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Di Rupo ferme la porte aux «zones franches»
Grande Région 3 min. 22.06.2020

Di Rupo ferme la porte aux «zones franches»

Elio Di Rupo espère rencontrer prochainement ses homologues de la Grande Région.

Di Rupo ferme la porte aux «zones franches»

Elio Di Rupo espère rencontrer prochainement ses homologues de la Grande Région.
Photo: Reuters
Grande Région 3 min. 22.06.2020

Di Rupo ferme la porte aux «zones franches»

Mobilité, fiscalité mais aussi environnement, le Ministre-Président wallon évoque sa vision de la Grande Région. Une entité qui été frappée par la crise du covid-19 mais qui souffre aussi du manque de dialogue entre ses différentes composantes.

(ER) - Dans un entretien accordé à nos confrères de La Meuse pour aborder la  Grande Région, dont il est le ministre depuis le mois de février, Elio Di Rupo a notamment évoqué les limites montrées par cette coopération entre la Belgique, la France, l'Allemagne et le Luxembourg durant la pandémie.

«La fermeture des frontières a montré la fragilité de l'Europe. On avait oublié l'existence de celle-ci. J'ai beaucoup insisté pour que les gens puissent retourner faire leurs courses et surtout voir leur famille. La concertation était facile avec le Luxembourg, c'était par contre beaucoup plus compliqué avec les Français qui se montraient très restrictifs», a reconnu le Ministre-Président wallon. 


Lokales, Deutsche Grenzkontrollen, Worlmeldange, Coronavirus, Covid-19, Foto: Chris Karaba/Luxemburger Wort
La Grande Région, victime collatérale du coronavirus ?
Si depuis le début de la crise certaines actions communes ont été menées, d'autres l'ont été de manière unilatérale, regrette le Conseil syndical interrégional de la Grande Région. Une occasion manquée de donner un nouveau souffle à une entité où vivent quelque 12 millions de personnes.

Au cours de l'entretien, le télétravail et les soucis de mobilité ont été abordés. Si le Montois s'est dit favorable au travail à domicile, après l'expérience vécue durant la pandémie, il a insisté aussi sur l'importance de «chercher une solution structurelle et stable dans le temps sur la manière de fiscaliser le travail». Pour rappel, les frontaliers belges ne peuvent pas travailler plus de 24 jours hors du Grand-Duché sinon, ils passent sous le régime fiscal belge.

L'ancien Premier ministre a tout même évoqué l'idée de «pouvoir généraliser le télétravail 2-3 jours par mois» avant d'annoncer qu'il allait prendre contact avec le département des affaires sociales pour engager des discussions. 

La ligne Bruxelles-Luxembourg vieillissante  

Quant à la mobilité, autre thématique importante qui touche plus de 47.000 frontaliers venant de Belgique, Elio Di Rupo estime que la bande de covoiturage sur la E411 «doit continuer de l'autre côté de la frontière». 

Si les automobilistes souffrent du trafic, les habitués du rail ne sont pas mieux lotis. Le n°1 wallon a reconnu que les chemins de fer belges présentaient quelques faiblesses: «La ligne Bruxelles-Arlon-Luxembourg a besoin de travaux. Ceux-ci coûtent malheureusement une fortune.» 


Pour Philippe Ledent, il est impératif de «tenir compte du développement accéléré du Luxembourg et de son impact sur les régions voisines»
«Ne pas rester dans l'ombre du Luxembourg»
Philippe Ledent est favorable à la création d'une «zone de développement frontalier» entre la Belgique et le Luxembourg. Dans cette optique, le président de l'Union des classes moyennes de la province de Luxembourg (UCM-Lux) souligne «l'urgence» d'une «concertation bilatérale».

S'il n'a pas été en mesure de donner quelques pistes de réflexion pour solutionner ce problème, l'ancien bourgmestre de Mons a été plus clair à propos des zones franches. «Un système impossible à mettre en place», reconnaît-il. «Si certaines communes reçoivent des avantages, on va déplacer le problème dans nos frontières.»

Enfin, si la dernière consultation de l'Organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies concernant l'enfouissement des déchets nucléaires en province de Luxembourg, a suscité de nombreuses réactions au Grand-Duché, Elio Di Rupo a reconnu que «les échanges pourraient être améliorés», il attend d'ailleurs une séance «physique» avec ses collègues de la Grande Région. 

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