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Veillée d'armes avant la sortie annoncée des taux négatifs
Économie 3 min. 07.06.2022
Banque centrale européenne

Veillée d'armes avant la sortie annoncée des taux négatifs

Banque centrale européenne

Veillée d'armes avant la sortie annoncée des taux négatifs

Photo: AFP
Économie 3 min. 07.06.2022
Banque centrale européenne

Veillée d'armes avant la sortie annoncée des taux négatifs

Le choc d'inflation a eu raison du soutien à l'économie : la Banque centrale européenne va préparer le terrain jeudi à la sortie de sa politique controversée de taux négatifs, en commençant par remballer son dernier outil de rachat de dettes.

(AFP) - La réunion du Conseil des gouverneurs, exceptionnellement délocalisée à Amsterdam, devrait amorcer un tournant historique après des années de politique d'argent pas cher et abondant. Certes minoritaires dans les instances de décision de la BCE, les «faucons», partisans d'un resserrement des vannes du crédit, ont réussi ces derniers temps à imposer leur vue sur la nécessité d'agir avec détermination contre la forte inflation.


L'inflation continue de battre tous les records en Europe
Allemagne, Belgique, France ou encore zone euro, peu importe la zone géographique où elle est calculée, l'inflation continue sa poussée de fièvre au mois de mai, pour atteindre des montants toujours plus affolants.

Le moment choisi est grave, en pleine flambée des prix aggravée par la guerre en Ukraine et qui grignote le pouvoir d'achat, sur fond de croissance atone, en France comme en Allemagne. Ce contexte d'incertitude place la BCE devant un choix cornélien. Ne pas relever les taux risquerait d'alimenter un peu plus les tendances inflationnistes, notamment via les revalorisations salariales.

Les relever trop vite pourrait précipiter la récession, en pesant sur la capacité d'emprunt des ménages et des entreprises. Même si le choc d'inflation n'a pas la même intensité dans tous les pays de la zone euro, l'unanimité entre gouverneurs de banques centrales s'est faite pour ressortir l'arme des taux d'intérêt.

Un cycle déjà engagé

Impossible de rester les bras croisés face à une inflation qui a atteint 8,1% sur un an en mai en zone euro. Du jamais-vu depuis l'instauration de la monnaie unique et un niveau quatre fois supérieur à l'objectif de la BCE fixé à 2%. Le débat ne porte désormais que sur l'amplitude du cycle de hausse, alors que les taux n'ont pas été augmentés depuis 2011.


Covid oblige, Christine Lagarde n'a pas pu recevoir les cinq lauréates au siège de la BCE comme le veut la tradition.
La BCE pourrait revoir ses taux à la hausse dès juillet
La Banque centrale européenne pourrait commencer à relever ses taux d'intérêt dès le mois de juillet, a averti mercredi sa présidente Christine Lagarde, alors que la zone euro est confrontée à une flambée de l'inflation.

D'autres banques centrales confrontées à une forte inflation, la Fed américaine et la Banque d'Angleterre, ont déjà engagé un cycle de hausse des taux. Côté BCE, la communication fin mai de la présidente Christine Lagarde a clarifié les intentions de l'institut.

Dans une tribune remarquée, la Française a estimé «approprié que la politique (monétaire, ndlr) revienne à des paramètres plus normaux» face à une inflation appelée à durer. Elle a aussi dessiné la feuille de route des mois à venir.

La réunion de jeudi devrait acter la fin «au début du troisième trimestre», soit début juillet, des rachats nets de dette sur le marché, a-t-elle écrit.

 Fin du «QE» en juillet  

Cette arme non conventionnelle utilisée à partir de 2015 n'a plus de raison de durer. En achetant des actifs (notamment des titres de dette publique) sur les marchés, la BCE a maintenu ces dernières années des taux d'intérêt plancher, permettant aux ménages, entreprises et États de se financer à de bonnes conditions.


La guerre plombe les prévisions de croissance et d'inflation
La Commission européenne a annoncé lundi avoir abaissé de 1,3 point sa prévision de croissance économique pour la zone euro en 2022 à 2,7%, et augmenté de 3,5 points sa prévision d'inflation à 6,1%, à cause de la guerre en Ukraine.

L'acte deux de la normalisation interviendra en juillet pour décider la fin des taux d'intérêt négatifs «d'ici la fin du troisième trimestre», a ajouté l'ancienne ministre française de l'Économie.

Selon cette politique entamée en 2014 et qui a suscité des flots de critiques, en Allemagne surtout, les banques sont taxées - de -0,5% à ce jour - sur leurs dépôts confiés aux banques centrales, afin de les inciter à les distribuer en crédits.

Taux: quel rythme de hausse?

Pour ramener ce taux à zéro, une hausse de 0,25% en juillet suivie d'une autre de 0,25% en septembre est le scénario de «référence» selon Philip Lane, chef économiste de la BCE, dont la voix pèse dans la discussion.


Im April gab es eine Lohnindexierung von 2,5 Prozent - die einzige in diesem Jahr, trotz hoher Inflation.
Des taux d'intérêt plus élevés freinent-ils l'explosion des prix?
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Certains «faucons» verraient bien la BCE frapper plus fort d'entrée, avec une hausse des taux de 50 points de base dès juillet.

En tout état de cause, les nouvelles prévisions économiques publiées jeudi, en prenant en compte la guerre en Ukraine, aideront pour définir la tonalité du revirement monétaire.

L'Europe, plus exposée aux conséquences de la guerre en Ukraine, a une «très forte probabilité» d'entrer en «récession», a averti Jane Fraser, patronne de la banque américaine Citigroup, à Francfort.

Une récession «gérable» selon elle, car non structurelle. La BCE a raison de relever ses taux, a-t-elle ajouté, pour empêcher que l'inflation ne se «transforme en spirale» entre prix et salaires.


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