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«Un actionnaire industriel serait positif»
Économie 3 min. 24.04.2014 Cet article est archivé

«Un actionnaire industriel serait positif»

Le CEO d'Enovos, Jean Lucius, entend poursuivre la politique d'investissement du fournisseur d'énergie luxembourgeois.

«Un actionnaire industriel serait positif»

Le CEO d'Enovos, Jean Lucius, entend poursuivre la politique d'investissement du fournisseur d'énergie luxembourgeois.
Photo: Eric Brausch
Économie 3 min. 24.04.2014 Cet article est archivé

«Un actionnaire industriel serait positif»

Après l'annonce du prochain retrait de ses actionnaires allemands RWE et E.ON, le CEO d'Enovos voit d'un bon oeil la montée en puissance de l'Etat dans son actionnariat et verrait avec plaisir l'arrivée d'un nouvel actionnaire du monde de l'énergie.

  • RWE et E.on veulent vendre leurs parts dans Enovos, Electrabel pourrait faire de même. Pourquoi ces sociétés se désengagent?

Nous ne commentons pas les décisions des actionnaires. Mais il voir que le le secteur de l'énergie change en Europe. Notre actionnariat est liée à notre histoire, à l'époque de Soteg, Cegedel et Ferngas. Aujourd'hui, les acteurs ne se limitent plus à des participations simplement financières et regardent si cela fait sens dans leur stratégie.

  • Le ministre de l'Economie Etienne Schneider a affirmé que l'Etat et ses partenaires (SNCI et la Ville de Luxembourg) prendront une participation majoritaire dans Enovos. Cela vous convient?

C'est une bonne chose quand les actionnaires utilisent leur droit de préemption, cela veut dire qu'il sont contents avec la société, sinon ils ne le feraient pas. Et puis, c'est positif qu'il y ait un fort actionnariat luxembourgeois. Je pense qu'il n'y a rien de négatif là-dedans. D'un autre côté, il est également bien d'avoir un actionnariat qui présente un mixte d'expériences. Si on dit il y a une majorité d'actionnariat luxembourgeois, cela ne veut pas dire qu'un actionnaire comme Ardian n'est pas important pour la société, il doit continuer à jouer un rôle actif. Il y a peut-être d'autres gens qui sont intéressés à rentrer dans le capital d'Enovos. Si jamais il y avait un actionnaire industriel, c'est-à-dire quelqu'un qui vient des les mêmes métiers que nous, ce serait vraiment positif. Pour moi, ce serait un bon mélange.

  • Etienne Schneider a indiqué que la montée dans le capital de Enovos permettrait d'avoir un regard sur les prix de l'énergie. Vous ne craignez pas une ingérence?

Non, pas du tout. C'est important pour le Luxembourg de disposer d'une société comme Enovos. Un des rôles d'Enovos c'est d'offrir des prix compétitifs à ces clients. Mais pour pouvoir le faire, Enovos doit avoir une taille critique dans le marché parce que c'est un marché européen. Donc Enovos doit continuer à se développer et s'il le fait il sera à même d'offrir des prix compétitifs à ses clients ici au Luxembourg. Pour un Etat, c'est important d'être actionnaire d'une société au Luxembourg qui est compétitive en Europe. C'est bon pour le Luxembourg finalement. Nous avions une stratégie d'investissement dans les réseaux, dans les énergies renouvelable et dans les services. Nous allons continuer cette stratégie comme prévue.

  • Vous espérez des négociations rapides?

Le processus de cession des participations n'a pas encore commencé, il est difficile de donner un timing. Des opérations comme cela durent un certain temps. On pourrait éventuellement le terminer au courant de cette année-ci.

  • Le changement d'actionnariat va-t-il entraîner des changements dans la direction d'Enovos ?

J'ai eu un entretien avec Etienne Schneider à ce sujet, il n'y aura aucun changement au niveau du management. On a une excellente équipe au sein de Enovos, il n'y a aucune raison de changer quoi que ce soit.

Propos recueillis par Linda Cortey