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Des taux de PCB inquiétants en Wallonie
Grande Région 3 min. 10.02.2020

Des taux de PCB inquiétants en Wallonie

La destruction des vieilles voitures entraînerait une pollution de l'air autour des sites de broyage.

Des taux de PCB inquiétants en Wallonie

La destruction des vieilles voitures entraînerait une pollution de l'air autour des sites de broyage.
Photo : Shutterstock
Grande Région 3 min. 10.02.2020

Des taux de PCB inquiétants en Wallonie

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Les autorités s’intéressent de près à des broyeurs de métaux à l’origine d’une pollution particulièrement sévère. Elle durerait depuis de longues années. L'un de ces équipements se situe à Aubange.

De notre correspondant, Max Helleff (Bruxelles) - Ce pourrait être la dernière histoire belge, si elle était risible. Selon un rapport établi  par le service de toxicologie de l’hôpital universitaire de Liège, certaines usines wallonnes spécialisées dans le recyclage des voitures seraient la source d’une… pollution extrêmement dangereuse.

En cause : les broyeurs à métaux. Ces machines qui réduisent les épaves de nos voitures en bouillie métallique relâcheraient plusieurs variantes de PCB, nichées le plus souvent dans les composants électroniques. Des PCB «tous dangereusement toxiques à plusieurs degrés, dont ceux de «type dioxine» réputés cancérogènes, explique Le Soir

On nous a conseillé de ne plus manger nos légumes ni les œufs de nos poules

Ces polluants représentent autant de perturbateurs endocriniens, susceptibles de dérégler les processus hormonaux et d’entraîner notamment la stérilité. Selon le rapport de l’ULiège, «la principale voie d’exposition à ces substances est l’ingestion de poussière contaminée».

Le problème est que cette pollution ne reste pas cantonnée au site d’exploitation : elle se retrouve également «dans les retombées atmosphériques de l’environnement proche». Ainsi, les PCB auraient durablement pollué les alentours d’une entreprise sise à Courcelles, dans le Hainaut. «On nous a conseillé de ne plus manger nos légumes ni les œufs de nos poules et de jardiner avec des gants en attendant que les résultats d’analyses complémentaires soient connus», affirme un riverain.


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De leur côté, les autorités wallonnes ont demandé «une analyse complète du problème en incluant le volet scientifique et juridique». Des mesures rapides devraient suivre, promet le ministère régional de l’Environnement.

 Six broyeurs à mitraille sont en activité en Wallonie, dont un à Aubange,  non loin de la frontière luxembourgeoise. Un septième doit démarrer à Namur, au printemps. La crainte est grande de découvrir une pollution d’une ampleur insoupçonnée, certaines unités de recyclage fonctionnant en effet depuis de longues années.

L’Agence fédérale pour la sécurité alimentaire (Afsca) a demandé un avis en procédure rapide à son comité scientifique. L’objectif est de disposer d’une méthode d’analyse indépendante qui n’aurait pas à souffrir des intérêts en présence. Certains riverains craignent en effet que l’affaire ne soit enterrée. Quant à la Confédération belge de la récupération (Coberec), elle s’est tournée vers l’institut de recherche flamand Vito.


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Il y a plusieurs années qu’un bras de fer est engagé entre la Région wallonne et les exploitants des usines de broyage installées sur son territoire. En 2017, des traces de PCB dans les rejets atmosphériques de plusieurs broyeurs à mitraille avaient déjà été détectées. 

Leurs dépassements excédaient largement les valeurs d’émission autorisées. Le ministre de l’Environnement de l’époque, Carlo Di Antonio, avait demandé que des mesures soient prises rapidement.

Délocalisation ou pollution?

Depuis, des limites d’émissions ont été imposées, mais les exploitants des broyeurs sont allés devant le Conseil d’Etat pour demander leur annulation. Ils font en outre valoir le coût important que nécessiterait la mise aux normes de leurs installations. Ils disent craindre la concurrence étrangère, laquelle serait moins regardante sur le respect de l’environnement. L’un d’eux en profite pour affirmer que si sa ferraille n’est plus broyée en Wallonie, elle le sera en Flandre ou en France. Car rien ne vaut une défense pro domo recyclée en chantage à l’emploi pour polluer le politique wallon…


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