Changer d'édition

Au sommet du terril d'Ensdorf, le géant de fer
Grande Région 10 3 min. 01.08.2022
Quand les friches reprennent vie (1/4)

Au sommet du terril d'Ensdorf, le géant de fer

Quand les friches reprennent vie (1/4)

Au sommet du terril d'Ensdorf, le géant de fer

Grande Région 10 3 min. 01.08.2022
Quand les friches reprennent vie (1/4)

Au sommet du terril d'Ensdorf, le géant de fer

Pascal MITTELBERGER
Pascal MITTELBERGER
Au Luxembourg, Esch-Belval est l'exemple le plus abouti d'une reconversion de friche industrielle. En Grande Région, d'autres sites connaissent, plus modestement, une seconde vie culturelle et touristique. Première étape de cette série : le Saarpolygon.

Les terrils font partie du paysage du bassin houiller sarro-lorrain depuis des décennies, quand bien même l'extraction du charbon a cessé, en 2004 à Creutzwald côté français, en 2012 à Ensdorf côté allemand. C'est justement dans cette commune voisine de Sarrelouis qu'une friche symbolique de l'activité minière a été transformée en lieu touristique propice à la balade.


Fonds Belval - Belval -  - 10/06/2021 - photo: claude piscitelli
«Ne pas refaire les erreurs du Kirchberg à Belval»
Pour la nouvelle directrice du Fonds Belval, Daniela di Santo, la poursuite de l'aménagement des anciennes friches industrielles reconverties en pôle de recherche se fera «en poursuivant les efforts pour que la vie de quartier se développe».

Ensdorf est dominée par une colline artificielle visible à des kilomètres à la ronde: le terril Duhamel, monticule de résidus miniers haut de 150 mètres. Depuis 2016, une œuvre sculpturale à la fois majestueuse et surprenante rehausse le terril de 30 mètres supplémentaires. Le Polygon de la Sarre, ou Saarpolygon, attire l'œil tel un phare, que l'on se balade à vélo sur les berges de la rivière ou que l'on circule, au volant de son véhicule, sur l'autoroute qui relie Sarrebruck au Luxembourg.

Le terril Duhamel et le Saarpolygon vus depuis la vallée. Au premier plan, la Sarre.
Le terril Duhamel et le Saarpolygon vus depuis la vallée. Au premier plan, la Sarre.
Photo : Pascal Mittelberger

Ce géant d'acier est le fruit d'un projet européen lancé en 2011. Objectif d'alors : créer un monument rappelant l'histoire passée de l'exploitation du charbon tout en évoquant la mutation structurelle nécessaire du bassin industriel de la Sarre. Ainsi est né le Saarpolygon, œuvre des architectes berlinois Katja Pfeiffer et Oliver Sachser.

Parcours balisés

La structure est assemblée au courant de l'année 2016 au sommet du terril et très vite les promeneurs s'y pressent. Mais attention, le Saarpolygon, ça se mérite. L'ascension du terril ne peut se faire qu'à pied ou à vélo. Et la balade, bien qu'elle puisse se faire en famille (avec de bonnes chaussures, et évitez la poussette), fait chauffer les muscles des jambes. 


Bis zu 1.000 Bäume sollen in dem neuen Escher Stadtviertel "Rout Lëns" angepflanzt werden.
Voici comment il fera bon vivre sur les "Rout Lëns"
Après les travaux préparatoires, la phase de construction : une terrasse d'été permet de se faire une idée du nouveau quartier d'Esch.

Deux points de départ existent pour cette petite randonnée. Le premier se situe à l'ancienne mine d'Ensdorf, mais la première partie de la balade oblige à longer une route fréquentée avant de s'attaquer au terril. On préfèrera donc s'élancer du parking du complexe sportif de la commune, référencé sur GoogleMaps sous le nom de «Parkplatz zum Saarpolygon». De là, il n'y a qu'une petite centaine de mètres à parcourir et une petite route à traverser pour se retrouver au pied du terril. Tout est bien balisé.

Le chemin serpente à flanc de colline, d'abord à l'ombre des arbres puis à découvert à partir d'une certaine altitude. Curiosité de la végétation du lieu, on trouve une toute petite parcelle de vignes, qui donne 300 bouteilles de vin chaque année. A mi-parcours, deux options s'offrent aux promeneurs : le chemin classique et le Steilweg, littéralement chemin escarpé. On vous conseille le premier, déjà bien raide.  

 A un rythme soutenu, l'ascension prend moins d'une demi-heure. De manière plus tranquille, vous mettrez certainement entre 30 et 45 minutes. Mais cela en vaut largement la peine. Petit à petit, le Saarpolygon apparaît tout entier avec l'étonnante impression qu'il se forme et se déforme, qu'il se déplie et se replie selon l'angle de vue adopté.

La vue, parlons-en justement. Elle est déjà magnifique au sommet du terril, elle est sublime une fois les quelque 130 marches du Saarpolygon avalées. L'accès à la plateforme du géant d'acier, de 8h à 21h, est gratuit et sécurisé. Des tables d'orientation permettent de se repérer.

Le paysage à 360° mêle forêts et campagnes vallonnées, zones urbaines et industries - l'aciérie de Dillingen ou l'usine Ford de Sarrelouis. Avec, comme trait d'union, la Sarre au cœur de la vallée. Une fois redescendu de la structure, n'hésitez pas à vous balader sur le grand plateau qui forme le sommet du terril Duhamel. Il y a là des panneaux didactiques, des bancs pour se reposer, et même un petit point de restauration et des toilettes en cas de nécessité.


So sieht das Areal aus der Luftperspekptive aus.
Les grandes lignes du futur quartier Esch-Schifflange
Après Belval, au tour des friches d'Esch-Schifflange de changer de destination. Le ministre de l'Aménagement du territoire, Claude Turmes, rappelle l'esprit de ce futur quartier d'habitat, favorisant les mobilités publiques et les espaces de vie.

Reste à amorcer la descente en laissant derrière soi le Saarpolygon et ses jeux d'ombre au sol les jours de grand soleil. Et une fois en bas, en vous retournant une dernière fois, vous vous direz certainement, d'un air satisfait: «Ah oui! C'était haut quand même!».


Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Après dix ans de chantier, ce projet mené par le Fonds Belval est loin d'être achevé. Et pourtant la commission des finances assure que le budget initial continue à être respecté. Mais trois quarts de la somme restent à dépenser.
Visite des installations photovoltaïques de la Maison des Sciences Humaines et de la Maison de l’Innovation à Belval  - Belval -  - 23/11/2020 - photo: claude piscitelli
A compter de vendredi, architectes et promoteurs sont attendus pour avancer leurs idées pour aménager une partie de la friche industrielle sise entre Villerupt, Audun-le-Tiche et Belval. Dans un premier temps, il est question d'établir 200 logements, un centre d'affaires, une résidence étudiante et un pôle de transports en commun.