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Situation «grave et tendue» pour Liberty à Dudelange
Économie 3 min. 27.04.2021

Situation «grave et tendue» pour Liberty à Dudelange

Lors d'une intervention à la Chambre ce mardi, Franz Fayot n'a pas caché les difficultés d'une situation présentée comme «complexe et parfois assez opaque»

Situation «grave et tendue» pour Liberty à Dudelange

Lors d'une intervention à la Chambre ce mardi, Franz Fayot n'a pas caché les difficultés d'une situation présentée comme «complexe et parfois assez opaque»
Photo: Chris Karaba
Économie 3 min. 27.04.2021

Situation «grave et tendue» pour Liberty à Dudelange

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
Franz Fayot est revenu, mardi, à la tribune de la Chambre sur la situation de l'usine de galvanisation quelques jours après avoir détaillé à huis clos la situation aux membres de la commission Economie. Avec une inquiétude non dissimulée pour les quelque 220 salariés du site.

Dans la partie d'échecs en cours pour assurer l'avenir financier du conglomérat GFC-Alliance, l'usine de Dudelange va-t-elle faire partie de la liste des perdants? Car même si le site luxembourgeois spécialisé dans la galvanisation et ses 220 salariés ne représente qu'une infime partie des 35.000 salariés du groupe en perdition, son avenir s'annonce incertain. Au point que Franz Fayot (LSAP), ministre de l'Economie, a défini mardi en séance plénière à la Chambre la situation comme «grave et tendue».


En faisant l'acquisition de 7 usines sidérurgiques cet été, Liberty Steel est devenu le 10e producteur mondial d'acier.
Le site Liberty de Dudelange pourrait changer de mains
L'usine de galvanisation luxembourgeoise va peut-être servir de monnaie d'échange pour tenter d'éponger une partie des dettes du groupe GFG Alliance qui l'avait rachetée en 2019.

Déclenchée à la mi-mars avec le dépôt de bilan de Greensill Capital, cette crise pose un point d'interrogation sur la poursuite de l'activité de Liberty Steel, propriétaire du site de Dudelange depuis 2019 et branche de GFC-Alliance. Et ce, du simple fait que la faillite de la société britannique, spécialisée dans les financements anticipés d'entreprises en attente d’être payées pour leurs contrats, constituait le principal bailleur de fonds du conglomérat.

Un jeu de domino «aux ramifications internationales à la fois dans le secteur de l'acier et de la finance internationale», selon Franz Fayot. Le ministre n'a pas hésité, mardi, à parler d'un dossier «complexe et parfois assez opaque». Et dont l'aboutissement se révèle, pour l'heure, être incertain. Raison pour laquelle le ministre en est venu à dresser une liste de «trois grandes priorités», classées par ordre d'urgence. A savoir que les salariés «reçoivent leur salaire à court terme» (ce qui est le cas actuellement); que l'activité du site soit maintenue «à court et moyen terme, même si l'usine ne fonctionne pas à plein régime» et enfin que cette dernière «reste partie intégrante de la sidérurgie luxembourgeoise».


Liberty Steel fragilisé de ce côté-ci de la Manche
Les sites industriels de Dudelange, Hayange, mais aussi à Liège voient leur avenir se troubler après la chute de Greensill au Royaume-Uni. cette multinationale étant le principal bailleur de fonds de GFG Alliance propriétaire de nombre d'aciéries en Europe et dans le monde.

Pour mener à bien cette stratégie, le locataire du ministère du boulevard Royal assure avoir «des contacts directs et intensifs avec GFG», propriété du magnat anglo-indien Sanjeev Gupta, qui détient pas moins de 40 sites industriels à travers le monde. Dont 12 en Europe. Raison pour laquelle le gouvernement se trouve «également en contact avec le gouvernement wallon et la direction de l'usine de Liège» avec qui le site de Dudelange fonctionne en binôme sur le plan opérationnel. 

Sans Arcelor, quel repreneur?

N'hésitant pas à parler d'«opération de sauvetage», Franz Fayot assure dans le même temps vouloir faire du dialogue social «une priorité absolue», référence à son engagement à mettre en place une réunion sur le modèle tripartite, comme évoqué en mars dernier. Une question d'autant plus épineuse que le rachat du site par un autre acteur s'annonce périlleux. 

Vendue par ArcelorMittal dans le cadre du respect des règles de la concurrence imposées par la Commission lors de l'annonce par le géant de l'acier de son souhait d'acquérir le site italien d'Ilva, l'usine de Dudelange ne devrait pas pouvoir revenir dans le giron de son ex-propriétaire. Reste donc aux différents acteurs à trouver une alternative pour assurer l'avenir du site.

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