Changer d'édition

Une success story luxembourgeoise
Économie 16 4 min. 27.09.2018

Une success story luxembourgeoise

Une success story luxembourgeoise

Chris Karaba
Économie 16 4 min. 27.09.2018

Une success story luxembourgeoise

Nadia DI PILLO
Nadia DI PILLO
L'industrie des fonds avait rendez-vous ce mercredi au Centre de conférence pour sa traditionnelle «Global distribution Conference», mais aussi pour célébrer les 30 ans de l'Alfi. Un anniversaire placé sous le thème de l'éducation financière.

Porte-voix du secteur, l'Association luxembourgeoise des fonds d'investissement a su imposer sa vision tout au long de son histoire. Avec une réussite remarquable, faisant de l'industrie luxembourgeoise des fonds d'investissement un pilier majeur de l'économie.

Pourtant, quand l'association a été créée en novembre 1988, le pari n'était pas gagné. A l'époque huit Sicav et une société de management, promues par des banques de la place financière luxembourgeoise, avaient décidé de créer une association portant le nom d'ALFI. Les actifs nets sous gestion représentaient à peine 50 milliards d'euros. Ces débuts modestes ont coïncidé avec le lancement historique de l'industrie des fonds d'investissement en Europe, résultant de l'adoption de la première directive européenne sur les Ucits en 1985.

«Ce que peu de personnes savent, c'est que des années auparavant, des experts et avocats de la Place avaient anticipé cette directive européenne. Quand celle-ci est sortie, le Luxembourg était dans les starting blocks, depuis le tout premier jour», a rappelé le ministre des Finances Pierre Gramegna.

Deuxième centre au monde

«C'est assez incroyable de voir les progrès qui ont été accomplis par le secteur luxembourgeois des fonds d'investissement en 30 ans. Personne n'imaginait à l'époque que le Luxembourg deviendrait un jour le plus grand centre de fonds en Europe et le deuxième au monde derrière les Etats-Unis», a déclaré Denise Voss, la présidente de l'ALFI.

Ce succès n'est pas le fruit du hasard: un facteur clé a été l'étroite collaboration avec le secteur public. Selon Pierre Gramegna, «c'est bien le partenariat public-privé qui a fait le succès de l'industrie luxembourgeoise des fonds d'investissement au cours de ces années».

Depuis 2014, les actifs sous gestion du secteur sont passés de 2.600 milliards à plus de 4.200 milliards d'euros, soit une croissance de 60 % en cinq ans. «C'est un excellent résultat», a souligné le ministre.

Cadre réglementaire pour la Blockchain

Pour rester compétitif sur le marché, le secteur a créé les REIF ou «fonds d'investissement immobilier spécialisé» qui ont montré leur succès avec pas moins de 463 structures créées en l'espace de deux ans. De plus, le gouvernement a annoncé il y a quelques jours la possibilité, pour le secteur financier, d'utiliser des dispositifs d'enregistrement électroniques sécurisés, dont notamment les registres ou bases de données électroniques distribués du type blockchain, pour l'émission, l'inscription et la circulation sécurisés des titres.

«Le Grand-Duché comptera parmi les premiers pays à disposer d'un cadre législatif clair en la matière, apportant une clarté juridique adéquate aux utilisateurs», s'est félicité Pierre Gramegna.

«Je suis confiant, le Luxembourg est bien positionné pour tirer parti de la digitalisation», a-t-il ajouté.

Le Luxembourg est aussi devenu un leader de la finance verte. Selon la première édition du Global Green Finance Index (GGFI), le Grand-Duché figure parmi les meilleures places financières vertes, soit deuxième en termes de pénétration des finances vertes.

Et pour accélérer encore le développement de ce secteur, le ministre a déclaré qu'«il faudra réfléchir à la manière de rendre les fonds d'investissements verts encore plus attractifs sur le plan fiscal.»

Les fonds, ça s'apprend

Après avoir remercié toute la communauté financière pour sa contribution à ce succès, Denise Voss a tourné son regard vers le futur et les prochains défis à relever. Parmi les priorités essentielles qui vont remplir l'agenda de l'ALFI: le thème de l'éducation financière occupe une place centrale. «En Europe et ailleurs, cette thématique va devenir encore plus importante à mesure que l'âge moyen de la population augmentera. Les pressions exercées sur les régimes de retraite en Europe et dans le monde entier signifient que les individus deviendront plus responsables de leur bien-être financier. Les consommateurs qui possèdent des connaissances financières et qui comprennent l'information financière peuvent faire de meilleurs choix et devraient être mieux protégés contre les risques financiers et la fraude», a commenté Denise Voss.

A l'occasion de son 30e anniversaire, l'association a annoncé une nouvelle version de son site Internet understandinginvesting.org, qui vise à donner aux individus les connaissances nécessaires dans le domaine des fonds d'investissement.

Better Finance, la Fédération européenne des usagers des services financiers, a salué l'initiative de la Commission européenne de construire une Union des marchés de capitaux (UMC). Si elle est correctement structurée, l'UMC pourrait en effet contribuer à la relance de la croissance et de l'emploi en Europe.

Cependant «l'éducation financière de la population européenne est un prérequis au développement de cette Union des marchés de capitaux», a déclaré sa présidente Jella Benner-Heinacher. «C'est une des clés du succès, mais il faut aller encore plus loin. Il faut disposer d'un plan d'action de la Commission européenne, il faut mettre en place des incitations pour rendre l'Union des marchés des capitaux plus attractive pour les entreprises. Il faudra probablement aussi proposer des stimuli fiscaux pour les particuliers. Il y a encore un long chemin à parcourir.»

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Comment favoriser la transition énergétique avec son épargne?
A l'heure où le monde se penche enfin sur la question de la transition énergétique avec entrain, la question des flux d'argent et de leur impact sur la planète commence à germer dans les esprits. Comment favoriser cette transition avec son épargne? Où investir?
«Etre pro-actifs et pas seulement réactifs»
La conférence Global Distribution de l'ALFI s'ouvre aujourd'hui au Centre de conférences. Camille Thommes, directeur général de l'ALFI, détaille les perspectives de développement du secteur des fonds luxembourgeois.
Camille Thommes
Statec: Le Luxembourg pourrait tirer avantage du Brexit
Une étude du Statec a évalué les conséquences financières du Brexit pour le Luxembourg. Le pays a des liens étroits avec le Royaume-Uni notamment dans le domaine des services financiers. Le Luxembourg pourrait en tirer profit, mais cela reste dépendant de nombreux facteurs.