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Ces combats qui restent à mener pour les femmes
Grande Région 4 min. 05.03.2021

Ces combats qui restent à mener pour les femmes

Ce lundi 8 mars, des mouvements et associations féministes appellent à la grève, comme en 2020, pour faire valoir les droits des résidentes luxembourgeoises.

Ces combats qui restent à mener pour les femmes

Ce lundi 8 mars, des mouvements et associations féministes appellent à la grève, comme en 2020, pour faire valoir les droits des résidentes luxembourgeoises.
Photo: Gerry Huberty/archive
Grande Région 4 min. 05.03.2021

Ces combats qui restent à mener pour les femmes

Marie DEDEBAN
Marie DEDEBAN
A l'occasion de la journée internationale pour les droits des femmes, retour sur les avancées réalisées au Luxembourg et les progrès qu'il lui reste à faire face à ses voisins de la Grande Région.

Un écart de salaire de 7% avec les hommes, un quart de femmes dans les postes de cadres supérieurs, et plus d'un tiers des femmes à temps partiel. Selon les données du Statec publiées début mars, les résidentes du Luxembourg souffrent encore et toujours de discriminations dans le monde du travail. Pourtant, le pays ne fait pas figure de cancre de l'Union européenne. Du moins, dans certains domaines.

Ainsi, si le salaire moyen au Grand-Duché s'affichait, en 2018, à 65.801 euros pour l'ensemble de la population, il s'élevait à 61.063 euros pour les femmes. Un écart moyen relativement faible par rapport à nos voisins, le pays arrivant sur la deuxième marche du podium des Etats se rapprochant de la parité. Derrière la Roumanie et juste devant la Belgique. Mais très loin devant la France et l'Allemagne où l'écart de rémunération entre les sexes atteint plus de 20%, selon le Statec. 

Concernant l'écart de salaire horaire, le Luxembourg arrive même en première position  en 2019 avec un taux de 1,3% contre 14% pour la moyenne des 27 pays membres, selon l'institut de statistique Eurostat. Mais ce classement flatteur reste à relativiser puisque le principe d'une même rémunération pour un même emploi ne s'applique toujours pas, alors que les résidentes sont globalement plus diplômées. Près de la moitié des femmes (44%) détiennent un diplôme supérieur, contre à peine un tiers (35%) pour les hommes, selon les données les plus récentes du Statec qui précise toutefois de fortes différences dans les métiers exercés entre les sexes. Car les femmes ne sont majoritaires que dans deux secteurs, à savoir les services administratifs et de soutien (54%) et le secteur de la santé (51%). 

Elles ne représentent en revanche que 31% des salariés actifs sur la Place, 25% dans l'administration publique ou 23% dans l'éducation. Des secteurs où les niveaux de rémunération dépassent la moyenne luxembourgeoise. Autre facteur pouvant expliquer l'écart salarial, le recours au temps partiel. En 2018, selon les dernières données de l'OCDE, une femme sur trois au Luxembourg (36%) ne travaillait pas à 100%. Un niveau identique à celui enregistré en Allemagne, pays où l'accès au marché du travail pour les femmes ayant des enfants est compliqué. Pour le Statec, cette tendance constitue «surtout un moyen pour concilier vie familiale et vie professionnelle» pour les femmes de plus de 30 ans.

Une conciliation prise en compte par l'Etat, puisque depuis 2016 le congé parental est censé être mieux réparti entre les membres du foyer. Ainsi, le Luxembourg a adopté la possibilité pour les pères de prendre un congé parental.  Depuis, la pratique explose: en 2020, le nombre de congés parentaux pris par les pères dépasse même celui des mères.

Différentes formes de congés parentaux ont été instaurées par cette loi, justement pour faciliter au mieux la conciliation entre vie privée et vie professionnelle, pour les femmes comme pour les hommes. Une mesure qui doit s'appliquer aux résidents, mais également aux frontaliers, a rappelé en 2020 la Cour européenne à la caisse pour l'avenir des enfants.   

A noter également que la parité est loin d'être la norme en ce qui concerne les postes à responsabilité. Les dernières données de l'OCDE montrent qu'en 2019, un quart des femmes occupent un poste de cadre supérieur, contre un tiers dans les autres pays de la Grande Région. 

Pour mettre en lumière les combats qui restent à mener, la plateforme JIF appelle à manifester dans les rues de Luxembourg à partir de 17h. La première édition, menée en 2020 quelques jours avant le début de l'épidémie Covid, avait rassemblé plus de 2.000 personnes.  

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