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L'agglomération des 3 frontières mise sur la mobilité douce
Grande Région 5 min. 16.09.2022
Entre Luxembourg, France et Belgique

L'agglomération des 3 frontières mise sur la mobilité douce

Les partenaires du projet "Mobilité douce 3 Frontières" ce vendredi matin devant la gare de Longwy pour faire la promotion du réseau de 27 km entre trois pays et six gares.
Entre Luxembourg, France et Belgique

L'agglomération des 3 frontières mise sur la mobilité douce

Les partenaires du projet "Mobilité douce 3 Frontières" ce vendredi matin devant la gare de Longwy pour faire la promotion du réseau de 27 km entre trois pays et six gares.
Photo : DR/Grand Longwy
Grande Région 5 min. 16.09.2022
Entre Luxembourg, France et Belgique

L'agglomération des 3 frontières mise sur la mobilité douce

Pascal MITTELBERGER
Pascal MITTELBERGER
Engagé en 2017 dans le cadre d'un projet transfrontalier et européen, l'aménagement d'un réseau de pistes cyclables en site propre à la frontière entre Luxembourg, France et Belgique touche à sa fin. Six gares sont ainsi reliées.

A l'heure où le nombre de travailleurs frontaliers continue d'augmenter et où le réseau routier et autoroutier sature aux heures de pointe, les projets, de différentes envergures, se multiplient pour faciliter l'intermodalité. La combinaison de la voiture, des transports en commun, de la marche ou du vélo est devenue un mantra pour réduire l'empreinte carbone.


A Longwy, la gare s'aménage pour les frontaliers
En un an et demi de travaux, le parvis de la gare longovicienne a fait peau neuve. Une réorganisation de l'infrastructure qui sera complétée par la création d'un P+R de 600 places.

Encore faut-il des équipements et infrastructures adaptées pour favoriser cette mobilité douce et convaincre de l'adopter. Par exemple, qui voudrait pédaler de son domicile jusqu'à une gare sur un axe emprunté par des milliers de véhicules, avec le risque que cela représente ?

Un réseau de 27 km entre trois pays

Pour offrir une solution «verte» et sécurisée à leurs habitants, les collectivités des Trois Frontières, aux confins du Luxembourg, et la Belgique et de la France ont uni leurs forces pour mettre sur pied un programme commun, baptisé «Mobilité douce 3 frontières». L'enveloppe totale est de 8,3 millions d'euros dont 3,4 millions d'euros de fonds européens (programme Interreg). 

Ce projet consiste à relier les noyaux urbains et surtout les différentes gares de cette zone transfrontalière. «Cela part d'une demande de la population, et c'est aussi une nécessité. 22.000 véhicules par jour empruntent la route départementale 618 et le giratoire des Trois frontières à Mont-Saint-Martin. On a une forme de thrombose. Par exemple, l'après-midi à partir de 14 ou 15h, en venant de Pétange et Rodange, on ne circule plus», explique Serge de Carli, maire de Mont-Saint-Martin et président de la communauté d'agglomération du Grand Longwy.

Un «travail partenarial» a donc été engagé, avec comme acteurs le Grand Longwy, les communes d'Aubange, Messancy et Pétange, ainsi que l'intercommunale Idelux projets publics. Et en 2017 a été lancé la construction d'un réseau de voies cyclables et pédestres, à 90% en site propre. Près de 27 km pour relier les communes et les gares entre elles. 

On partait parfois de zéro pour créer les pistes en site propre, le long des voies ferrées par exemple.

Audrey Robert, cheffe de projet Idelux projets publics

Avec les contraintes et retards liés à la crise sanitaire, le calendrier des travaux a été décalé d'une année. Mais le projet touche à sa fin. «Plus de 20 km sont bouclés, il reste quelques kilomètres à réaliser du côté d'Aubange, et aussi la passerelle au point des trois frontières», explique Audrey Robert. La cheffe de projet chez Idelux travaux publics souligne «un travail de longue haleine. On partait parfois de zéro pour créer les pistes en site propre, le long des voies ferrées par exemple». 

A 20 minutes maximum d'une gare

L'objectif final du projet est de relier six gares de l'agglomération des trois frontières : Longwy, Messancy, Athus, Rodange (en passant par le nouveau P+R), Lamadelaine et Pétange. La promesse est qu'un habitant puisse rejoindre une de ces gares depuis son domicile en moins de 20 minutes à vélo.

A chacun de ces lieux, des abris pour bicyclettes et des bornes de recharge pour vélo à assistance électrique (dans des box individuels) doivent voir le jour. «Les commandes ont été lancées il y a deux mois, l'achèvement est prévu pour la fin de l'année», précise Audrey Robert. 


Die Arbeiten rund um den Umbau des Bahnhofes verlaufen bisher nach Zeitplan, so die Bahngesellschaft CFL.
La gare de Rodange poursuit son lifting
Les 151 millions d'euros d'investissements prévus sur le site permettront d’accroître les capacités passagers et fret mais aussi de faciliter la vie des usagers arrivant sur place en voiture.

Ce vendredi 16 septembre, en fin de matinée, les différents partenaires du projet étaient réunis devant la gare de Longwy. En effet, dans le cadre de la Semaine européenne de la mobilité, l'objectif est de faire connaître ce réseau de 27 km et de sensibiliser les usagers.

D'autres rendez-vous sont prévus, par exemple samedi devant la gare de Messancy ou au P+R de Rodange. Mercredi après-midi (21 septembre), sur la place Darche à Longwy-Haut, seront également inaugurés les vélos en libre service du Smitral, le syndicat des transports du Grand Longwy.

La mobilité douce, une nécessité accrue

Et alors que ce réseau de mobilité douce n'est pas tout à fait achevé, les partenaires se projettent déjà. «Nous réfléchissons à une extension», indique Audrey Robert, tandis que la président de l'intercommunale Idelux projets publics, Séverine Pierret, loue «l'importance de travailler sur ce projet transfrontalier, car la mobilité est devenue un enjeu crucial».

Il est vrai que depuis 2017, entre l'afflux de nouveaux travailleurs frontaliers et les impératifs environnementaux accrus, la nécessité de ce type d'initiatives s'est considérablement accélérée. 

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