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Cattenom passe en mode catastrophe
Grande Région 11 5 min. 02.09.2021
Centrale nucléaire

Cattenom passe en mode catastrophe

Scénario inédit : la centrale n'est plus accessible par la route. Les équipes s'adaptent.
Centrale nucléaire

Cattenom passe en mode catastrophe

Scénario inédit : la centrale n'est plus accessible par la route. Les équipes s'adaptent.
Photo: Steve Remesch
Grande Région 11 5 min. 02.09.2021
Centrale nucléaire

Cattenom passe en mode catastrophe

S'inspirant de l'incident nucléaire de Fukushima, la centrale électrique lorraine est en exercice toute cette semaine. Occasion de mettre en action la Force d'action rapide nucléaire, spécialisée dans la gestion de ce type de scénario

(pj avec Steve REMESCH) - Il n'y a pas que les cinéastes qui s'intéressent à ce qui pourrait arriver à la centrale nucléaire de Cattenom si... Cette année, le film «An Zéro» avait joué la carte de la fiction, mais depuis lundi c'est l'installation elle-même qui a décidé de se mettre en danger. Simulant une situation où les quatre réacteurs verraient leur fonctionnement perturbé par un séisme. Scénario improbable à 10 km de la frontière franco-luxembourgeoise, mais le principe est d'être prêt à tout. Surtout au pire...


Visite Centrale Nucléaire de Cattenom.Atomzentrale . Foto:Gerry Huberty
Cattenom s'offre une révision à 200 millions d'euros
Depuis vendredi, l'unité n°3 de la centrale nucléaire lorraine est à l'arrêt. Et pour six mois même. Le temps pour les équipes de mener la révision décennale qui permettra le redémarrage du réacteur pour dix ans de plus.

En fait, EDF veut ainsi prouver que le nucléaire français apprend. De son propre fonctionnement, mais aussi des incidents qui ont marqué l'exploitation de l'atome dans la production d'énergie. Oui, 35 ans après, le retour d'expérience de la catastrophe de Tchernobyl a été ingéré. Même chose pour le plus récent incident sur les installations de Fukushima. 

En mars 2011, secoué par un séisme et envahi par les vagues d'un tsunami, le site japonais devient hors de contrôle : plus d'alimentation électrique de secours, plus de possibilité de refroidissement des réacteurs. La catastrophe naturelle se mue en catastrophe industrielle avec nuages radioactifs incontrôlables... 

De ce lointain incident, Cattenom a tiré des leçons (voir encadré) mais comment réagirait-elle aujourd'hui si le sol venait à trembler? Voilà le scénario de l'exercice engagé toute cette semaine avec sur place la Force d'action rapide nucléaire (FARN). L'unité, créée voilà cinq ans, compte 300 employés EDF issus de tous les secteurs d'activité et parés à faire face à un éventuel incident.

Sur le papier, c'est la panique sur le site mosellan : réacteur 3 gravement endommagé, approvisionnement en eau et électricité interrompu, fuites importantes, système de refroidissement du réacteur menacé. Même l'accès à la centrale ne peut plus se faire par la route. Seul moyen d'approcher : traverser le lac du Mirgenbach voisin... L'alerte a été sonnée et l'appel à la FARN lancé. C'est ainsi que lundi déjà, 14 véhicules et leur équipage sont partis de toute la France pour rejoindre Cattenom. Avec une obligation : accéder aux installations en autosuffisance, avec son propre équipement, sa logistique, ses moyens de communication et son ravitaillement. 

Ce mercredi, la presse était invitée à constater combien la réactivité était efficace, combien même le scénario le plus grave pouvait être maîtrisé. Le message à faire passer est clair : les centrales nucléaires françaises sont «sûres, robustes et durables», y compris en cas d'agression naturelle. Cette fois, l'exercice implique 65 intervenants de la FARN et 20 autres personnes EDF venues prêter assistance. On fait jouer la technique, les processus fixés mais aussi l'astuce que nécessite une bonne adaptation au lieu, aux circonstances.

Centre opérationnel installé à quelques kilomètres des cheminées, installation de puissants générateurs électriques, recherche de bateaux et radeaux pour accéder à la centrale, analyse de la qualité de l'air, mesure des vents, sauvegarde des populations : pas une seconde sans une action.  «Il faut coordonner non seulement le matériel, mais aussi les forces d'urgence et le personnel de l'usine. Et les deux fonctionnent très bien, pour autant que je puisse en juger jusqu'à présent», se satisfait le directeur-adjoint de la centrale nucléaire, Jérôme Le Saint. Le débriefing dira plus tard ce qu'il faudra tout de même améliorer. Au cas où...

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