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Bruxelles pure et propre à l’horizon 2050
Grande Région 3 min. 09.09.2019

Bruxelles pure et propre à l’horizon 2050

Depuis 1990, la Région de Bruxelles-Capitale a réduit péniblement ses émissions de gaz carbonique de 13%.

Bruxelles pure et propre à l’horizon 2050

Depuis 1990, la Région de Bruxelles-Capitale a réduit péniblement ses émissions de gaz carbonique de 13%.
Photo: Lex Kleren
Grande Région 3 min. 09.09.2019

Bruxelles pure et propre à l’horizon 2050

La capitale de l’Europe veut rompre avec sa réputation de ville sale en tournant définitivement le dos au carbone.

Max HELLEFF (Bruxelles) - Ce qui est bon pour les uns peut être diabolique pour les autres. Bruxelles zone 30, péage urbain, élimination du diesel pour 2030… Ces mesures sont diversement appréciées selon que l’on soit automobiliste ou féru de mobilité douce. « Et si en attendant, on tentait d’améliorer la fluidité en amenant plus rapidement les automobilistes à leur destination dans les 19 communes bruxelloises?», interrogeait par exemple samedi La Dernière Heure


Haro sur la taxe kilométrique bruxelloise
La mesure, qui répond au mal belge en termes de mobilité, fait l’objet d’une avalanche de critiques.

La mobilité à Bruxelles, c’est une empoignade quotidienne. Aux bouchons provoqués par le flux des 400.000 navetteurs et le saupoudrage des travaux sur la voie publique est venue s’ajouter ces derniers mois la circulation anarchique des trottinettes. Ce sont souvent les piétons qui en font les frais. 

Vers la grande transition

Depuis peu toutefois, la Région bruxelloise a mis en place des zones interdites au stationnement des trottinettes et des vélos partagés. Plus d’une vingtaine de rues sont concernées. Les opérateurs peu regardants risquent d’y être sanctionnés.

Ce chaos est tacitement admis par les autorités comme le prix à payer pour réussir la grande transition, celle qui doit faire d’une ville régulièrement qualifiée de «sale» par la presse internationale un exemple de gestion environnementale sur le Vieux Continent. 

Réduire de 95% les émissions de CO2

Le nouveau gouvernement bruxellois –le seul qui ait été formé depuis les élections du 26 mai avec celui de la Communauté germanophone- veut en effet «approcher l’objectif de neutralité carbone en 2050».  

Depuis 1990, la Région de Bruxelles-Capitale a réduit péniblement ses émissions de gaz carbonique de 13%. Elle se promet d’atteindre les 95% d’ici la moitié du siècle.

La capitale belge entend réduire la consommation d’énergie et les émissions de CO2 engendrées par un parc immobilier souvent vétuste.
La capitale belge entend réduire la consommation d’énergie et les émissions de CO2 engendrées par un parc immobilier souvent vétuste.
Photo: AFP

Comment faire? Pour le ministre de l’Environnement et du Climat, l’Ecolo Alain Maron, il faut aller vers une Loi Climat, avec une gouvernance climatique transversale. «Avec ces instruments, on a des leviers permettant que les enjeux climat biodiversité traversent les enjeux liés à l’économie, au logement, à l’aménagement du territoire voire à la politique sociale», explique-t-il. Chaque année, un comité scientifique indépendant fera les comptes, histoire de voir si les résultats suivent.

Contrairement à une idée reçue, la lutte contre le carbone n’est pas qu’affaire de pollution automobile. En 2017, le bâtiment engendrait 60 % des émissions carboniques bruxelloises. Ici, le but sera donc de réduire la consommation d’énergie et les émissions de CO2 engendrées par un parc immobilier souvent vétuste. 

Vers une taxe verte

Bruxelles n’est pas riche et compte sur des fonds européens pour mettre en place cette politique. Une fiscalité incitative devrait par ailleurs encourager les propriétaires à améliorer les performances énergétiques de leurs biens… que cela leur plaise ou non.

D’autres points encore : la politique climatique passera par une économie bruxelloise plus «circulaire», donc moins polluante. Quant à la mobilité, elle privilégiera les piétons et les cyclistes, et imposera à la voiture de rouler au pas (30 km/h). Une taxe automobile verte, directement liée à l’utilisation de la voiture, est rappelons-le annoncée dans la capitale.

Débats pollués

En Belgique, la politique de l’environnement est partagée entre le fédéral et les Régions. Mettre tout le monde d’accord tient souvent ici de la gageure. La Flandre risque de ne guère apprécier les entraves qui seront ainsi mises à la circulation de ses navetteurs. 

Et comme la N-VA de Bart De Wever n’a pas réussi à monter dans le bateau gouvernemental bruxellois, il y a fort à parier que la politique politicienne viendra polluer le débat dans les années à venir.


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