Changer d'édition

La grogne s'intensifie au sujet des déchets nucléaires
Grande Région 5 min. 02.06.2020

La grogne s'intensifie au sujet des déchets nucléaires

Les déchets radioactifs qui pourraient être localisés dans la région de Neufchâteau pourraient impacter le lac de la Haute-Sûre.

La grogne s'intensifie au sujet des déchets nucléaires

Les déchets radioactifs qui pourraient être localisés dans la région de Neufchâteau pourraient impacter le lac de la Haute-Sûre.
Photo: Shutterstock
Grande Région 5 min. 02.06.2020

La grogne s'intensifie au sujet des déchets nucléaires

Alors que la consultation transfrontalière prend fin le 13 juin, c’est au tour du Comité national d’action contre le nucléaire de monter au créneau. Le collectif luxembourgeois s’inquiète des conséquences que pourrait avoir une implantation notamment dans la région de Neufchâteau.

(DH) - En Belgique, l'après-nucléaire c'est déjà demain. En effet, en théorie, le royaume mettra les réacteurs de Doel et de Tihange à l'arrêt en 2025. Toutefois, la question de l'enfouissement géologique ou souterrain des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies reste en suspens. Une situation qui fait de plus en plus grincer des dents au Luxembourg en raison de la promiscuité de certains sites actuellement à l'étude.

Ainsi, à la suite de Carole Dieschbourg (Déi Gréng), la ministre de l'Environnement, qui avait déploré «un manque de transparence» dans ce dossier sensible, c'est au tour du Comité national d'action contre le nucléaire de monter au créneau ce mardi. Il est vrai que onze jours nous séparent du terme de la consultation publique sur les incidences environnementales du projet de l'Office national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies (Ondraf), en charge de la question.


Des déchets nucléaires aux portes du Luxembourg
La ministre de l'Environnement, Carole Dieschbourg, entend mobiliser la population pour s'opposer à un projet de l'Etat belge d'enfouir des éléments radioactifs non loin de la frontière. L'impact environnemental pourrait concerner l'approvisionnement en eau potable.

Alors que la ministre belge de l'Energie Marie-Christine Marghem avait dénoncé «une campagne de désinformation» de Carole Dieschbourg, le collectif regroupant les organisations non gouvernementales, les syndicats et principales formations politiques du Grand-Duché réaffirme ses craintes. Il indique même que dans le contexte de la crise sanitaire il est «parfaitement inacceptable de lancer une telle consultation publique».

Faute d'expériences antérieures, le Comité national d'action contre le nucléaire indique qu'«on ne peut affirmer raisonnablement qu'un stockage géologique soit une vraie solution à la problématique». D'autre part, et toujours selon le collectif luxembourgeois qui s'oppose aux affirmations de l'Ondraf, diverses alternatives techniques sont envisageables. «Notamment le stockage entièrement conçu sur terre ou proche de la surface ou encore des forages très profonds.» 

Par ailleurs, selon les représentants luxembourgeois qui mentionnent un incident récent aux Etats-Unis, la phase de placement des déchets radioactifs comporte de grands risques d'incidents dans lesquels des substances radioactives pourraient être libérées. Enfin, le collectif s'inquiète des conséquences que pourrait avoir une implantation en Gaume, mais surtout dans la région de Neufchâteau

Et pour cause. Les couches géologiques du synclinal se prolongeant en direction du lac de la Haute-Sûre, c'est le principal réservoir d'eau potable du Grand-Duché, et son réseau de distribution qui dessert à peu près 80% de la population, qui pourraient alors être impactés.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Maintenant, il faut sauver le climat
Les effets du confinement sur le climat, les bonnes questions à se poser désormais et la «patate chaude» du projet de stockage des déchets nucléaires, Roger Spautz, figure de proue de Greenpeace Luxembourg, imagine le futur de l'après-pandémie.
Camouflet infligé à la Belgique sur la centrale de Doel
Dans un arrêt rendu ce lundi, la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) estime que la loi autorisant la prolongation de deux des réacteurs du site ne respectait pas les règles environnementales. Une décision qui n'aboutit cependant pas à la fermeture du site, comme le souhaite le Grand-Duché.
ARCHIV - 26.02.2016, Belgien, Doel: Hinter der Windmühle von Doel bei Antwerpen steigt Dampf aus dem Kernkraftwerk Doel. (zu dpa «EuGH urteilt über Laufzeitverlängerung belgischer Atommeiler») Foto: Oliver Berg/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Tihange 2 ne redémarrera que dans 48 h
A l'arrêt depuis plus de dix mois à cause des dégradations observées sur le béton, le réacteur n°2 de la centrale belge devait reprendre son activité dimanche soir à 23 heures. Mais il ne repartira que mardi soir. Explications.