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Une union pour le numérique
Économie 5 min. 22.05.2019 Cet article est archivé

Une union pour le numérique

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Photo: Lex Kleren
Économie 5 min. 22.05.2019 Cet article est archivé

Une union pour le numérique

Aude FORESTIER
Aude FORESTIER
Le Premier ministre Xavier Bettel a défendu, mardi, l'établissement d'un marché digital unique en Europe lors de la première journée de l'ICT Spring.

La première journée de l'ICT Spring a démarré avec son lot de discours et d'exposés thématiques. Le plus remarqué étant sans doute celui de Claude Marx, le directeur général de la CSSF. Mardi matin, pour la première fois, le gendarme de la place financière luxembourgeoise est monté sur scène afin de présenter les priorités de surveillance de demain. 

L'intelligence artificielle, le thème du moment, n'est pas une nouveauté. Les recherches sur le sujet «datent d'il y a plus de 15 ans», pointe-t-il, ajoutant ensuite que les technologies s'additionnent et que «de nouveaux marchés se créent». Selon Claude Marx, «toutes les activités et tous les acteurs ne peuvent pas être supervisés». Il n'empêche que les acteurs du monde numérique tiennent compte des positions émises par la CSSF. L'utilisation de l'apprentissage automatique (machine learning), l'une des caractéristiques de l'intelligence artificielle, a fait l'objet en décembre dernier d'un «white paper».

Le Luxembourg a les compétences pour devenir un leader

Le directeur de la Commission de surveillance a évoqué la stratégie «CSSF 4.0». Son objectif premier étant d'«améliorer l'efficacité des processus» de contrôle. «Nous voulons simplifier le processus réglementaire», a-t-il dit. L'amélioration de l'approche du risque et l'augmentation de la transparence du marché sont deux des autres buts de cette stratégie. La finance durable a été mise sur la table. 

À ce propos, Claude Marx a indiqué que le Luxembourg avait «les compétences pour devenir un leader» en la matière. Thème cher à l'ALFI, l'éducation financière est revenue sur le devant de la scène. Elle permet de développer la compréhension de la finance dès l'école et même un peu plus tard dans la vie. Mais aussi de lutter contre le phénomène du surendettement et de préparer les pensions qui seront versées aux pensionnés dans le futur.

Wirtschaft,ICT Spring.Kirchberg.Foto:Gerry Huberty/Luxemburger Wort
Wirtschaft,ICT Spring.Kirchberg.Foto:Gerry Huberty/Luxemburger Wort
Photo: Gerry Huberty

Le directeur de la CSSF a présenté le portail «simplyfi», une application pour aider les enfants à gérer leur argent de poche ainsi qu'un «chatbot game» sur Facebook Messenger, nommé «the financial game of life», développé avec la Luxtech school. Tous ces outils seront disponibles cet été. 

Le discours le plus attendu étant celui de Xavier Bettel, Premier ministre, ministre de la Communication et des médias ainsi que de la digitalisation. Après avoir salué l'auditoire en plusieurs langues dont le chinois et le coréen, Xavier Bettel lance: «je suis toujours là!», référence aux résultats du scrutin législatif d'octobre dernier, grâce auquel il a pu rempiler en tant que chef du gouvernement. «J'apprécie particulièrement la stabilité», a-t-il dit avant de lancer une boutade qui a déclenché les rires dans l'assistance. 


10.5.2016 Luxembourg, Kirchberg, ICT Spring photo Anouk Antoy
Le rendez-vous de l'innovation
L'intelligence artificielle se trouvera au programme de cette édition 2019 de l'ICT Spring Europe

Il a rappelé que la capitale Luxembourg-Ville qu'il connaît bien puisqu'il en a été le bourgmestre il y a quelques années accueille actuellement 70 % de non-Luxembourgeois. «Si nous avons des problèmes communs, nous avons besoin de solutions communes avec le respect de l'un et de l'autre. Nous avons été une forteresse pendant des siècles». Aujourd'hui, c'est différent. «L'Europe est un projet de paix, soyez les bienvenus d'où vous venez», avance-t-il avant de recevoir les applaudissements de la salle.

Le Luxembourg est bien une «smart nation». «C'est mesurable». D'après le Premier ministre, les citoyens, les entreprises et le gouvernement ont travaillé «main dans la main» pour amener le pays là où il est actuellement en termes  d'innovation. «Pour nous, l'innovation ne peut pas rester immobile. La technologie doit être inclusive». Selon lui, les savoirs digitaux «seront essentiels pour participer à la vie de tous les jours».

«Pour nous, l'innovation ne peut pas rester immobile. La technologie doit être inclusive», estime Xavier Bettel.
«Pour nous, l'innovation ne peut pas rester immobile. La technologie doit être inclusive», estime Xavier Bettel.
Photo: Gerry Huberty

Avec le développement des réseaux sociaux comme Facebook, les hommes politiques doivent justifier leurs actions. De plus en plus de personnes disent avoir lu une information sur Facebook et la prennent pour argent comptant. Portant maintenant le costume de ministre des Médias, celui-ci soutient qu'il faut défendre les journalistes afin de faire la différence entre la vérité et ceux qui utilisent les réseaux sociaux d'une mauvaise manière. Xavier Bettel s'est dit désappointé. Pourquoi? Simplement parce que «nous n'avons pas de marché digital unique. Il faut encore compter sur 28 législations».

 Il poursuit: «nous devons avoir un marché digital unique». Autrement, le Vieux continent se retrouverait pris en sandwich entre deux géants: les États-Unis et la Chine. Il a profité pour énumérer les chantiers en cours, à savoir la mise en place d'une administration électronique qui marche et accessible depuis son smartphone ainsi que l'intelligence artificielle «qui peut nous apporter beaucoup». Le Premier ministre a, par ailleurs, appelé les Européens à voter dimanche lors du scrutin des élections européennes.

Luc Julia, CTO de Samsung Electronics.
Luc Julia, CTO de Samsung Electronics.
Photo: Gerry Huberty

La matinée s'est clôturée avec un exposé de Luc Julia, vice-président de l'innovation et CTO de Samsung Electronics, sur l'intelligence artificielle. Aussi surprenant que cela puisse paraître, elle est née non pas au XXe siècle mais en 1642, année durant laquelle est née la machine à calculer du mathématicien Blaise Pascal. Il a expliqué que la machine Deep Blue a battu le champion d'échecs Garry Kasparov parce qu'elle connaissait tous les mouvements possibles pour gagner une partie. En réalité, l'intelligence artificielle telle que nous la connaissons se nourrit des connaissances d'aujourd'hui. «Il n'y a ni innovation, ni création. Elle ne peut pas créer quelque chose puisqu'elle ne fait que suivre les règles.» 


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