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Ferrero s'excuse et brise le silence sur le scandale sanitaire
Grande Région 4 min. 27.05.2022
Une perte de 40% du chiffre d'affaires

Ferrero s'excuse et brise le silence sur le scandale sanitaire

La contamination proviendrait d'un filtre situé dans une cuve à beurre laitier de l'usine d'Arlon, selon le directeur général.
Une perte de 40% du chiffre d'affaires

Ferrero s'excuse et brise le silence sur le scandale sanitaire

La contamination proviendrait d'un filtre situé dans une cuve à beurre laitier de l'usine d'Arlon, selon le directeur général.
Photo: AFP
Grande Région 4 min. 27.05.2022
Une perte de 40% du chiffre d'affaires

Ferrero s'excuse et brise le silence sur le scandale sanitaire

Simon MARTIN
Simon MARTIN
Le directeur général de Ferrero en France est revenu en détail sur ce qu'il qualifie lui-même du plus gros rappel de produits de ces 20 dernières années.

(Avec AFP) L'un des plus gros scandales sanitaires de ces dernières années trouve son épicentre à deux pas de la frontière luxembourgeoise, à Arlon (Belgique). C'est en effet dans l'usine arlonaise, Ferrero Ardennes, que des salmonelles avait été détectées. Ces bactéries ont ainsi provoqué plusieurs foyers de salmonelloses, et ce, dans de multiples pays européens, occasionnant un rappel massif des produits Kinder produits à Arlon. Mi-avril, 150 cas de salmonellose avaient ainsi été répertoriés dans neuf pays européens, dont 81 cas en France et deux au Luxembourg, majoritairement chez des enfants de moins de dix ans.


ILLUSTRATION - 24.11.2016, Berlin: ARCHIV - Drei Überraschungseier der Firma Ferrero liegen auf einem Tisch. (zu dpa: «Nach Salmonellen-Fällen: Ferrero rechnet mit Einbußen an Ostern») Foto: Monika Skolimowska/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
150 cas de salmonellose liés à l'usine Kinder
Selon l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), 150 cas de salmonellose sont liés au «foyer épidémique» de l'usine Kinder en Belgique.

Le 8 avril dernier, l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) retirait au site, qui emploie une majorité de travailleurs frontaliers français, son autorisation de production. Depuis lors, la production est à l'arrêt, malgré d'intenses travaux de nettoyage qui sont actuellement effectués afin de rouvrir le site le mois prochain.

Aujourd'hui, c'est Nicolas Neykov, le directeur général de Ferrero en France qui a pris la parole pour s'excuser et livrer sa propre vérité des événements qui secouent présentement le géant italien du chocolat. Ce dernier est dans un premier temps revenu sur les millions de produits Kinder rappelés et sur l'impact financier que cela incombe. «Plus de 3.000 tonnes ont été retirées du marché en France avec un impact financier de plusieurs dizaines de millions d'euros», a annoncé Nicolas Neykov au Parisien. Ainsi, le scandale sanitaire aurait causé la perte de «40% du chiffre d'affaires» sur la période de Pâques pour le groupe.

L'origine des bactéries

La question légitime que tout le monde se pose est toutefois de savoir comment cela a pu arriver. Une enquête, lancée dans un premier temps par le Parquet du Luxembourg puis reprise par le Parquet fédéral belge, permettra d'éclaircir les circonstances exactes de cette catastrophe. Cependant, le directeur général est revenu sur les éléments en sa possession. «D'après nos enquêtes, la contamination proviendrait d'un filtre situé dans une cuve à beurre laitier de l'usine d'Arlon et aurait été provoquée soit par des matières premières contaminées, soit par des personnes», dit-il.


Das Bakterium Salmonella Typhimurium soll im Dezember 2021 in einem Buttermilch-Tank in Arlon entdeckt worden sein.
Un second cas de salmonellose lié à Ferrero au Grand-Duché
La ministre de la Santé a confirmé un second cas de salmonellose lié au scandale sanitaire de Ferrero au Grand-Duché de Luxembourg. D'autres cas suspects se poursuivent.

Cela dit, rappelons que le groupe Ferrero avait indiqué que la contamination avait été découverte sur le site le 15 décembre, soit plusieurs mois avant l'éclatement du scandale. Mais Nicolas Neykov se défend de toute imprudence à ce sujet. «Le 15 décembre, on arrête toutes les lignes de production, on ferme l'usine, on jette ce qui a été fabriqué. La totalité de nos tests réalisés les jours suivants sont négatifs, ce qui nous permet alors de rouvrir l'usine», explique-t-il. «À ce moment-là, on est absolument certain qu'aucun produit contaminé n'a été mis sur le marché. Que s'est-il passé après? L'enquête le dira».

Le directeur général a d'ailleurs expliqué que «ce n'est que le 2 avril, que les autorités anglaises établissent une correspondance statistique avec la consommation de Kinder surprise», poussant le groupe à rappeler ses produits en Grande-Bretagne puis en France le lendemain.

Le groupe veut être transparent

Ferrero souhaite désormais jouer la carte de la transparence. La marque estime que «60% des consommateurs n'ont plus confiance». «Cette crise nous fait mal au cœur. Il s'agit du plus gros rappel de produits de ces 20 dernières années. Et il concerne la marque préférée des Français».

Dans cette démarche de transparence, le directeur général a, au cours de son interview au Parisien, annoncé que, dorénavant, 50% des contrôles sanitaires seraient «réalisés par un laboratoire extérieur homologué» alors que pour l'heure tout reposait sur un système d'auto-contrôle interne.  


47 rappels de produits depuis le début de l'année au Luxembourg
Suite aux récents scandales sanitaires, nous avons donné la parole au commissariat du gouvernement à la qualité, à la fraude et à la sécurité alimentaire qui fait part d'une situation «exceptionnelle».

On apprend d'ailleurs que le groupe a reçu plus de 150.000 demandes de dédommagement et 90% de ces demandes ont été «satisfaites», sous forme de bons de réduction sur n'importe quel produit alimentaire ou de bons d'achat Kinder, ce qui représente un coût de moins de deux millions d'euros pour le groupe.

Comme nous vous l'expliquions il y a quelques jours, Ferrero souhaite désormais faire table rase et relancer les lignes de production. Le groupe a demandé la réouverture de son usine belge dès le 13 juin. En effet, 1.000 salariés de l'usine travaillent sept jours sur sept à sa réouverture. «10.000 pièces vont être démontées et nettoyées une par une», précise encore le directeur général, tout en réitérant ses excuses et en reconnaissant des défaillances.

Sur le plan judiciaire, l'association de défense des consommateurs Foodwatch France avait annoncé le 19 mai le dépôt d'une plainte à Paris après les contaminations des chocolats Kinder. Elle en a déposé simultanément une autre contre le groupe Nestlé et sa gamme de pizzas Fraîch'Up, contaminées à la bactérie Escherichia coli.

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