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Un cluster pour une niche concurrentielle
Économie 3 min. 24.10.2014 Cet article est archivé
«MICE»

Un cluster pour une niche concurrentielle

Au côté de Gilles Scholtus (Direction générale du Tourisme), la secrétaire d'Etat à l'Economie, Francine Closener, a lancé un nouveau cluster autour du tourisme d'affaires et de congrès
«MICE»

Un cluster pour une niche concurrentielle

Au côté de Gilles Scholtus (Direction générale du Tourisme), la secrétaire d'Etat à l'Economie, Francine Closener, a lancé un nouveau cluster autour du tourisme d'affaires et de congrès
Foto: Serge Waldbillig
Économie 3 min. 24.10.2014 Cet article est archivé
«MICE»

Un cluster pour une niche concurrentielle

La secrétaire d'Etat à l'Economie, Francine Closener, a présenté, hier après-midi au centre de conférences du Kirchberg, un nouveau cluster, «MICE», pour «Meetings, incentives, conventions and exhibitions», pour développer le tourisme de congrès au Luxembourg.

La secrétaire d'Etat à l'Economie, Francine Closener, a présenté, hier après-midi au centre de conférences du Kirchberg, un nouveau cluster, «MICE», pour «Meetings, incentives, conventions and exhibitions», pour développer le tourisme de congrès au Luxembourg.

Le Luxembourg avait-il besoin de créer un nouveau cluster pour développer le secteur du tourisme de congrès?

Vingt-trois professionnels de ce secteur qui apporte au Luxembourg 6,5 % de son produit intérieur brut – plus que l'industrie classique (5,5 %) – 3 milliards d'euros de revenus annuels ou encore 20.000 emplois, semblent convaincus que la mise en commun de moyens, même limités, peut permettre au pays de grimper dans le classement des pays et des villes organisateurs de congrès.

Moyens limités parce que le cluster restera sous le giron de l'Office national du tourisme, financé à 80 % par l'Etat, a annoncé la secrétaire d'Etat à l'Economie, Francine Closener, au moment de dérouler son argumentaire, hier après-midi au restaurant du centre de conférences du Kirchberg. Une question de simplification juridique, puisque le cluster n'aura pas de structure propre, et de moyens puisqu'il sera administré directement par une personne de l'Office. A charge pour les membres de se mettre d'accord, au sein d'un comité exécutif, sur les actions qu'ils comptent entreprendre, sur les salons où ils comptent se rendre pour assurer la promotion du Luxembourg dans ce marché de niche dans lequel le pays a une belle carte à jouer.

Comme la ministre l'a rappelé, le Luxembourg «occupe une position centrale en Europe, est stable politiquement, fait partie du top dix des pays les plus sûrs au monde et la transition aéroport-hôtel-lieu de congrès est facile». Elle aurait pu ajouter le centre-ville historique très prisé, le nombre de restaurants et de bars, voire les possibilités de thermalisme ou de golf, que cela n'aurait pas paru incongru. Surtout, il est pour l'instant encore «capitale européenne» et accueille à ce titre les sommets des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne.

Mais les statistiques de l'Association internationale des organisateurs de congrès présentent une réalité qu'il faudra regarder. Si le Luxembourg est doté avec le nouveau centre de conférences d'une structure qui permet d'attirer 1.000 personnes en même temps, la moyenne mondiale sur dix ans est à peu près stable... à 400 personnes par congrès, qui cache une réalité différente pour l'Asie en plein boom face à la Vieille Europe et à l'Amérique. Le nombre de congrès est en baisse même si la bonne nouvelle vient de l'explosion de la fréquence annuelle (58,3 %) des congrès. Le meilleur mois reste septembre, suivi par juin et octobre pour des congrès de 3,7 jours, en bausse.

Dans ce contexte, Luxembourg est très loin des leaders: 62e pays avec Chypre et le Paraguay dans un classement dominé par les Etats-Unis (829), l'Allemagne (722) et l'Espagne (562), 66e ville mondiale comme Lille ou Leipzig, très loin de Paris, Madrid ou Vienne ou 33e ville européenne sur 45. Pourtant, le taux de remplissage de l'hôtellerie a été de plus de 66 % sur le premier semestre, plus de 75 % sur la région centre, locomotive du tourisme d'affaires.

Parmi les axes de développement sur lesquels devront se pencher les membres du cluster, les synergies... avec les autres clusters comme BioHealth ou ICT! Les thématiques des congrès sur dix ans montrent en effet la suprématie des congrès médicaux, devant les congrès autour de la technologie puis de la science. Voire sur la rotation «régionale» avec les autres centres de congrès de la Grande Région puisque Metz s'interroge sur l'opportunité de créer un palais des congrès, comme Nancy, Trèves ou Sarrebruck.

Thierry Labro


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