Changer d'édition

ArcelorMittal en cause dans une nouvelle pollution
Grande Région 2 min. 06.11.2019

ArcelorMittal en cause dans une nouvelle pollution

En huit mois, la Fensch a connu cinq épisodes de pollution en lien avec les activités sidérurgiques.

ArcelorMittal en cause dans une nouvelle pollution

En huit mois, la Fensch a connu cinq épisodes de pollution en lien avec les activités sidérurgiques.
Photo: AFP
Grande Région 2 min. 06.11.2019

ArcelorMittal en cause dans une nouvelle pollution

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
La cokerie de Florange, en Moselle, est pointée du doigt après un déversement d'acide chlorhydrique dans la rivière Fensch. L'industriel se défend de tout accident, mais un rapport interne confirme l'incident.

Ce mercredi après-midi, un Comité social et économique extraordinaire est convoqué à ArcelorMittal Florange. Point unique de discussion: la possible pollution de la Fensch après un incident sur les installations constaté le 31 octobre dernier. Ce jour-là, une manipulation aurait entraîné le déversement de 400 litres d'acide chlorhydrique concentré à 97% dans les eaux de la rivière voisine, la Fensch.

Les faits ont été portés à la connaissance du public via le représentant syndical de la CGT. Immédiatement, la Ville de Florange a porté plainte contre l'industriel. La Communauté d'agglomération du Val de Fensch, en charge de l'environnement sur le secteur, devrait lui emboîter le pas. Il est vrai que les responsables politiques, à l'image des populations locales, sont las des épisodes de pollution en lien avec l'activité sidérurgique. Depuis mars 2019, pas moins de cinq dégradations de la rivière auraient ainsi été constatées.


Carole Dieschbourg promet des contrôles renforcés en amont pour protéger la qualité des eaux de rivière.
En finir avec la pollution des cours d'eau
Quatre récentes pollutions de rivière ont mis en lumière la faiblesse des mesures préventives pour ce type de risque industriel. Les députés et la ministre de l'Environnement ont évoqué la question à la Chambre.

Selon un rapport interne, les faits trouvent leur origine dans une mauvaise manipulation. L'acide -nécessaire au nettoyage des gaz de cokerie- aurait été déversé dans un décanteur alors même que celui-ci contenait des restes d'hydrocarbures. Immédiatement, une réaction chimique allait débuter engendrant le débordement des liquides vers la rivière toute proche. Pour le délégué syndical CGT, Lionel Burrielo, il s'agit là d'une pratique «illégale» et «irrationnelle».

Les ordres donnés ce 31 octobre n'auraient ainsi pas correspondu avec les consignes en vigueur habituellement. Le traitement de ces acides revenant à une société spécialisée et non aux équipes du site lorrain. 

Mesures à l'appui

ArcelorMittal a fait savoir, via un communiqué publié le 5 novembre, qu'elle n'était en rien responsable d'une pollution. Et d'affirmer qu'«aucun rejet n'a eu lieu» en contradiction avec plusieurs témoignages et le propre rapport interne de la cokerie qui relate les faits. Pour le groupe, le rejet d'acide «a été évoqué par erreur dans un premier rapport d'intervention interne mais écarté rapidement».

Pour prouver sa bonne foi, ArcelorMittal a publié le résultat de mesures de Ph effectuées «au moment de l'événement». Celles-ci ne révèlent pas de dépassement des normes d'acidité autorisées, mais le lieu des captations n'a pas été cité précisément.

En septembre dernier, le tribunal correctionnel de Thionville avait prononcé la relaxe à l'encontre d'ArcelorMittal dans une autre affaire de pollution présumée. Celle-ci concernait le crassier de Florange et faisait suite à la dénonciation d'un salarié en 2017. Il était là aussi question d'un déversement illégal. Le Parquet avait décidé de faire appel de ce premier jugement; le procès ne devrait pas se dérouler avant le second trimestre 2020. 


Sur le même sujet