Changer d'édition

Arlon fait aussi face à la pression immobilière
Grande Région 2 min. 23.10.2019

Arlon fait aussi face à la pression immobilière

La crainte des habitants d'Arlon est de voir les espaces verts réduits à une peau de chagrin

Arlon fait aussi face à la pression immobilière

La crainte des habitants d'Arlon est de voir les espaces verts réduits à une peau de chagrin
Photo: Marc Wilwert
Grande Région 2 min. 23.10.2019

Arlon fait aussi face à la pression immobilière

Jean-François COLIN
Jean-François COLIN
Le chef-lieu de la province de Luxembourg connaît actuellement une explosion urbanistique. Ce boom en matière de logements, petits, moyens et gigantesques ne reste pas sans conséquences sur le plan écologique.

Pour absorber la hausse de 29% de ses résidents travailleurs frontaliers sur la dernière décennie, la ville d'Arlon multiplie depuis de nombreux mois les projets de lotissements sur son territoire. Avec ses 7.600 travailleurs frontaliers dénombrés au 29 mars, sur une population de 30.000 habitants, le chef-lieu de la province de Luxembourg fait face à une forte demande de logements. La vigueur économique du voisin grand-ducal, couplée à l’épargne presque sans intérêt poussent à d'importants investissements massifs dans l’immobilier.

«Toutes les semaines, des promoteurs proposent des terrains à la construction, sans oublier des particuliers qui souhaitent transformer des maisons en appartements», témoigne Ludovic Turbang, l'échevin de l’Urbanisme, à nos confrères belges de La Meuse.

La flambée des prix du logement qui affecte la Wallonie depuis 2010 ne semble pas constituer un frein à cette frénésie. Selon Statbel, l'office statistique belge, une maison se vendait ainsi à 242.000 euros à Arlon à la fin de l'année 2018, là où le prix  médian en Wallonie s'élevait à 140.000 euros.  

Cette densification des lotissements à outrance, conduit l'échevin à l'Urbanisme à «ne pas tout accepter. Il y a des conditions, notamment liées au stationnement. Nous allons être plus sévères et un agent technique aura en charge les infractions urbanistiques, tant pour les permis que les mises en conformité.»   

En l'absence d'un schéma de développement communal censé baliser ce qui est urbanisable et ce qui doit être protégé, Ludovic Turbang veut «un guide communal d’urbanisme qui fixe les couleurs, les gabarits, les types de façade, les déblais-remblais, etc.»

Mais au-delà de ces points, le boom immobilier suscite des levées de boucliers au sein des habitants d'Arlon. En effet, à vitesse désormais accélérée, la ceinture verte de la ville se transforme en zone résidentielle. Cela impacte les villages d'Udange et de Schoppach, mais aussi en intramuros. La crainte des résidents est de voir, à force, les espaces verts réduits à une peau de chagrin.

Le risque de bétonisation

Ainsi, à Schoppach, l'occupation symbolique d’une ancienne carrière vouée à voir pousser des constructions et une zone d'activités est prévue ce week-end. Le comité des riverains à l'origine de l'action fustige «le risque de bétonisation». Et de regretter de «voir l’écologie sacrifiée et la démocratie bafouée au nom d’un développement économique.»


Sur le même sujet

Le P+R de Viville reste un sujet de discorde
Alors que le bourgmestre d'Arlon, Vincent Magnus, souhaite étendre le parking situé sur les anciens ateliers de la SNCB, la compagnie des chemins de fer belges continue de s'y opposer.
Des réductions seront appliquées sur les abonnements de train entre Arlon et Luxembourg.
«Arlon en a fini avec la mendicité organisée»
Le 20 mai dernier, la ville la plus peuplée de la province de Luxembourg mettait en place un règlement interdisant la mendicité. Quatre mois plus tard, le bourgmestre de la commune, Vincent Magnus, est clair: le problème n'existe plus.
L'«absence de main-d'oeuvre» menace le Luxembourg belge
D'ici 2040, Arlon et ses environs pourraient connaître une pénurie de travailleurs selon Philippe Ledent, représentant du patronat en province de Luxembourg. L'attractivité du Luxembourg et la baisse d'intérêt des travailleurs français expliquent ce constat.
Gespräch
Où résident exactement les frontaliers du Luxembourg ?
Nécessaires au fonctionnement de l'économie, les salariés qui franchissent quotidiennement la frontière pour se rendre sur leur lieu de travail habitent majoritairement dans un rayon de 30 km autour du pays. Des zones densément peuplées et amenées à l'être encore plus.