Changer d'édition

Doel 3 ou le nucléaire à l'arrêt
Grande Région 3 min. 25.09.2022
Belgique

Doel 3 ou le nucléaire à l'arrêt

Vendredi, le site nucléaire de Doel 3 s'est définitivement éteint.
Belgique

Doel 3 ou le nucléaire à l'arrêt

Vendredi, le site nucléaire de Doel 3 s'est définitivement éteint.
Photo: AFP
Grande Région 3 min. 25.09.2022
Belgique

Doel 3 ou le nucléaire à l'arrêt

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Le gouvernement De Croo n’a toutefois pas renoncé au nucléaire et s’interroge sur la prolongation d'autres réacteurs.

Le suspense aura été omniprésent. Mais à 21h31, vendredi, le réacteur nucléaire Doel 3 a été débranché de manière définitive après quarante ans d'activité. Doel 3 éteint, la Belgique compte encore six réacteurs, trois en Flandre (Anvers) et trois en Wallonie (Huy).


A windmill is seen near the Doel nuclear plant in northern Belgium August 22, 2012. GDF Suez's Belgian unit, Electrabel, will find it difficult to prove its Doel 3 nuclear reactor is safe enough to operate, Belgian regulator FANC said lsat week, raising the prospect that the 30-year-old unit could stay shut for good. REUTERS/Francois Lenoir (BELGIUM - Tags: BUSINESS ENERGY ENVIRONMENT)
Nouvelles surenchères autour du nucléaire belge
Le maintien en activité d’un troisième réacteur au-delà de 2025 est présenté comme une option réaliste.

Doel 3 est l'un des deux réacteurs qui, au cours de la décennie précédente, avaient dû être fermés pendant trois ans – l'autre étant Tihange 2. Des «microfissures» avaient été découvertes dans les parois en acier des cuves. Après études et travaux, ils avaient été autorisés à redémarrer.

En dépit de son grand âge et des avaries décrites, ce paquebot nucléaire s'est trouvé des défenseurs jusqu’au bout. À la mi-septembre, la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden avait ainsi demandé d'étudier la possibilité du report des travaux préparatoires au démantèlement de Doel 3. Elle expliquait : «En ces temps incertains, nous devons être attentifs à notre approvisionnement énergétique. C'est pourquoi j'ai demandé à l’Agence fédérale de contrôle nucléaire de déterminer si les préparatifs du démantèlement de Doel 3 peuvent être reportés en toute sécurité.»

Le nucléaire est une chimère du passé

Georges Gilkinet (Ecolo)

Mais le sauvetage in extremis de Doel 3 n'a pas eu lieu. Avec le démantèlement de ce réacteur, la Belgique met partiellement en application une loi votée en 2003, laquelle prévoit la sortie du nucléaire en 2025, moyennant certaines conditions, dont la sécurité de l'approvisionnement énergétique du pays et une offre en électricité à un prix abordable pour les ménages et les entreprises.

La Belgique ne renonce pas au nucléaire

La fermeture de Doel 3 ne signifie toutefois pas que le pays a renoncé au nucléaire. Bien au contraire. La guerre en Ukraine et la crise énergétique qu'elle a engendrée ont sauvé la mise aux deux réacteurs les plus récents - Tihange 3 et Doel 4. Ils sont prolongés jusqu’en 2035.

Et ce n'est pas tout. Au sein du gouvernement fédéral du Premier ministre Alexander De Croo, la discussion va bon train sur l’opportunité de garder en activité d’autres réacteurs. Un troisième? Cinq réacteurs? Et même tous les réacteurs, propose l'ex-ministre de l’Energie, la libérale Marie-Christine Marghem qui avait pourtant confirmé en 2015 le calendrier complet de sortie du nucléaire.

Les Verts isolés

En pointe sur ce dossier, les libéraux francophones ne cachent pas qu'ils attendent les élections de 2024 pour renvoyer leurs partenaires écologistes dans l'opposition et redonner vigueur au nucléaire. Cette tactique pourrait se révéler payante : après des années de progression, les écolos chutent aujourd'hui dans les sondages. Ils sont clairement victimes de leur opposition au nucléaire. D’autres partis de la coalition Vivaldi d’Alexander De Croo se sont au contraire rangés de manière plus franche ces derniers mois du côté de l’atome… et de l'opposition pronucléaire.

Les Verts sont donc isolés. Mais pour l'instant, ils peuvent porter la mort de Doel 3 en triomphe. Georges Gilkinet, l'un des hommes forts d'Ecolo, déclare ainsi que «le nucléaire est une chimère du passé».


Le gouvernement belge doit prendre une décision sur l'avenir du nucléaire dans le pays dans deux mois.
Les Verts belges digèrent mal la crise
Socialistes et libéraux apparaissent comme des partis refuges dans un grand sondage politique qui pointe la dégringolade des écologistes.

Ce passé, il faudra du temps pour s’en débarrasser. Sur les berges de l'Escaut,  le démantèlement de Doel 3 va en effet prendre entre 17 et 19 ans. Débranchement des câbles, refroidissement des éléments combustibles stockés dans des conteneurs spéciaux voués à être enterrés, décontamination de la centrale… La seule phase d’arrêt durera cinq ans. Puis il faudra découper les parties internes du réacteur, ce qui prendra 10 à 12 ans. Les bâtiments seront enfin démolis. Dont coût : un milliard d’euros.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Sondage sur les partis politiques
Socialistes et libéraux apparaissent comme des partis refuges dans un grand sondage politique qui pointe la dégringolade des écologistes.
Le gouvernement belge doit prendre une décision sur l'avenir du nucléaire dans le pays dans deux mois.