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Une devise sauce poisson
Économie 3 min. 07.05.2019

Une devise sauce poisson

Charlotte Ripetti et Jérôme Grandidier sont avec David Del Bourgo les cofondateurs de MySardines.com.

Une devise sauce poisson

Charlotte Ripetti et Jérôme Grandidier sont avec David Del Bourgo les cofondateurs de MySardines.com.
Photo: Pierre Matgé
Économie 3 min. 07.05.2019

Une devise sauce poisson

Aude FORESTIER
Aude FORESTIER
La start-up MySardines.com propose une cryptomonnaie basée sur des boîtes de sardines.

Petite devinette: quel est le point commun entre les cryptomonnaies et les boîtes de sardines à l’huile millésimées? Réponse: mySardines.com! Née en octobre 2018, la jeune entreprise a été fondée par Charlotte Ripetti, la CEO, David Del Bourgo, commerçant à Thionville et Jérôme Grandidier, une figure du monde des start-up au Luxembourg. Ils auraient pu se tourner vers le vin, mais ils ont choisi un produit plus «fun» et accessible à tous.

Détails importants: la boîte de sardine est stérile, elle peut être livrée dans le monde entier et «il n’y a pas de problème de douane», dit Charlotte Ripetti. En plus, «c’est ludique, c’est marrant et tout le monde en a mangé». Le trio a voulu lancer une cryptomonnaie qui évolue avec la valeur de la sardine. Le but de la start-up étant de démocratiser les monnaies électroniques. 

Stockage sur une «Solo Card»

Car le Bitcoin, qui repose sur des transactions entre utilisateurs, est plutôt réservé à une élite de geeks. Le Sard, la devise de la firme, vaut une boîte de sardines. Si le cours de la monnaie se dégrade, les conserves seront «toujours présentes», précise la jeune femme. Les boîtes sont stockées au Luxembourg, retournées tous les six mois pour une question de conservation. Elles sont aussi auditées une fois par an par une entreprise spécialisée.

Indexés sur la valeur du stock, les Sard sont stockés sur un token en forme de carte de crédit appelé «Solo Card». Le support a été développé en partenariat avec la jeune pousse CoinPlus. Equivalent du portefeuille, il apporte une sécurité à l’investisseur.

«Une centaine de précommandes»

En parlant d’investissement, le 1er avril dernier, la start-up a lancé sa première levée de fonds. La période de préinscription a débuté à ce moment-là. Les personnes intéressées se sont inscrites sur le site de la firme afin d’effectuer leur précommande en euros. A partir du 16 mai, date de lancement officiel du Sard au salon Vivatech à Paris, «elles pourront confirmer leur commande», précise Jérôme Grandidier. L’argent récolté permettra d’acheter les boîtes. 

Lorsque l’opération sera terminée le 30 septembre, «les gens pourront acheter des Sard au prix que cela vaudra à ce moment-là», dit-il. Pour l'instant, «nous avons une centaine de précommandes». Pour ceux et celles qui souhaiteraient récupérer leur mise, une livraison des boîtes est prévue. Sinon, il sera possible de les chercher au Luxembourg. «L’idée est de faire une levée de fonds tous les ans sur les nouveaux millésimes», ajoute-t-il. 

Présentation au CES de Las Vegas

Les créateurs de MySardines ont voulu montrer qu’il est possible de faire une ICO (levée de fonds en cryptomonnaie) de «façon transparente», souligne-t-il. La levée de fonds de la jeune firme est la première faite de façon officielle au Luxembourg, selon Jérôme Grandidier.

Au mois de janvier dernier, la fine équipe a présenté son produit au Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas. «Nous avons attiré beaucoup de monde sur le stand. Les gens étaient très souriants, d'autres n'y croyaient pas», raconte la CEO. Elle continue: «Nous avons eu de très bons retours. Des personnes venues de Chine et de Hong-Kong étaient intéressées». Le projet a même été qualifié de «plus farfelu par les organisateurs du CES». Un beau compliment, non?