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Soirée de soutien avant le procès LuxLeaks: Le Luxembourg judiciaire sous la pression populaire
Économie 2 min. 26.04.2016

Soirée de soutien avant le procès LuxLeaks: Le Luxembourg judiciaire sous la pression populaire

Les médias locaux et internationaux suivent de près le procès LuxLeaks. Avant-goût ce lundi soir.

Soirée de soutien avant le procès LuxLeaks: Le Luxembourg judiciaire sous la pression populaire

Les médias locaux et internationaux suivent de près le procès LuxLeaks. Avant-goût ce lundi soir.
Lex Kleren
Économie 2 min. 26.04.2016

Soirée de soutien avant le procès LuxLeaks: Le Luxembourg judiciaire sous la pression populaire

Marc VANACKER
Marc VANACKER
Le «collectif de solidarité avec Antoine Deltour et Edouard Perrin au Luxembourg» a organisé ce lundi soir une manifestation de soutien à ceux qui ont permis «l'affaire LuxLeaks». Les avocats se sont exprimés.

Par Pierre Sorlut

Le «collectif de solidarité avec Antoine Deltour et Edouard Perrin au Luxembourg» a organisé ce lundi soir une manifestation de soutien à ceux qui ont permis «l'affaire LuxLeaks». L'ambition? À la veille du procès qui les concerne, sensibiliser l'opinion à l'intérêt de l'action des lanceurs d'alerte et des journalistes.

Se sont ainsi succédé sur la scène du casino syndical à Bonnevoie, et devant 200 personnes environ, pas moins d'une dizaine de représentants d'associations.

"Montrer une autre image"

Parmi eux l'ancien député Justin Turpel, qui joue un rôle actif dans le comité de soutien luxembourgeois, a précisé l'objectif: manifester la solidarité du public «avec les lanceurs d'alerte et le journaliste inculpés, lesquels risquent des peines très lourdes».

Pas question en revanche de mettre la pression sur la justice luxembourgeoise selon Justin Turpel qui a poursuivi: «La presse internationale est là massivement aujourd'hui et demain. Nous voulons montrer une autre image du Luxembourg que celle véhiculée traditionnellement», un Luxembourg qui «n'est pas à la solde des banques et des grands cabinets d'audit, pour reprendre les termes de Luc Caregari, nouveau président du syndicat des journalistes qui a également protesté contre «la culture du secret profondément ancrée dans la pratique du pouvoir au Grand-Duché».

Hypocrisie du Parlement européen

Fabio de Masi, eurodéputé étiqueté Die Linke, s'est une nouvelle fois associé à la cause en stigmatisant notamment l'hypocrisie de ses pairs du Parlement européen, lesquels accueillent à bras ouverts Antoine Deltour en commission et ne défendent parallèlement guère l'action des lanceurs d'alerte. Dénonçant l'industrie européenne de l'optimisation fiscale (en s'appuyant sur les termes de Jean-Claude Juncker qui préfère parler «d'Euroleaks» aux «LuxLeaks»), il a scandé devant un public tout acquis, «ce n'est pas à Antoine Deltour de s'asseoir sur le banc du tribunal.»

Dans cette veine, il a ensuite été rejoint par les avocats de la défense, lesquels se sont annoncés à la dernière minute. Maître Roland Michel, représentant du journaliste Édouard Perrin s'est ainsi avoué « gêné à la lecture du dossier. Et moins par ce que l'on reproche à [ses] clients que par ce qui s'est passé pendant des dizaines d'années dans ce pays», a-t-il dit en visant ladite industrie de l'optimisation fiscale. «Or le soutien manifesté ce soir par le public et les médias donne une autre impression de notre pays et de ce que l'on pourrait comprendre en lisant le dossier en question» a-t-il conclu.

"Chimiquement pur"

Les avocats d'Antoine Deltour n'avaient plus qu'à surfer sur l'euphorie (res)suscitée par les juristes, qui venaient tout juste de finir de préparer le dossier avec leurs clients. Philippe Penning a ainsi renchéri «sans le soutien du peuple et du comité nous [avocats] aurions la tâche beaucoup plus difficile» et laissé la parole à son confrère William Bourdon: «Puisqu'il n'avait d'autre but que de servir l'intérêt public, l'acte d'Antoine Deltour fait de lui une sorte de lanceur d'alerte chimiquement pur. Et le droit est du côté d'Antoine Deltour aujourd'hui. On va se battre pour la relaxe.» Tonnerre d'applaudissements. Suite ce mardi devant des juges certainement moins acquis à leur cause.

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