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La centrale à charbon de Saint-Avold devrait redémarrer
Grande Région 3 min. 27.06.2022
En Moselle

La centrale à charbon de Saint-Avold devrait redémarrer

Le gouvernement français a décidé de relancer la centrale à charbon de Saint-Avold, dont l'activité avait été stoppée le 31 mars 2022.
En Moselle

La centrale à charbon de Saint-Avold devrait redémarrer

Le gouvernement français a décidé de relancer la centrale à charbon de Saint-Avold, dont l'activité avait été stoppée le 31 mars 2022.
Photo d'illustration: AFP
Grande Région 3 min. 27.06.2022
En Moselle

La centrale à charbon de Saint-Avold devrait redémarrer

Arrêtée le 31 mars dernier, la centrale à charbon de Saint-Avold, en Moselle, devrait être relancée d'ici l'hiver prochain, pour sécuriser l'approvisionnement de la France en électricité.

(pam avec AFP) - La centrale à charbon de Saint-Avold (Moselle), située à une soixantaine de kilomètres du Luxembourg à vol d'oiseau, devrait bien redémarrer l'hiver prochain «à titre conservatoire, compte tenu de la situation ukrainienne» et des tensions sur le marché de l'énergie, a confirmé dimanche le ministère de la Transition énergétique.


IPO,Ministerrat&Briefing-Senningen,Xavier Bettel,Franz Fayot,Corinne Cahen,Claude Turmes, Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
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«Nous nous gardons la possibilité de pouvoir faire fonctionner la centrale de Saint-Avold quelques heures de plus si nous en avons besoin l'hiver prochain», a déclaré le ministère.

Contexte énergétique difficile en Moselle

La décision n'est pas une surprise totale: le gouvernement n'avait pas exclu, lors de la fermeture de la centrale le 31 mars dernier, de la redémarrer ponctuellement pour sécuriser l'approvisionnement du pays en électricité compte tenu du conflit en Ukraine et des déboires rencontrés par le parc nucléaire d'EDF. Dernier exemple en date: l'arrêt complet de la centrale nucléaire de Cattenom dans la nuit de vendredi à samedi, du jamais-vu dans l'histoire de ce site-là aussi situé à quelques kilomètres du Luxembourg.

La centrale nucléaire de Cattenom est à l'arrêt complet depuis samedi.
La centrale nucléaire de Cattenom est à l'arrêt complet depuis samedi.
Photo d'archives: AFP

Ce redémarrage «s'inscrit dans le plan de fermeture», a redit le ministère qui précise que l'engagement d'Emmanuel Macron de fermer l'ensemble des centrales à charbon en France «demeure inchangé». Cette décision suscite néanmoins les critiques de défenseurs de l'environnement et de militants écologistes, qui pointent une installation forte émettrice de CO2 et critiquent l'absence totale de vision et de politique énergétiques en France depuis des décennies.

Des «contreparties environnementales» annoncées

Le gouvernement français balaie de son côté l'argument de la pollution engendrée par la centrale de Saint-Avold. «Nous resterions, dans tous les cas, en dessous d'1% d'électricité produite par le charbon», assure le ministère, «et aucun charbon russe ne serait utilisé».

En conséquence, «un décret va être mis en consultation pour organiser cette possibilité d'un fonctionnement l'hiver prochain». Il comprendra des «contreparties environnementales» car ce redémarrage doit être neutre pour l'environnement, l'exploitant s'engageant sur «des projets de reforestation par exemple», selon le ministère.

Le gouvernement prévoit aussi d'intégrer des «ajustements législatifs» cet été dans le projet de loi pouvoir d'achat pour que le plan social concernant la centrale ne soit pas annulé, «ce qui montre la résolution du gouvernement à fermer définitivement cette centrale à charbon».

Des salariés prêts à revenir

Lors de sa fermeture, 87 salariés travaillaient encore dans la centrale Émile Huchet. La moitié sont depuis partis en retraite. Pour faire tourner la centrale, environ 70 personnes sont nécessaires, selon son directeur Philippe Lenglart qui confiait à l'AFP en mars avoir l'intention de rappeler d'anciens salariés plutôt que de recruter en cas de besoin cet hiver.

«Enfin! On sait depuis quelques mois qu'on va avoir un problème d'approvisionnement énergétique l'hiver prochain, on n'aurait jamais dû laisser GazelEnergie (propriétaire de la centrale, ndlr) arrêter l'installation», a réagi Jean-Pierre Damm, élu au CSE et délégué syndical FO.


A photograph shows a view of the Bugey nuclear power plant on January 25, 2022, in Saint-Vulbas, central eastern France. - Operating since 1972, the Bugey power plant, located in Saint-Vulbas in the Ain region, plays an active role in the development of the region's economic fabric. (Photo by JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP)
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Selon lui, «une très grande majorité» des salariés seraient prêts à revenir faire fonctionner la centrale un hiver de plus, mais il faudrait que le décret annoncé soit publié rapidement pour permettre les travaux de maintenance et de contrôle réglementaire nécessaires, qui pourraient demander «deux mois dans le meilleur des cas».

«Il n'y a pas eu de démantèlement»

En mars dernier, «on a arrêté l'installation avec une mise en sécurité, il n'y a pas eu de démantèlement, on la conserve en plein état fonctionnel si besoin», a expliqué à l'AFP Thomas About, qui travaillait à la centrale de Saint-Avold depuis 2009 et est actuellement en congé de reclassement.

Si l'État décide officiellement de relancer la centrale pour l'hiver prochain et que GazelEnergie demande aux salariés de revenir, «je serai intéressé, avec plaisir, c'est un emploi que j'ai particulièrement affectionné, et en plus, c'est pour répondre à un besoin du pays», a-t-il indiqué.


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