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Un repreneur serait toujours intéressé par Liberty Steel
Économie 4 min. 25.10.2022
Usine à Dudelange

Un repreneur serait toujours intéressé par Liberty Steel

«Ils sont en train de vendre tout ce qu'ils peuvent pour avoir des liquidités et continuer à payer des salaires, c'est fou!», souligne Robert Fornieri d'un air médusé.
Usine à Dudelange

Un repreneur serait toujours intéressé par Liberty Steel

«Ils sont en train de vendre tout ce qu'ils peuvent pour avoir des liquidités et continuer à payer des salaires, c'est fou!», souligne Robert Fornieri d'un air médusé.
Photo: Chris Karaba
Économie 4 min. 25.10.2022
Usine à Dudelange

Un repreneur serait toujours intéressé par Liberty Steel

Thomas BERTHOL
Thomas BERTHOL
Un acteur du secteur serait toujours partant pour reprendre le site de Dudelange en cas de faillite, selon le syndicaliste Robert Fornieri.

«La situation est tellement grave et désespérante que le seul réconfort que les salariés et la délégation ont se trouve maintenant entre les mains des ministres», lâchait Robert Fornieri lundi soir après avoir rencontré les ministres de l'Economie, Franz Fayot, et du Travail, Georges Engel (tous les deux LSAP). Le secrétaire général adjoint du LCGB, syndicat majoritaire à Liberty Steel, a ainsi tenu à les remercier pour leur soutien, car sans celui-ci, il estime que les salariés du site de Dudelange ne «savent pas vers où ils vont» et que ce sera encore pire dans «un scénario catastrophe».


Virgule, Situation Liberty Steel Dudelange, Photo:Chris Karaba/Luxemburger Wort
«Les salariés attendent avec angoisse leur salaire»
Depuis 18 mois, les employés de l'usine Liberty Steel à Dudelange trépignent de pouvoir reprendre leur travail. L'activité sera encore à l'arrêt jusqu'à la fin de l'année au minimum.

Pour rappel, depuis près de 18 mois, les employés de l'usine attendent de pouvoir à nouveau travailler. Et le site n'est pas près de redémarrer de sitôt, car il a été «mis sous cocon» jusqu'au moins la fin de l'année. 

«Toutes les parties présentes ont exprimé leurs vives inquiétudes concernant la conduite des affaires par Liberty Steel au niveau intragroupe et sur le site à Dudelange dans un contexte d'agissements potentiellement abusifs qui semblent s'opposer à l'intérêt social de l'entreprise luxembourgeoise voire compromettent son avenir économique. Le ministre de l'Économie a sommé la direction de l'entité luxembourgeoise de Liberty Steel de prendre position à ce sujet», indiquent les ministères de l'Economie et du Travail dans un communiqué rédigé avec les syndicats LCGB et OGBL et envoyé ce mardi matin.

«Ils sont en train de vendre tout ce qu'ils peuvent pour avoir des liquidités et continuer à payer des salaires, c'est fou! On n'a plus de mots pour dire ce qui se passe. Ils grattent le tiroir avec les ongles. On vend le zinc, on vend un bâtiment administratif de 14 millions d'euros en Belgique», souligne de son côté Robert Fornieri d'un air médusé. 

Un plan B en cas de faillite

Ce dernier espérait à l'issue de la rencontre savoir s'il y avait toujours un repreneur prêt à donner un nouveau souffle à l'entreprise et dans quelles conditions cette reprise serait faite. Le ministre de l'Économie a indiqué qu'un candidat serait effectivement toujours prêt à reprendre le site de Dudelange en cas de faillite, rapporte Robert Fornieri.

«Nous réfléchissons à tous les moyens possibles pour qu'il y ait un changement clair dans ce dossier.

Robert Fornieri, secrétaire général adjoint du LCGB

Mais sous quelles conditions? «Des discussions devraient être encore menées avec ce repreneur, car la conjoncture actuelle a changé», glisse le syndicaliste. Le LCGB a également plaidé auprès du ministre du Travail qu'en cas de faillite, le Fonds pour l'emploi puisse agir rapidement auprès des employés ne touchant plus de salaire. 

«Ça dépend bien sûr aussi d'un autre interlocuteur, en l'occurrence le tribunal. D'un point de vue de l'organisation syndicale, nous devrons déposer rapidement les déclarations de créances au travail et cela nous permettra de demander des avances», explique l'ancien sidérurgiste. Il indique également que Georges Engel a assuré qu'il allait travailler de concert avec le ministère de l'Économie «pour éviter le plus que possible des dommages au pouvoir d'achat ou à la situation sociale des travailleurs». Le ministre du Travail a ainsi «rassuré les syndicats et la délégation du personnel que son ministère veillerait à ce que les salaires continuent à être payés par le biais du Fonds pour l'emploi si cela s'avérait nécessaire» selon un communiqué envoyé par le gouvernement et les syndicats.

Si le site de Dudelange ne venait pas à faire faillite, le LCGB se dit prêt à «réfléchir à tous les moyens possibles pour qu'il y ait un changement clair dans ce dossier». Robert Fornieri dit ne pas comprendre que la direction du groupe ne manifeste aucune réaction, ni même auprès du gouvernement luxembourgeois: «Pour le LCGB, c'est un manque de respect invraisemblable et même d'éducation envers toutes les instances: des salariés, des délégations, des syndicats, des ministères, du gouvernement et de l'État luxembourgeois»

Un dossier avec plusieurs zones d'ombre

Qui est le repreneur en question? «C'est un sujet extrêmement délicat et confidentiel, parce que ça risque de compromettre la seule possibilité en cas de catastrophe. Donc là, on n'en parle pas», appuie le représentant du LCGB. Il confie toutefois: «C'est un acteur industriel qui pourrait nous donner un avenir».

Que retenir de cette réunion avec les ministres? Le soutien de l'État avant tout dans le dossier Liberty Steel, mais difficile d'y voir sinon plus clair, hormis qu'une «situation de catastrophe» se profile à l'horizon, selon Robert Fornieri: «Le groupe Liberty, ça reste l'obscurité totale. On ne comprend pas ce qui se passe, on entend des bruits. J'entends beaucoup de choses qui se passent, des choses au niveau européen et mondial dans le groupe. Mais en réalité, de concret, on n'a vraiment rien.»

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