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L’ultimatum de Paul Magnette
Grande Région 3 min. 24.08.2020

L’ultimatum de Paul Magnette

L’ultimatum de Paul Magnette

Photo : AFP
Grande Région 3 min. 24.08.2020

L’ultimatum de Paul Magnette

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Le socialiste veut renvoyer les Belges aux urnes si aucun accord de gouvernement n’est conclu d'ici le 17 septembre.

De notre correspondant, Max Hellef (Bruxelles) – Les Belges retourneront-ils voter dans un peu plus de deux mois? Oui, si l’on en croit Paul Magnette. Le président du Parti socialiste qui a jeté récemment l'éponge en tant que préformateur, menace : « Si l'on n'a rien pour le 17 septembre, on compte 40 jours, et le scrutin aurait lieu fin octobre-début novembre ».

Ces quelques mots donnent une idée du climat empoisonné dans lequel se sont enfoncées les négociations censées mener à la formation du prochain gouvernement fédéral.  Ni le nationaliste flamand Bart De Wever ni le socialiste francophone Paul Magnette, qui semblaient proches de mettre enfin sur pied une coalition dotée d’une majorité parlementaire, n’ont apprécié d’être torpillés par l’alliance subite des Verts et des libéraux.


(FILES) In this file photo taken on April 24, 2018 King Philippe of Belgium speaks during the opening session of the 72nd High-level Meeting on Peacebuilding and Sustaining Peace at United Nations Headquarters in New York. - Belgium's King Philippe expressed his "deepest regrets" for the harm done during Belgian colonial rule in DR Congo, in a first for his country. "I want to express my deepest regrets for these wounds of the past whose pain is reawakened today by the discrimination still present in our societies," Philippe said on June 30, 2020, in a letter to DR Congo President Felix Tshisekedi to mark the country's 60th independence anniversary. (Photo by HECTOR RETAMAL / AFP)
Le roi Philippe missionne Egbert Lachaert
Après avoir accepté la démission du duo Bart De Wever - Paul Magnette, le souverain belge a chargé ce mardi le président de l'Open-VLD de chercher à constituer une nouvelle majorité fédérale. Celui-ci devra faire rapport au roi le 28 août

Depuis, c’est la guerre. Selon la presse flamande, la rencontre qui vient de mettre en présence Bart De Wever et le libéral flamand Egbert Lachaert (investi à son tour de la mission royale de rapprocher les partis) n’a duré qu’une dizaine de minutes et a été glaciale. Quant à Paul Magnette, il a fait part de son ras-le-bol lors d’un facebook live durant lequel il a fixé la fin des négociations au 17 septembre.

C’est en effet le 17 septembre que la Première ministre Sophie Wilmès demandera de nouveau la confiance à la Chambre. Sans l’appui de l’opposition, elle n’aura théoriquement d’autre choix que de démissionner. En affaires courantes depuis quinze mois, le très minoritaire gouvernement Wilmès (38 députés sur 150) a pu compter jusqu'ici sur une paix des braves pour traverser la crise du coronavirus. Mais cette trêve s’achève. « Il reste un mois  pour trouver une solution. Il faut tout donner »,  scande Magnette. Ce délai passé, les Belges devront revoter.

Un mécanisme automatique même s'il y a échec des négociations

Sauf retournement de taille, on voit toutefois mal comment une coalition pourrait émerger dans les prochaines semaines. Qu’elles s’appellent Vivaldi, Arc-en-Ciel ou Suédoise, les différentes formules tentées par les missionnaires royaux successifs ont échoué en raison des réticences de certains partis.  Parmi ceux-ci, le CD&V chrétien-démocrate flamand refuse toujours de se «déscotcher» de la N-VA. Il voit dans la présence des nationalistes de Bart De Wever l’assurance qu’une majorité de Flamands sera représentée dans le futur gouvernement.


Belgian Socialist Party (PS) chairman Paul Magnette talks to journalists after a meeting of the party on February 2020, in Brussels. (Photo by THIERRY ROGE / BELGA / AFP) / Belgium OUT
Le PS de Paul Magnette serait prêt à négocier
La perspective de nouvelles élections s’éloignant, les socialistes n’auraient d’autre choix que de composer avec la N-VA de Bart De Wever.

Dans le journal Krant van West Vlaanderen, la chrétienne-démocrate Hilde Crevits botte en touche. Pas question pour elle de retourner aux urnes. « Trop de politiciens sont coincés en mode campagne. Mais nous devons être clairs : si nous ne travaillons plus ensemble, ce pays ne survivra pas », prévient-elle. Elle demande que soit inscrit dans la Constitution un mécanisme qui permettrait de facto la mise en place d’un gouvernement si un échec des négociations entre partis était constaté six mois après les élections.

En réalité, les chrétiens-démocrates filent doux. Bart De Wever leur promet une guerre nucléaire au gouvernement flamand - où ils sont associés aux nationalistes et aux libéraux - s’ils venaient à entrer dans une coalition fédérale dont la N-VA serait absente.

Entre deux échanges d’amabilités, on comprend encore que la N-VA et le PS s’étaient accordés avant de jeter l'éponge le 14 août dernier sur un agenda des négociations censé conduire à un « accord de gouvernement solide » et « équilibré ». Il y était question de relever les bas salaires et les petites pensions, d’alléger la pression fiscale, de durcir la politique migratoire, mais aussi de prolonger le recours au nucléaire. Sans oublier l’institutionnel, Paul Magnette rejoignant Bart De Wever dans l'idée qu'«il faut remettre de l’ordre dans le fonctionnement de la Belgique ».

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