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«Tout ou presque» reste à faire dans l'e-commerce
Économie 3 min. 26.04.2021

«Tout ou presque» reste à faire dans l'e-commerce

La demande est là: en 2019 63% des résidents du Grand-Duché ont effectué au moins un achat en ligne, selon Eurostat.

«Tout ou presque» reste à faire dans l'e-commerce

La demande est là: en 2019 63% des résidents du Grand-Duché ont effectué au moins un achat en ligne, selon Eurostat.
Photo: Shutterstock
Économie 3 min. 26.04.2021

«Tout ou presque» reste à faire dans l'e-commerce

Marie DEDEBAN
Marie DEDEBAN
Conséquence directe de la pandémie, les commerçants du Luxembourg ont mis un coup d'accélérateur sur les ventes en ligne. Mais cet intérêt soudain se heurte, pour l'heure, à un manque de main-d'œuvre «formée et compétente». Une lacune amenée à être comblée.

Qu'ils soient des adeptes de la première heure ou contraints et forcés par le confinement, l'e-commerce fait désormais partie du quotidien des commerçants. Preuve en est le succès de Letzshop: la plateforme en ligne accessible aux petites entreprises comme aux plus grandes a enregistré une hausse de 1.434% des commandes et de 803% du chiffre d'affaires.


Letzshop.lu gonfle ses ventes de 803% en un an
Avec la crise covid (et les fermetures administratives des commerces) la plateforme de vente en ligne est devenue LA "marketplace to be". Résultat, plus de boutiques inscrites, plus de produits à vendre et une explosion des commandes.

Mais pour pérenniser ce succès, cet écosystème balbutiant doit dépasser ses propres difficultés. En effet en 2020, à peine plus d'une entreprise luxembourgeoise sur 10 est parvenue à conclure une vente en ligne, selon les derniers chiffres d'Eurostat. Un chiffre en deçà de la moyenne de 21% au sein de l'Union européenne, et qui plus est en baisse depuis 2018.

Une situation qui n'a «rien d'étonnant» selon Nicolas Henckes, directeur de la confédération luxembourgeoise du commerce (CLC), qui pointe du doigt l'électrochoc qu'a été le confinement. Jusque-là les responsables de PME «n'avaient même pas conscience» que leur absence sur internet représentait déjà «une perte de chiffre d'affaires», et que sans site internet il allait être difficile de survivre. L'engouement pour les achats en ligne, illustré par le surplus de deux millions de colis traités par le groupe Post en 2020, a fini de les convaincre.

La première étape franchie, reste à s'attaquer à un problème de taille: le manque de main-d'œuvre. Car en la matière «tout est à faire, ou presque», souligne le directeur de la CLC. En effet, au delà de la vente l'e-commerce nécessite des magasiniers, des développeurs web ou encore des responsables marketing. Un écosystème dont les besoins sont actuellement «difficiles à quantifier précisément», selon la chambre de commerce qui a poussé le ministère de l'Education nationale à créer une formation professionnelle dédiée. Une première au Luxembourg.

Ainsi dès la rentrée de septembre, une soixantaine d'élèves des lycées techniques de Lallange et Bonnevoie suivront des cours de logistique, marketing digital, ou encore d'analyse financière. Une fois titulaires de leur diplôme de technicien, ceux-ci pourront «trouver un emploi dans n'importe quelle branche de l'e-commerce», «lancer leur propre boutique», ou «poursuivre des études supérieures», énumère Line Jacoby, conseillère en formation à la chambre de commerce. De véritables couteaux suisses.

Consciente que la professionnalisation du secteur ne peut pas attendre 2022 et l'arrivée de cette première promotion, la chambre de commerce propose également aux responsables de PME d'acquérir eux-mêmes de nouvelles compétences. Via la House of Training, les petits commerçants qui le désirent peuvent se familiariser avec les rouages du marketing digital en une quarantaine d'heures.

Car pour prendre en marche le train de l'e-commerce, il faut s'adapter. Et vite. Déjà en 2019 63% des résidents du Grand-Duché avaient effectué au moins un achat en ligne, selon les dernières données d'Eurostat. Pour prétendre concurrencer Amazon ou Alibaba, les PME doivent miser sur l'électronique grand public et d'habillement. Dans ces deux catégories, les demandes devraient être exponentielles d'ici 2025 à en croire les prévisions de la société de services financiers UBS. L'occasion pour les commerces de proximité de tirer leur épingle du jeu. 

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