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Wizata, l'atout luxembourgeois des géants de l'acier
Wizata permet d'améliorer les processus de production.

Wizata, l'atout luxembourgeois des géants de l'acier

AFP
Wizata permet d'améliorer les processus de production.
Économie 3 min. 23.08.2018

Wizata, l'atout luxembourgeois des géants de l'acier

Thierry LABRO
Thierry LABRO
La start-up luxembourgeoise a levé 1,5 million d'euros pour poursuivre son développement. Spécialisée dans la détection d'amélioration de processus industriels dans la sidérurgie, elle a déjà ArcelorMittal, Paul Wurth ou Aperam dans ses clients.

«Un ordinateur va faire ce qu'on lui demande. Comme un enfant ou un collègue à qui vous diriez ,Conduis la voiture‘ et qui obéirait sans poser de question! L'intelligence artificielle – le machine learning – va se nourrir par exemple de millions de vidéos ou d'informations sur la manière de conduire et va commencer à apprendre à conduire!» 

Tranquillement chez lui en ce vendredi ensoleillé, après neuf mois intenses, Jean-Philippe Hugo explique une fois encore en quoi Wizata a quelque chose de mieux que les ingénieurs qui, chaque jour, orientent les lignes de production des géants de l'acier. «Comme nous nourrissons notre intelligence artificielle des données de nos clients, les ingénieurs ont un outil qui leur montre des idées différentes, des statistiques à côté desquelles ils auraient pu passer.» 

Depuis le début, Wizata a signé un partenariat avec Microsoft pour le cloud computing, puis avec OSIsoft, l'expert des données de capteurs. 

ArcelorMittal, Aperam et Paul Wurth, premiers clients de taille 

Trois ans après avoir quitté son premier emploi de consultant chez Nerea pour créer cette start-up avec les trois fondateurs de la première, le jeune p.-d.g. de Wizata n'a pas installé son centre de recherche pas hasard au Luxembourg. 

«Nous sommes présents en Belgique, au Luxembourg, en Allemagne et en France, justement parce que nous trouvons des compétences informatiques et des compétences, de la compréhension, des métiers de l'acier.» 

Conseiller technique et développeur, le trentenaire découvre la vie de patron. «J'ai toujours été un peu geek mais là, il faut s'occuper des ressources humaines, des finances, du marketing et du commerce. Ce n'est pas évident et il faut bien s'entourer. Je crois que j'aime ça donc je me suis bien entouré.» 

Très vite, la start-up restreint ses marchés potentiels à celui de l'industrie de la métallurgie et du manufacturing. Après les petits clients, puis Editus qui lui demande un service de recommandations de contenus comme Netflix ou YouTube, les ArcelorMittal, Aperam ou Paul Wurth, tous engagés dans une très âpre concurrence mondiale où chaque détail compte, font appel à sa société. 

«Nous faisons de l'analyse de flux pour améliorer la production. Le client a un objectif, soit nous voyons pourquoi il n'y arrive pas, soit nous lui donnons des recommandations. Après une étude de faisabilité unique pour chaque client, Wizata fait une offre de services globale». 

Jean-Philippe Hugo
Jean-Philippe Hugo
Wizata / Vincent Duterne

Une quinzaine de profils recherchés en 2018 

La technologie n'est jamais transposée d'un client chez l'autre parce que chacun a des finalités spécifiques et la technologie offre des fonctionnalités différentes selon les objectifs. «Ils ont aussi des recettes qu'ils conservent jalousement et c'est normal!», dit M. Hugo. Mi-mai, la start-up a annoncé avoir levé 1,5 million d'euros, c'est sa première levée de fonds en dehors du financement des fondateurs. 

«Nous avons été rapidement convaincus par le potentiel de Wizata et nous sommes enthousiastes à l'idée de soutenir cette société dans son développement et dans celui de ses produits», a dit un manager du Digital Tech Fund, Marc Gendebien, également partenaire et fondateur d'Expon Capital. «Wizata dispose des ingrédients clés d'une start-up à succès: une grande équipe avec une ambition globale et un grand produit avec un marché global.» 

Avec le million et demi d'euros levés auprès de différents investisseurs dont le Digital Tech Fund du Luxembourg, la start-up de l'année 2016 aux ICT Awards va pouvoir investir en recherche et en développement et augmenter sa force de frappe commerciale. 

«Nous allons pouvoir développer de nouvelles fonctionnalités pour aider nos clients actuels et à venir et d'un autre côté nous étendre et grandir auprès de nouveaux clients dans un univers globalisé», précise de son côté le dirigeant de Wizata. 

A 30 ans, le jeune patron n'est pas forcément pressé d'atteindre le seuil de rentabilité. «Je préfère stabiliser nos produits et grandir encore», explique-t-il. Grandir, concrètement, cela veut dire passer de 16 à plus de 30 personnes d'ici la fin de l'année, des datascientists, des ingénieurs informatiques mais aussi des commerciaux, des développeurs et du personnel administratif. 

«L'avantage d'être une start-up est que les gens qui manifestent leur intérêt sont très motivés!»


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