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Sans salaire, les 76 employés ont peur d'être oubliés
Économie 16.05.2017 Cet article est archivé
Fermeture de l'hôtel Alfa

Sans salaire, les 76 employés ont peur d'être oubliés

Les 76 employés de l'hôtel-brasserie Alfa manifesteront aujourd'hui
Fermeture de l'hôtel Alfa

Sans salaire, les 76 employés ont peur d'être oubliés

Les 76 employés de l'hôtel-brasserie Alfa manifesteront aujourd'hui
Guy Jallay
Économie 16.05.2017 Cet article est archivé
Fermeture de l'hôtel Alfa

Sans salaire, les 76 employés ont peur d'être oubliés

Thierry LABRO
Thierry LABRO
Deux mois après, la faillite de la société de Rolphe Reding n'a toujours pas été prononcée. Les 76 employés sont livrés à eux-mêmes. Sans salaire.

Par Thierry Labro

"Nous sommes les meilleurs employés possible". Au téléphone, mardi après-midi, Alain Bonnet est calme. "Nelly, la plus ancienne en service, travaille à l'hôtel Alfa depuis 37 ans. Pour la plupart des autres, nous sommes là depuis dix à quinze ans. Nous connaissons l'hôtel et la brasserie, nous connaissons la clientèle, nous connaissons le quartier de la gare." 

La délégation des 76 employés de la société Rolphe Reding se mobilisera, mercredi, de 7 heures à 18 heures, symboliquement devant l'hôtel, pour qu'on ne les oublie pas.

Depuis qu'un huissier est venu mettre fin à leur activité mi-mars, la plupart n'ont pas touché le moindre centime. Comme il s'y était engagé, leur patron a payé cinquante personnes en mars et plus personne depuis que le bras de fer a tourné à l'avantage du mystérieux propriétaire des lieux.

"Le problème, c'est que tant que la faillite n'est pas déclarée, nous ne pouvons pas toucher d'indemnité ni commencer ailleurs, sauf à démissionner. Et quand vous êtes là depuis plus de dix ans, vous n'avez pas envie de perdre vos indemnités pour n'importe quelle situation", explique le maître d'hôtel, 40 ans, dont quinze passés ici.

"On peut rouvrir le 1er juillet"

L'affaire semblait plutôt bonne avec ses 150 à 180 couverts chaque midi et un taux d'occupation de ses 141 chambres plutôt correct. "Nous n'avons eu aucune discussion avec le propriétaire, il n'est pas question d'avoir des problèmes avec M. Reding dont nous sommes toujours les salariés", explique le président de la délégation.

"Si le nouveau maître des lieux veut ouvrir le 1er juillet, nous pourrions sans problème rouvrir le 1er juillet. S'il veut donner, je ne sais pas, un coup de neuf aux chambres, cela pourrait prendre jusqu'à dix mois. Ce serait plus cher. Je ne sais pas ce qu'il adviendrait de nous."

Aucun d'entre eux n'a démissionné. Signe d'un attachement particulier  à un endroit. C'est aussi de cela dont ils veulent témoigner, mercredi. Dans un calme proche du silence de l'endroit.


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