qui se veut durable finance la Région à coups d’emprunts, mène ses politiques à crédit», pointe Alexia Bertrand.

Les comptes de la Région belge sont plombés, à en croire certaines voix de l'opposition.
Les comptes de la Région belge sont plombés, à en croire certaines voix de l'opposition.
Photo : Shuttrestock

La majorité rétorque que les libéraux recouraient aux mêmes astuces comptables lorsqu’ils étaient aux affaires. Réponse des accusés : «Oui, mais pas avec la même ampleur».  

Pour le MR, le nouveau gouvernement n’a prévu aucune recette nouvelle avant de lancer ses initiatives. Il précise ne pas parler de «taxes», «mais de réformes qui favorisent le dynamisme économique, la vitalité. Alors que nous sommes une Région où l’on crée beaucoup d’emplois, avec un PIB important. Tout est reporté en mars 2020 ? Mais ils sont là depuis juillet ! On a déjà perdu près de six mois. Et le temps nécessaire à mettre en œuvre leurs décisions du printemps fera qu’on aura perdu un an et demi.»


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S’il faut encore en croire l’opposition libérale, le logement serait une des premières victimes collatérales du manque de prévoyance financier de la nouvelle majorité. Celle-ci en a pourtant fait une priorité : 40.000 personnes sont à la recherche d’un habitat à Bruxelles. La construction de logements durables et la rénovation de vieux immeubles mal isolés font en outre partie des mesures qu’entend prendre l’actuel gouvernement régional pour verdir la ville en réduisant les nuisances dues au chauffage.

Les libéraux dénoncent aussi le manque de fonds destinés aux politiques de mobilité et de sécurité urbaine. Sans oublier le climat. Seul 1,6 million d’euros en plus a été prévu pour 2020 par rapport à 2019, accusent-ils. «On va donc se contenter de poursuivre les politiques antérieures, sans plus», estime le député régional Vincent De Wolf.


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