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La centrale de Cattenom s'offre une révision à 200 M€
Grande Région 2 min. 13.02.2021

La centrale de Cattenom s'offre une révision à 200 M€

Si l'ASN donne son aval à la reprise, cet été, le réacteur N°3 sera autorisé à fonctionner dix ans de plus.

La centrale de Cattenom s'offre une révision à 200 M€

Si l'ASN donne son aval à la reprise, cet été, le réacteur N°3 sera autorisé à fonctionner dix ans de plus.
Photo : Guy Jallay
Grande Région 2 min. 13.02.2021

La centrale de Cattenom s'offre une révision à 200 M€

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Depuis vendredi, l'unité n°3 de la centrale nucléaire lorraine est à l'arrêt. Et pour six mois même. Le temps pour les équipes de mener la révision décennale qui permettra le redémarrage du réacteur pour dix ans de plus.

Si tout va comme EDF le souhaite, l'unité n°3 de la centrale nucléaire de Cattenom pourra reprendre du service vers août 2021. Les installations en auront alors fini avec leur troisième révision décennale. Opération que les unités 1 et 2 ont traversée en 2016 et 2018. En tout cas depuis le 12 février au soir, l'unité en question a été déconnectée du réseau national français de production d'électricité.


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Il s'agit donc là d'un arrêt programmé et volontaire de l'installation. Avec notamment comme but de rehausser le niveau de sûreté et permettre une prolongation de la durée de fonctionnement des équipements de la centrale (jusqu'à 2050?). Une finalité auquel le gouvernement luxembourgeois reste opposé, et n'a d'ailleurs pas manqué de le faire savoir dernièrement. 

En effet, début février, à l'occasion d'une commission mixte franco-luxembourgeoise de sécurité nucléaire, la délégation luxembourgeoise a rappelé à son homologue que le Grand-Duché restait «inquiet quant à une poursuite de fonctionnement de la centrale de Cattenom au-delà de 40 ans, vu la proximité de la centrale avec le territoire luxembourgeois et des risques en matière de protection de l’environnement, de sécurité et de santé publiques qui y sont liés». Pour mémoire, la centrale sise au bord de la Moselle est entrée en service en 1986.

Outre le remplacement d'un tiers du combustible nécessaire au fonctionnement du réacteur, la révision comportera opérations de maintenance approfondies et contrôles. Le planning comprenant pas moins de «18.000 activités, plus de 150 modifications sur les installations et de nombreux examens réglementaires», assure EDF.

Avant que l'Autorité de sûreté nucléaire ne puisse donner son feu vert au redémarrage de cette unité n°3, la cuve du réacteur nucléaire sera inspectée; le circuit primaire verra sa robustesse et son étanchéité testées tandis que des mesures viendront évaluer la résistance mécanique de l’enceinte même du bâtiment réacteur.

Jusqu'à 3.000 intervenants pourront se retrouver mobilisés sur cette seule unité au pic de cet examen de santé. Avec cette particularité cette fois qu'il faudra organiser les équipes et les missions en fonction des règles sanitaires liées au covid. Une infection qui, en Moselle, est loin d'être sous contrôle pour le moment. L'opérateur a prévu de dépenser environ 200 millions d’euros dans ces travaux de maintenance. «Un tiers de ce budget étant confié à des entreprises locales et régionales», indique le nouveau directeur du site, Jérôme le Saint. 

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