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L'«absence de main-d'oeuvre» menace le Luxembourg belge
Grande Région 2 min. 30.09.2019 Cet article est archivé

L'«absence de main-d'oeuvre» menace le Luxembourg belge

Philippe Ledent ne panique pas mais il est temps de prendre en compte ce risque dès maintenant.

L'«absence de main-d'oeuvre» menace le Luxembourg belge

Philippe Ledent ne panique pas mais il est temps de prendre en compte ce risque dès maintenant.
Photo: Nadia Lallement
Grande Région 2 min. 30.09.2019 Cet article est archivé

L'«absence de main-d'oeuvre» menace le Luxembourg belge

D'ici 2040, Arlon et ses environs pourraient connaître une pénurie de travailleurs selon Philippe Ledent, représentant du patronat en province de Luxembourg. L'attractivité du Luxembourg et la baisse d'intérêt des travailleurs français expliquent ce constat.

(ER) - «Le personnel disponible se raréfie». Le constat posé par Philippe Ledent vice-président de l'UCM Luxembourg sonne comme un appel à l'aide à destination des décideurs politiques, que ce soit à l'échelle provinciale, régionale voire fédérale.   

Dans un entretien accordé ce lundi à La Meuse, le représentant du patronat estime que les indépendants et les dirigeants des PME n'ont plus la main sur leur recrutement. Avec un taux de chômage inférieur à 8%, contre 13% en 2007,  Philippe Ledent estime que «l'employé retrouve un certain pouvoir de négociation», puisque l'offre d'emploi dans la province est plus importante que la demande. 


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Une problématique qui s'ajoute à l'attractivité du Grand-Duché, qui employait plus de 16.300 frontaliers dans la zone comprise entre Attert et Aubange. «30 % du réservoir de travailleurs régionaux passent la frontière», analyse Philippe Ledent qui n'évoque pas les retombées économiques pour la province de ces travailleurs frontaliers.

Si par le passé, l'arrivée de salariés français pouvaient compenser cet exode, «ce n'est plus le cas» à l'heure actuelle estime le lobbyiste patronal. Et ce dernier de regretter que le Luxembourg belge, au même titre que la Wallonie, offre des «conditions qui deviennent de moins en moins avantageuses». Conséquence directe selon lui, «d'ici 2040, nous n'aurons plus assez de travailleurs pour répondre à la demande des entreprises locales». 

Réorganisation du travail

Pour tenter d'inverser la tendance, Philippe Ledent n'avance aucun élément concret mais propose quelques pistes de réflexion. «Il faut pouvoir proposer des projets dans lesquels le salarié se sent pleinement impliqué. Il doit avoir envie de travailler.» Une carrière évolutive en quelque sorte qui passe notamment par des formations en interne ou permanentes.


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L'idée de nouvelles organisations du travail apparaît comme des options crédibles à l'image du prêt de travailleurs entre entreprises d'un même secteur, le recours à des personnes handicapées comme support ou encore l'immigration sélective. «Le Luxembourg prospecte déjà dans ce sens», en référence à l'assouplissement des conditions d'accès au marché de l'emploi pour la place financière ou celui de l'ICT. 

Selon l'UCM, près de 5.000 emplois seraient disponibles à l'heure actuelle dans la province de Luxembourg dans des domaines aussi variés que l'Horeca, la grande distribution, les transports, la construction ou encore le milieu hospitalier.  






  


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