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La Belgique accuse le Grand-Duché de «désinformation»
Grande Région 2 min. 13.05.2020

La Belgique accuse le Grand-Duché de «désinformation»

Selon la ministre belge de l'Environnement, «aucun site de stockage ni de type de roche pouvant accueillir les déchets n'a encore été identifié»

La Belgique accuse le Grand-Duché de «désinformation»

Selon la ministre belge de l'Environnement, «aucun site de stockage ni de type de roche pouvant accueillir les déchets n'a encore été identifié»
Photo: Shutterstock
Grande Région 2 min. 13.05.2020

La Belgique accuse le Grand-Duché de «désinformation»

Jean-François COLIN
Jean-François COLIN
L'appel à la mobilisation de Carole Dieschbourg (Déi Gréng) mardi contre le projet de l'État belge d'enfouir des éléments radioactifs non loin de la frontière n'est pas passé inaperçu dans le royaume. Marie-Christine Marghem (MR), la ministre fédérale de l'Énergie est sortie de ses gonds.

Alors qu'elle invitait mardi «citoyens, élus, associations, ONG, syndicats à se joindre au gouvernement» à s'opposer au projet de l'État belge d'enfouir des éléments radioactifs à proximité de la frontière, Carole Dieschbourg, la ministre de l'Environnement n'imaginait sans doute pas l'ampleur qu'allaient prendre ses propos. «C'est faux, archi-faux», s'est  insurgée dans un communiqué publié mardi soir Marie-Christine Marghem, son homologue belge en réponse aux allégations de la ministre grand-ducale d'une «procédure qui contreviendrait aux réglementations européennes en la matière».

Contrairement à ce qu'a présenté Carole Dieschbourg, «aucun site de stockage ni de type de roche pouvant accueillir les déchets n'a encore été identifié», souligne la ministre libérale belge. Selon cette dernière qui parle d'un «incident diplomatique sérieux», «l'attaque médiatique unilatérale de la ministre luxembourgeoise est d'autant plus irritante que la partie grand-ducale n'a pas encore approché les décideurs belges responsables dans cette affaire».

Pour Marie-Christine Marghem, «le simple fait de diffuser une carte avec ces supposés sites près de la frontière luxembourgeoise et de parler ensuite d'une éventuelle contamination des eaux souterraines n'est ni plus ni moins qu'une campagne de désinformation nuisible». La ministre belge de l'Énergie a ajouté que la consultation publique sur le dépôt est «à tous égards conforme aux réglementations nationales et européennes».

A noter que la polémique ne revêt pas uniquement un caractère international, puisque plusieurs bourgmestres de communes belges limitrophes concernées sont également montés au créneau. Ainsi, Nicolas Stilmant, bourgmestre Ecolo de la petite entité de Fauvillers, a réagi mardi soir en déclarant: «Je me bats depuis des années pour faire accepter les énergies renouvelables dans notre commune, pour permettre un développement vert, respectueux de la nature. Je défendrai donc les intérêts des Fauvillersois, et des communes environnantes, en m'opposant à ce projet insensé.» Il proposera un avis négatif au conseil communal du 25 mai.


Des déchets nucléaires aux portes du Luxembourg
La ministre de l'Environnement, Carole Dieschbourg, entend mobiliser la population pour s'opposer à un projet de l'Etat belge d'enfouir des éléments radioactifs non loin de la frontière. L'impact environnemental pourrait concerner l'approvisionnement en eau potable.

De son côté, Josy Arens, le bourgmestre cdH d'Attert n'a pas caché son dépit en s'interrogeant: «Comment est-il possible de projeter des décisions aussi importantes sans consulter les pays voisins qui seront concernés? Veut-on tuer l'esprit de l'Europe?»

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