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Une première européenne pour le Luxembourg
Économie 7 3 min. 20.12.2016 Cet article est archivé
Station de rechargement de bus

Une première européenne pour le Luxembourg

Le pantographe va se poser sur le bus. Les quatre rails seront connectés pour permettre au bus de se recharger.
Station de rechargement de bus

Une première européenne pour le Luxembourg

Le pantographe va se poser sur le bus. Les quatre rails seront connectés pour permettre au bus de se recharger.
Thierry Labro
Économie 7 3 min. 20.12.2016 Cet article est archivé
Station de rechargement de bus

Une première européenne pour le Luxembourg

Thierry LABRO
Thierry LABRO
Le Luxembourg a inauguré mardi après-midi à Bertrange la première station de recharge de bus hybride en Europe utilisée dans un cadre commercial. Le point de départ d'une aventure qui va connaître de nombreux bouleversements.

par Thierry Labro

"Il n'y a pas de chauffage dans ce bus?" François Bausch parle comme un frontalier lorrain qui prendrait le TER... mais le ministre des Transports est tout sourire, content de voir la première station de rechargement de bus hybride fonctionner comme prévu à la date prévue.

A la gare de Bertrange, le temps est glacial, mardi après-midi, quand le "26" vient se positionner devant l'espèce de bras blanc d'ABB, un des leaders mondiaux des "charges rapides". Au sol, des  pavés indiquent exactement où le chauffeur doit positionner son bus hybride de type Volvo 7900. 

A son bord, le chauffeur, tout heureux de cette nouvelle génération de bus plus facile à conduire et plus confortable pour lui, attend que le pantographe dialogue avec le bus grâce au WiFi. Ce bras articulé descend sur le bus pour que quatre rails perpendiculaires se connectent. Le rechargement ne prendra que 5 à 7 minutes. 

Le bus ne pourra redémarrer que lorsque le chauffeur relâchera le frein à main et un dispositif empêche tout arrachage de ce bras articulé de haute technologie.

La batterie permet au bus d'effectuer jusqu'à 8 kilomètres en cycle urbain, d'où le choix des premières lignes. Sur le tableau de bord du chauffeur, celui-ci sait en permanence combien il lui reste d'autonomie et le choix d'être sur l'électrique ou le moteur diesel peut même être fait à distance.

Ce bus-là ira jusqu'à Alzingen en passant par Leudelange et la Cloche d'or. Deux autres "poles" devraient être installés pour le Cents et les lignes 9 et 14 et la ligne Bascharage-Luxembourg (215) est aussi à l'étude.

Six bus et six autres à venir

Six bus sont équipés de cette technologie développée par Volvo et six autres pourraient prochainement être commandés, a indiqué le ministre. Cette première européenne s'accompagnera d'une autre première, mondiale celle-là: en mai prochain, à Differdange, les trois citybus seront à 100% électriques.

L'infrastructure, 450.000 euros, a été financée par le ministère du Développement durable et des Transports et la réalisation confiée aux Ponts et Chaussées et à ABB, avec l'appui de VolvoBus, qui a récemment installé son centre d'innovation européen à Bettembourg, et de SalesLentz, pionnier du transport électrique au Luxembourg.

Une technologie ouverte aux autres constructeurs

Sa particularité est d'être à la fois accessible aux bus hybrides des autres constructeurs et la norme retenue peut être utilisée par d'autres constructeurs d'infrastructures. Il est même possible de "doper" la puissance de la petite station de transformation, juste à côté de l'arrêt de bus, pour passer à une puissance de 300 ou de 450 kWh.

Même lorsqu'il se félicite de pouvoir éviter des problèmes de pollution au dioxyde de carbone comme ceux que connaît Paris, le ministre sait bien que les prochaines années vont amener de nombreux bouleversements dans le secteur. Les batteries seront capables, même dans un petit format, de stocker bien davantage d'électricité, et la durée de rechargement va aussi diminuer, de quoi permettre de passer au "full electric". 

Lundi après-midi en Suède, un autre constructeur de bus, Scania, associé à Bombardier, a testé avec succès un bus qui se recharge par induction. Une plaque au sol ou sur le toit permet d'arriver au même résultat qu'au Luxembourg avec un procédé différent. Testé dans quelques villes en Allemagne et en Belgique. La révolution est prête. Elle est encore chère.

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