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Sortie de route salariale pour Magetralux
Économie 2 min. 07.11.2019

Sortie de route salariale pour Magetralux

La société de transports a fait l'objet de plusieurs signalements auprès de l'ITM.

Sortie de route salariale pour Magetralux

La société de transports a fait l'objet de plusieurs signalements auprès de l'ITM.
Économie 2 min. 07.11.2019

Sortie de route salariale pour Magetralux

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
L'entreprise d'Huldange aurait sous-payé certains de ses personnels roulants. Le syndicat LCGB dénonce cette situation ainsi que des intimidations et des licenciements abusifs.

«Nos chauffeurs sont nos ambassadeurs», proclame le site internet de la société de transports Magetralux. Mais l'employeur aurait visiblement du mal à rémunérer correctement ces personnels. Après plusieurs désaccords sur des fiches de paye, des tentatives de négociations avec la direction, le syndicat majoritaire a décidé de passer à la vitesse supérieure en dénonçant la situation qui impacterait «au minimum une dizaine de chauffeurs pour plusieurs milliers d'euros chacun», indique Paul Glouchitski, secrétaire syndical adjoint LCGB.

Sur les 110 conducteurs, plusieurs ont ainsi confié leur désarroi à leur délégué. Le traitement reçu ne correspondant pas, selon eux, au travail effectué. «Le LCGB a donc étudié les tachygraphes de ces chauffeurs. En analysant ces documents indiquant temps de route, de pause, de mise à disposition, il semble effectivement que des salariés subissent un manque à gagner.»

Des fiches de salaire à valider

A défaut d'avoir pu s'entendre avec la direction de l'entreprise, conduite par Damien Schills, le syndicat a informé l'ITM de ces problèmes. Sans effet. «Maintenant, nous allons officiellement saisir l'Inspection du Travail», annonce Paul Glouchitski. Et s'il désire franchir le pas, c'est que la situation s'est dégradée en quelques mois. Aux payes incertaines, sont venus s'ajouter des «licenciements douteux pour trois chauffeurs qui avaient refusé de retirer leur plainte. Le but étant de faire peur aux autres personnels qui viendraient à contester leur salaire».

La direction de Magetralux a aussi édité une note de service demandant désormais à ses employés de contresigner la validité de leur bulletin de salaire. «Du jamais-vu, tonne le LCGB. Ce "bon pour accord" n'est rien d'autre qu'un moyen de pression, une intimidation que nous dénonçons.»

Le cas Jost en mémoire

Mercredi, la direction de Magetralux restait injoignable; elle a réagi ce 7 novembre (lire ci-dessous). La société emploie 110 personnes actuellement pour une flotte d'une soixantaine de camions effectuant des liaisons nationales et internationales. 

Voilà un nouveau soubresaut dans le milieu des entreprises de transports luxembourgeois. Il y a quelques mois, c'est l'entreprise Jost qui était dans le collimateur de la Justice. Cette fois, il était reproché à la compagnie d'avoir recruté des routiers originaires des pays de l'Est sans les payer au tarif en vigueur au Grand-Duché. La firme avait dû payer une caution de sept millions d'euros pour ne pas voir ses poids lourds immobilisés.



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