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ArcelorMittal prêt à sacrifier sa cokerie lorraine
Grande Région 11.02.2020 Cet article est archivé

ArcelorMittal prêt à sacrifier sa cokerie lorraine

Près de 250 emplois seraient impactés par la fermeture de la cokerie de Serémange-Erzange.

ArcelorMittal prêt à sacrifier sa cokerie lorraine

Près de 250 emplois seraient impactés par la fermeture de la cokerie de Serémange-Erzange.
Photo : Serge Waldibilig
Grande Région 11.02.2020 Cet article est archivé

ArcelorMittal prêt à sacrifier sa cokerie lorraine

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Le site de Serémange-Erzange, transformant du charbon en coke, pourrait être fermé d'ici deux à trois ans. L'influence du marché mondial va peser sur l'échéancier du groupe sidérurgique.

Lundi, lors d’un comité économique et social central à Paris, le directeur-général France d'ArcelorMittal a confirmé son intention d’arrêter la cokerie de Serémange-Erzange (en Moselle) à partir de 2022-2023. Si la fin de l'activité ne semble plus faire de doute, le groupe sidérurgique semble vouloir prendre son temps en fonction des évolutions du marché.

En effet, après une année 2019 qualifiée de «difficile», ArcelorMittal tente de maintenir sa position sur un marché en surcapacité. Aussi, possiblement, les différents sites de production pourraient être amenés à réduire leur production dans les mois à venir, et donc à avoir moins besoin de ce coke pour alimenter leurs hauts fourneaux. L'usine de Serémange-Erzange, installée au cœur de la vallée de la Fensch, dessert ainsi le site de Dunkerque dont un des objectifs est d'être autosuffisant dans son alimentation en coke d'ici 2022-2023 justement.


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Par contre, si ArcelorMittal et le gouvernement italien trouvent un accord pour que se poursuive l’exploitation du site de Tarente, le besoin en coke serait tel que l'activité de la cokerie lorraine serait indispensable pour assurer une production de l’ordre de huit millions de tonnes pour les quatre hauts fourneaux en fonctionnement dans les Pouilles. Par contre, si la production envisagée baissait, le sort de Serémange serait à nouveau mis dans la balance.

CO2 et casse sociale

Par ailleurs, ArcelorMittal doit sérieusement diminuer ses émissions de CO2 (de 30% en Europe d'ici 2030). Le site de Serémange-Erzange, qui devait être exploité jusqu'à 2032, pourrait faire les frais de cette chasse aux polluants et au dioxyde de carbone. 

Le directeur France a assuré que le groupe trouverait des solutions pour les quelque 170 CDI et 80 intérimaires actuellement en poste sur le site lorrain. De l'embauche sur les sites voisins lorrains à la mise en préretraite de certains salariés, la fermeture s'effectuerait donc sans casse sociale.  


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