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Face à l'appétit d'Amazon, l'espoir de la vague verte
Grande Région 3 min. 31.07.2020

Face à l'appétit d'Amazon, l'espoir de la vague verte

Face à l'appétit d'Amazon, l'espoir de la vague verte

Photo: AFP
Grande Région 3 min. 31.07.2020

Face à l'appétit d'Amazon, l'espoir de la vague verte

De Metz à Belfort, les projets d'entrepôts se multiplient dans le nord-est de la France. Mais leurs opposants brandissent le nom du géant américain comme un épouvantail et misent sur le renouveau des dernières élections municipales pour leur faire obstacle.

(ASdN avec AFP) - Quelque 185.000 m2 sur une ancienne base aérienne près de Metz, 76.000 m2 sur une autre près de Belfort, 150.000 m2 à Dambach-la-Ville (Bas-Rhin), 190.000 m2 à Ensisheim (Haut-Rhin). Derrière ces projets de plate-formes logistiques se cache toutefois un acteur unique, Amazon.

Le géant américain du commerce en ligne est habitué à avancer masqué, en imposant des «clauses de confidentialité drastiques». «Amazon ne communique pas tant que les projets ne sont pas aboutis et purgés de tout recours», comme c'est le cas pour le centre qui sort de terre près de Metz, explique-t-elle. 


Amazon boxes are seen stacked for delivery in the Manhattan borough of New York City, January 29, 2016.    REUTERS/Mike Segar/File Photo
«Les élus nous imposent Amazon»
D'ici 2021, le géant américain de l'e-commerce devrait posséder une base logistique de 185.000 m² aux portes de Metz. Un collectif de riverains s'oppose à ce projet à l'impact jugé trop négatif et échangeront avec les décideurs politiques ce mardi soir.

Contactée par l'AFP, la société n'a effectivement pas confirmé les projets de nouveaux entrepôts. «France Nature Environnement» et les «Amis de la Terre» ont déposé la semaine dernière un recours contre le permis de construire de la plate-forme prévue près de Belfort, dénonçant entre autres «l'artificialisation d'une zone humide de 13 hectares». 

Crainte d'un «hub»

A Ensisheim, les opposants promettent également d'attaquer le permis de construire, tandis qu'à Dambach, où une décision de la communauté de communes pourrait intervenir à l'automne, ils viennent de présenter des propositions alternatives face au «chantage à l'emploi» d'Amazon. 

Ballet incessant de camions, incitation à «surconsommer des produits manufacturés sur d'autres continents» au détriment du commerce local, précarité des emplois, évasion fiscale: les critiques à l'encontre de la multinationale de Jeff Bezos sont récurrentes. Dans le nord-est s'y ajoute la crainte de voir Amazon y implanter son «hub» pour l'ouest de l'Europe. 

«L'Alsace est en train de devenir un couloir à camions du fait du GCO (le Grand Contournement Ouest, autoroute en cours de construction pour désengorger Strasbourg, NDLR). Amazon est intéressé par les autoroutes et la présence de deux aéroports, Bâle-Mulhouse et Strasbourg», s'inquiète Pascal Lacombe, du collectif le Chaudron des alternatives. 

Favorables à un moratoire

Une implantation dans ces régions frontalières pourrait permettre à Amazon de livrer l'ouest de l'Allemagne et la Suisse, alors qu'outre-Rhin les plates-formes logistiques se situent plutôt à l'est et que la Suisse privilégie le ferroutage pour le transport de marchandises. 


(FILES) In this file illustration picture taken on April 20, 2018 in Paris shows apps for Google, Amazon, Facebook, Apple (GAFA) and the reflexion of a binary code displayed on a tablet screen. - Big Tech, its hands full with antitrust probes and complaints growing from activists and politicians, turns its attention to quarterly earnings in the coming days expected to show the growing power of Silicon Valley giants. (Photo by Lionel BONAVENTURE / AFP)
Les géants de la tech sous le feu des projecteurs politiques
Les patrons de Google, Facebook, Amazon et Apple, quatre entreprises qui dominent largement l'internet mondial, seront ce mercredi face à la Chambre des représentants. Les élus sont remontés contre cette toute puissance qui leur échappe.

L’entreprise insiste sur ses efforts pour réduire son empreinte au sol, grâce à l’installation de certains sites sur des friches et au recours à des mezzanines, ainsi que sur son engagement à atteindre «zéro émissions carbone» en 2040. «Lorsque vous comparez l’empreinte carbone de l’e-commerce avec celle du commerce traditionnel, vous vous rendez compte que la logistique de l’e-commerce est plus vertueuse», assure une porte-parole.

Pourtant, la vague verte qui a emporté des grandes villes françaises, dont Strasbourg, aux municipales, et l’arrivée au ministère de la Transition écologique de Barbara Pompili, favorable à un moratoire sur les entrepôts de commerce en ligne, donnent de l’espoir aux opposants. «Si on dit moratoire sur les zones commerciales, il faut dire moratoire sur les entrepôts, sinon on va encore accentuer les distorsions de concurrence», insiste Alma Dufour.  Selon la Fédération du e-commerce, ce secteur représentait en 2019 9,8 % du commerce de détail en France.

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