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Soulagement après la tripartite sidérurgie
Économie 3 min. 15.12.2020

Soulagement après la tripartite sidérurgie

La cellule de reclassement pourrait accueillir quelque 280 salariés, mais plus de cadres et employés que de personnels liés à la production cette fois.

Soulagement après la tripartite sidérurgie

La cellule de reclassement pourrait accueillir quelque 280 salariés, mais plus de cadres et employés que de personnels liés à la production cette fois.
Photo : AFP
Économie 3 min. 15.12.2020

Soulagement après la tripartite sidérurgie

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Aucun site ArcelorMittal ne fermera au Luxembourg d'ici 2025. C'est une des annonces faites à l'issue de la réunion tripartite entre le groupe sidérurgique et les partenaires sociaux.

3.514 postes actuellement, mais combien demain? L'interrogation était dans toutes les têtes, mardi matin, à l'heure de débuter une nouvelle réunion tripartite autour du devenir de l'activité sidérurgique au Grand-Duché. Ou plus exactement sur le devenir d'ArcelorMittal qui envisageait de réduire de 15% ses effectifs au Luxembourg, du fait de la baisse de son carnet de commandes.


Politik, Tripartite, Chateau de Senningen, Xavier Bettel, Nora Back, Patrick Dury, Sylvain Hoffmann, Dan Kersch, Francois Bausch, foto: Chris Karaba/Luxemburger Wort
Les syndicats souhaitent accélérer la tripartite
A quelques heures de l'allocution du Premier ministre quant à la probable mise en oeuvre de nouvelles restrictions destinées à lutter contre la pandémie, OGBL et LCGB demandent au gouvernement un réunion avancée par rapport au calendrier initial.

Au final, il n'y aura aucune suppression d'emplois parmi les 536 postes sur la sellette. Differdange, Esch-Belval, Rodange, Luxembourg, Esch-sur-Alzette, Bissen mais aussi l'atelier mécanique de Dommeldange: chaque site sera pérennisé s'est engagé l'unique producteur d'acier encore en activité au Luxembourg. Un maintien des structures de production ou administratives acté jusqu'en 2025. «Je crois que de nombreux salariés peuvent donc souffler», commente le secrétaire central OGBL, Stefano Araujo à l'issue des 2h30 de rencontres.

Investir ou rembourser

Pas question toutefois pour le syndicaliste de crier victoire, car «du travail reste à faire». Car le texte de garantie d'emploi et de maintien des unités ne sera signé que début 2021. Il ne s'agit pour l'heure que d'un accord de principe. D'ici là, il va falloir pour les différents signataires bien étudier les propositions mises sur la table. «Il y aura un plan de maintien dans l'emploi avec des départs en retraite, préretraite et même en préretraite ajustement, note Stefano Araujo. Près de 240 salariés pourront bénéficier d’un départ avancé pour ainsi atténuer les effets du plan de restructuration».

Mais au-delà de ces dispositifs qui engloberaient, pour l’instant, tous les salariés nés en ou avant 1964, il est aussi question de limiter le recours à l'externalisation de certaines missions. De quoi préserver une soixantaine de postes en interne.


Workers move rolls of aluminium at a factory in Zouping in China's eastern Shandong province on April 7, 2018. 
China said on April 6 it is ready to pay "any cost" in a trade war after US President Donald Trump threatened an additional $100 billion in tit-for-tat tariffs on Beijing. / AFP PHOTO / - / China OUT
Le prêt de main-d'œuvre toujours d'actualité
Faire temporairement appel à des renforts venus d'autres entreprises : ce choix avait été boosté lors de la première vague covid. Mais il pourrait bien connaître le même succès au vu du nombre d'infections et de mises en quarantaine perturbant certaines sociétés.

Parmi les avancées notables de cette tripartite, il faut également retenir l'engagement de l'industriel à investir entre 165 et 202,5 millions d’euros. «C'est dans la moyenne de ce qui se faisait actuellement, note l'OGBL. Il faudra veiller à ce que cela soit bien distribué dans le temps, et sur tous les sites dont il faut redéfinir, un par un, le projet industriel». 

Mais le syndicat OGBL, majoritaire dans l'entreprise, note avec satisfaction la fermeté du gouvernement à l'égard de cette promesse. «Le ton a été ferme mais le gouvernement exigera des preuves de ces investissements au Grand-Duché pour les cinq ans à venir. Sinon ArcelorMittal devra rembourser l'ensemble des aides publiques octroyées», souligne le délégué central. «Une première dans l’histoire du modèle social luxembourgeois», a tenu à souligner le ministre du Travail, Dan Kersch (LSAP).


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