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Une soixantaine de postes dans le viseur de G4S
Économie 4 min. 07.05.2021

Une soixantaine de postes dans le viseur de G4S

Il y a quelques mois, le groupe avait cédé son activité "transport de fonds" à Brink's juste avant d'être racheté par Allied Universal.

Une soixantaine de postes dans le viseur de G4S

Il y a quelques mois, le groupe avait cédé son activité "transport de fonds" à Brink's juste avant d'être racheté par Allied Universal.
Économie 4 min. 07.05.2021

Une soixantaine de postes dans le viseur de G4S

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
La direction de la société, leader dans le gardiennage au Grand-Duché, a confirmé son intention de se séparer d'environ 5% de ses effectifs. Un plan social qu'elle entend décliner en trois phases.

Plus d'un an maintenant que la crise covid joue au yoyo avec les sociétés spécialisées dans la surveillance. Tantôt il faut des vigiles à l'entrée des commerces pour veiller au respect des consignes sanitaires. Tantôt il faut en finir avec le gardiennage des bureaux désertés pour cause de lockdown ou de recours massif au télétravail. Tantôt les agents sont invités à rester chez eux car plus aucune fête, concert et autre salon professionnel ne se tient. Des hauts et des bas sur lesquels, aujourd'hui, l'entreprise G4S s'appuie pour justifier le déclenchement d'un plan social.


San Francisco, UNITED STATES: The IBM logo is pictured at the RSA Conference 2007 in San Francisco, 07 February 2007.  AFP PHOTO/GABRIEL BOUYS (Photo credit should read GABRIEL BOUYS/AFP via Getty Images)
Plan social finalement acté chez IBM
Initiée début mars, la procédure visant à licencier 38 salariés s'est achevée ce lundi par la signature d'un accord entre syndicat et direction. Après tout de même un passage par une procédure de non-conciliation, indique lundi le LCGB.

L'annonce en a été faite le 5 mai dernier et ce vendredi, en réunion avec les représentants du personnel, la direction a confirmé ce choix. Assurant vouloir diminuer ses rangs de 5% d'employés, soit une soixantaine de postes sur ces 1.200 recrues. «Il a même été précisé que l'entreprise comptait effectuer cette réduction en trois phases, note Paul Glouchitski, secrétaire général LCGB. Une première vague à la signature du plan social, une seconde en septembre prochain et la dernière au troisième trimestre 2021». 

Voilà qui conclurait une année débutée par 13.000 heures de chômage partiel accordées de janvier à mars. «Mais pour nous ce choix est incohérent», rappelle le LCGB qui fait front commun avec l'OGBL sur ce dossier. En effet, la reprise d'activité semble approcher avec les levées de restrictions annoncées et à prévoir. Les salles de spectacle vont pouvoir accueillir plus de public, les stades retrouver les spectateurs, les rassemblements réunir plus de monde. «Autant d'éléments qui nécessiteront de la surveillance.» D'où l'incompréhension des syndicats sur le choix de la direction de G4S.

D'ailleurs, en interne, la suppression annoncée de 60 emplois interpelle. En effet, il y a quelques jours, sur la plateforme d'échanges d'information ouverte aux salariés, l'entreprise a fait part du recrutement de onze agents féminins supplémentaires. Et ce pour assumer les contrôles des passagères à l'aéroport du Findel. Même chose sur la page Facebook de la société qui réclame des maîtres-chiens... «D'un côté, on dégraisse, de l'autre on embauche. Cela n'a pas de sens.»

Dan Kersch sollicité

Pour les syndicats, si une solution à la crise doit être trouvée elle est à rechercher dans un plan de maintien dans l'emploi sectoriel. «Un peu à l'image de ce qui vient d'être conclu pour le secteur des bus», indique Paul Glouchitski. Ce choix permettrait ainsi de continuer à faire bénéficier du chômage partiel une partie des employés, rendrait possible départ en préretraite, etc. 

Pour Michelle Cloos, secrétaire centrale OGBL, il convient que la direction résolve«son éventuel problème de sureffectif» par autre chose que des licenciements secs. «Il y a un nom les agents de sécurité étaient classés parmi les essentiels de la société, et maintenant on veut les mettre à la porte. Incroyable.» Et d'en appeler notamment à la solidarité du secteur de la Sécurité car certaines sociétés pourraient certainement faire appel aux personnels de G4S pour un prêt de main d'oeuvre temporaire.

Par ailleurs, l'OGBL (syndicat majoritaire dans l'entreprise), entend demander une entrevue au ministre du Travail. Dan Kersch (LSAP) devant être alerté sur la situation de G4S «qui a largement bénéficié de la manne publique avec le paiement du chômage partiel, mais qui n'a rien fait (formation par exemple) pour assurer un meilleur avenir à ses salariés». 

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