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La Moselle remercie les consommateurs luxembourgeois
Grande Région 3 min. 22.01.2020

La Moselle remercie les consommateurs luxembourgeois

La part des achats mosellans vers le Luxembourg frontalier ne représente qu'1% des dépenses courantes.

La Moselle remercie les consommateurs luxembourgeois

La part des achats mosellans vers le Luxembourg frontalier ne représente qu'1% des dépenses courantes.
Photo: Marc Wilwert
Grande Région 3 min. 22.01.2020

La Moselle remercie les consommateurs luxembourgeois

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Les magasins du département français ont bénéficié à hauteur de 220 millions d'achats de ménages du Grand-Duché. A l'inverse, les frontaliers se sont montrés moins dépensiers au Luxembourg (hors tabac et carburant).

Qui achète quoi, où et pour quelle somme? Pour répondre à ces questions, la Chambre de commerce et d'industrie de la Moselle (CCI) a mené une vaste enquête auprès de 3.000 ménages établis sur le département français mais aussi 500 foyers luxembourgeois habitant non loin de la frontière. «L'un des points d'intérêt de l'étude étant de quantifier l'évasion commerciale de part et d'autre», note Ghislain Dell'Olmo, responsable d'études pour la CCI.

En s'attachant à noter les habitudes des consommateurs sur 34 produits courants, le sondage a ainsi permis de révéler de vrais mouvements d'achat entre les deux territoires. Largement au bénéfice des magasins de Moselle d'ailleurs. «Les dépenses des ménages luxembourgeois en Moselle représentent 8% du budget accordé aux achats courants (contre 2% pour les dépenses dans le département voisin de Meurthe-et-Moselle).

Illustration: CCI Moselle

C'est peu 2%? Non, pas quand le taux devient euros sonnants et trébuchants, soit 220 millions d'euros. Les habitants de la zone frontalière allemande pourtant plus longue et plus nombreux n'offrent pas cette même générosité côté Moselle-Est, avec «seulement 200 millions d'euros dépensés» chez leurs voisins.

Aucun doute, certains particuliers luxembourgeois ont remarqué qu'ils avaient avantage à aller faire certaines courses côté français. «La répartition de leurs achats concerne pour 33% des produits alimentaires. Suivent des dépenses d'équipement de la maison et d'équipement de la personne.» Des choix qui peuvent s'expliquer par la présence de telle enseigne ou tel distributeur en Moselle et pas au Grand-Duché. Un peu comme Ikea ou Décathlon ont un effet aimant sur la clientèle luxembourgeoise en Belgique.

Un tout petit 1%

«Il est clair que l'effet d'aubaine est le premier facteur de mobilité commerciale», rappelle d'ailleurs Noëlle Schiltz, directrice des études à la CCI. De plus, si le nord de la Moselle peut s'avérer attractif pour des consommateurs d'Esch, Differdange, Sanem ou Rumelange, c'est aussi en raison de la concentration de magasins ou de centres commerciaux à quelques kilomètres de la frontière autour de Metz et Thionville (Muse, WavesGericGreenCenter, etc).

Cette même concentration explique aussi sans doute en grande partie le fait que les ménages mosellans concentrent 88% de leurs dépenses courantes à des enseignes situées sur leur territoire. Ainsi, ne consacrent-ils qu'un tout petit 1% à des achats au Grand-Duché, soit 55 millions d'euros. «Il va de soi que ce chiffre ne tient pas compte des dépenses en carburants et tabac qui auraient faussé les données sur un panier référence sur cette zone géographique», pondère Ghislain Dell'Olmo.


A picture shows a sign for Black Friday sales in a shop in Caen, northwestern France, on November 27, 2019. - Black Friday is a sales offer originating from the US where retailers slash prices on the day after the Thanksgiving holiday. (Photo by Sameer Al-DOUMY / AFP)
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Reste que les consommateurs français apprécient les magasins luxembourgeois pour acheter boissons alcoolisées, produits informatiques et logiciels ou vêtements de femme. 

«Il est intéressant de noter qu'entre 2014 et 2019 la part de budget des foyers mosellans qui part dans les caisses de boutiques luxembourgeoises a été divisée par deux», ajoute  Noëlle Schiltz. Un phénomène aussi bien observable pour ce qui concerne les habitudes des travailleurs frontaliers que celles des habitants qui n'ont pas d'obligation professionnelle au Grand-Duché. «Il est vrai que sur la période de comparaison, et plus particulièrement pour les achats communs, les gens ont pris le réflexe du circuit court et du commerce de proximité.»


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